L’Ame du vent de HO Jung-hi

Extraits

« La table vient d’être débarrassée de la vaisselle du repas du soir. Le cliquetis des couverts et des assiettes dans l’évier s’est tu. L’eau qui coulait du robinet ne fait plus de bruit. Cependant je ne vois pas ma femme, Eun Sou, réapparaître au salon.

Je suis étendu sur le tapis, un grand coussin placé sous mon bras droit : j’écoute les informations à la télévision ; ce qui ne m’empêche pas de vérifier, à l’oreille que mon épouse est bien là. J’entends s’ouvrir la porte de l’armoire décorée qui se trouve dans l’entrée, puis des pas légers qui glissent sur le parquet.

Eun Sou est de retour à la maison. Mai, aucun sentiment particulier : ni douceur, ni soulagement de la savoir présente, ni anxiété devant la possibilité d’une autre fugue.

Cela fait cinq jours à peine qu’elle est là, après une semaine d’évasion.

Ma belle-mère est venue, très gênée par la situation dont elle se sentait, en quelque sorte responsable. Elle donnait l’impression de vouloir rentrer sous terre. Elle a remplacé sa fille pendant une semaine s’occupant de notre petit garçon et du ménage.

Le soir du dernier jour, elle m’a dit : « maintenant je n’en peux plus. Tuez ma fille ou divorcez : faites à votre guise ! »

« Ma femme rentra au bout de trois jours, un côté du visage bronzé. Elle m’expliqua que, éprouvant une sorte d’étouffement, elle avait erré pendant trois jours dans la montagne sauvage et que, durant un après-midi entier, elle avait dormi dans l’herbe, sur le flanc ensoleillé d’une colline.

Au lieu de la gifler, je cassai tout ce que j’avais sous la main : la pendule, la radio, le vase de fleurs. Avec mes poings, je brisai les vitres de la fenêtre et, pour la première fois depuis que j’avais atteint l’âge de raison, je pleurai. « Pourquoi es-tu rentrée ? Ce n’était pas la peine. Quel sens doit-on donner à ton retour ? »

– Je ne recommencerai jamais plus ! Pardonne-moi, c’est ma faute ! Je ne ferai jamais plus ! » répétait-elle en pleurant et en s’accrochant à moi. »

4ème de couverture :

« L’Âme du vent est le récit émouvant d’une séparation. C’est le récit des égarements d’une femme, de ces approches marquées de la liberté qui laissent un goût amer avec leurs inévitables ruptures. Ce sont des révoltes où se mêlent l’amour et la mort, le souvenir et l’oubli, quand la solitude et la résignation leur confèrent l’apparence d’un destin. L’Âme du vent, c’est aussi une histoire servie par une langue concise et poétique, une rencontre avec le rêve, avec le vent porteur d’âmes : « Le vent, c’est comme le geste de la main de deux personnes qui pensent l’une à l’autre avec le sentiment de se manquer réciproquement. » » (

OH Jung-Hi

Oh Jung-HI, née en 1947, est l’écrivain coréen le plus traduit dans le monde. Deux recueils de nouvelles ont déjà paru aux Editions Philippe Picquier : L’Ame du vent et Le Chant du pèlerin.

Mon avis :

J’ai pris ce bouquin parce que je n’en avais lu que du bien et comme je butte régulièrement sur la littérature coréenne, je voulais conjurer le sort. L’idée de cette femme fugueuse me séduisait parce que je cherchais sans doute une excuse particulière à cette fuite, sans la trouver hélas !

Je me suis donc ennuyé à cette lecture. Eun Sou la femme joue au yoyo avec son mari et son fils, elle s’en va et  revient, se fait même violer au cours d’une de ses fugues sans même porter un seul regard sur ce qui lui arrive.

Pour moi l’auteur n’a pas réussi à donner à du corps à cette femme. Aucun sens moral n’habite cette femme puisque quitter son enfant ne lui pose pas de problème sauf un sursaut qui la pousse à le « kidnapper » durant deux jours.

En bref une lecture sans intérêt pour moi.

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