You

Je rêve encore de toi
Sans jamais t’oublier
J’ai en mémoire ta photo
Posant pour un autre
Ce n’est pas le fait que tu sois nue
C’est le regard que tu portes sur l’objectif
Tes yeux mouillés à moitié fermés en disent long
Je connais ta sensualité
Je sais que que lorsque tes tétons sont dressés
Ton corps est en éveil
Je t’ai mitraillée dans toutes les positions
Les limites de ta libido n’ont pas de frontières
Je te poursuis
Je suis ta carrière
Tu étais pourtant si fragile lors de nos premiers shootings
Je savais que dénuder ton corps était inconcevable
Je t’ai apprivoisée lentement
Lorsque tu as baissé ton soutien-gorge la première fois
Les mains en conque sur ta poitrine
Tu t’es cachée
Gênée de t’exhiber
J’étais fier de toi
De ton abandon
Les clichés en noir et blanc ne soulignaient pas
Les rougeurs de tes joues
J’étais à l’affût
D’un écart de tes mains
Pour immortaliser l’instant
Petit à petit tu as retiré tous tes remparts
J’ai pu admirer la moindre parcelle de ton corps dévêtu
Le doigt fébrile sur le déclencheur
Incontrôlable
Tu étais ma muse
Tes yeux bridés m’excitaient
Te voir dans toute les positions
Saisir l’instant exceptionnel
Protégé derrière mon appareil
Je dissimulais mes émois
Je n’ai jamais osé
Te dire que je t’aimais
Que je te désirais
Que tu hantais mes nuits
Que tu étais responsable de mes pollutions nocturnes
Lorsque les flashs crépitaient
Soulignant tes courbes parfaites
Mon corps éructaient
J’étais aussi fatigué que toi
Tu t’es vite lassée de mes envies
Des poses que je te dictais
Aujourd’hui tu fais carrière
Et je suis fier de t’avoir éveillée
De te voir si libre devant l’objectif
Si belle
De rage j’ai jeté mon appareil à la mer
Depuis la pointe du diable
Je t’aime et je déteste
J’ai fait tatouer tes images sur ma peau
Quelles souffrances
Lorsque je me regarde je te vois
Depuis je me douche à mains nues
Pour mieux te caresser
Je suis complètement fou

Sad story

Cet oiseau, un rouge-gorge semble-t-il, a une histoire que nous partageons. Il vient frapper chaque matin à ma fenêtre. J’ai cherché longtemps quel était ce toc-toc que j’entendais puis un matin j’ai surpris cet oiseau magnifique qui cognait son bec contre le carreau.

Pour faire cette photo il m’a fallu quelques jours parce qu’évidemment le volatile détectait chaque mouvement, le temps que je prenne mon appareil, que je règle celui-ci il s’envolait. Je suis resté en embuscade debout sur une chaise pendant 20 minutes à le traquer en vain.

Puis un jour mon arme à la main, j’ai pu enfin l’immortaliser. Magnifique moment. Il revient encore chaque matin et frappe toujours à la fenêtre.

En fait la semaine passée en rentrant de la plage j’ai trouvé un petit oiseau dans l’évier de la cuisine, il faut dire que l’appartement est ouvert aux quatre-vents. J’y trouve des lézards mais surtout des colonies de moustiques qui me bouffent chaque pore de la peau. Je cohabite avec les lézards pour qu’ils se nourrissent de ces satanées bestioles qui me piquent parfois au travers de mes vêtements.

L’oisillon ne bougeait pas mais était en vie et ne paraissait pas apeuré. D’abord surpris, n’ayant jamais tenu un oiseau dans la main, je ne savais que faire. La personne qui était avec moi l’a pris délicatement et déposé sur l’herbe dans le jardin, puis nous avons bu une bière ensemble tout en parlant de cet évènement inattendu.

Le lendemain matin l’oisillon était couché sur le côté sans vie. J’étais dépité, triste me disant que j’aurai dû lui donner à manger, le laisser dans l’évier et que peut-être aujourd’hui il irait mieux.

C’est sa mère, je suppose qui chaque matin frappe au carreau et cherche son bébé désespérément et me rappelle mon incompétence.

Sexy polar

24 mots sur le thème Polar

Chapeau, rue, pluie, pavé, attendre, voiture, décolleté, costume, nostalgie, enfant,
rigoler, pleurer, danser, sentir, puer, rouge, noir, joyeux, pauvre, fatigué, souriant, blesser,
tatoué, noyé.

La fille était allongée sur le pavé
Sa robe noire sexy relevée
Découvrait ses fesses rebondies
Seul un string rouge transparent
Dissimilait à peine un sexe imberbe
De son décolleté vertigineux
Un sein s’était échappé
La pose était obscène
Beny, l’inspecteur des mœurs
Chargé de l’enquête, le chapeau vissé sur la tête
S’agenouilla
Pour examiner la plaie au ventre
Du sang suintait encore
Lorsque Suzelle la légiste se pointa
Talons aiguilles et robe ultra-courte
Il ne put s’empêcher de rigoler
La toisant de bas en haut
– Ben quoi beugla-t-elle, j’étais allé danser
Il attendait ses conclusions qu’elle débita d’une voix monocorde
Si elle sentait le Chanel n°5
Son haleine puait le whisky
Il eut un flash fulgurant : enfant dans les bras de sa mère alcoolique
Une pluie diluvienne les surprit
Détrempant son costume de lin beige
Moulant son entrejambe
Suzelle le fixa en souriant
– T’es pas un peu nécrophile lança-t-elle
Il se releva tentant de cacher son indécence
Avec les pans de sa veste
– C’est de ta faute connasse, t’as oublié de mettre ta culotte
– J’ai pas oublié répondit-elle d’un air joyeux
Exhibant son entrecuisse délicatement épilée
– Je veux ton rapport demain matin dit-il
En se détournant
Remontant la rue jusqu’à sa voiture
Son adjoint lui déclina l’identité du cadavre
Mary, 32 ans, une pute du Tatoué
C’est certainement une correction qui a mal tourné
– Laisse tomber pour ce soir je suis fatigué
Il démarra en trombe
La voiture dérapa sur l’asphalte détrempé
Il corrigea la trajectoire
Il savait qu’à son tour il allait noyé son chagrin dans l’alcool
Suzelle le rendait dingue
Elle osait tout pour le séduire
Sans succès
Avant de s’encanailler dans le whisky
Il avait organisé la perquiz au domicile du Tatoué
Ils le cueillirent au petit matin dans sa boite de strip-tease
Une mineure assise sur ses genoux qu’il pelotait allègrement
Il la repoussa violemment
Elle percuta la table de poker
Et se blessa au visage
– Sale traînée hurla le suspect
Alors que la pauvre fille hébétée
Se mit à pleurer
– Aller on embarque tour le monde
À son adjoint il ordonna de conduire la gamine à l’hôpital
Au sous-sol du 36
Les coups de bottin sur la tronche
Les uppercuts à l’estomac
Les décharges de courant électrique
Eurent raison de la volonté du proxénète
Il lâcha le morceau
Déféré au parquet dans la journée
Le salopard croupit en prison
En l’attente de son procès.

En fait c’est moi qui ai proposé ce challenge et je me suis vautré pour deux raisons.
L’une parce que il y a un mot que je n’ai pas utilisé et l’autre parce que cela aurait dû être en rimes ou en vers.

Mais j’assume.

Un rêve

24 mots à caser sur le thème :
mélodie, colère, atmosphère, page, couleur, vertige, guide, audace, piano, chambre, éblouir, tisser, grandir, émouvoir, hanter, attendre, résister, ardu, imprudent, efficace, héroïque, blanc ( blanche), solitaire, gracieux ( gracieuse)

De ma fenêt’ je r’gardais la mer en colère
Les vagues s’écrasaient, bruyantes, sur le sable blanc
J’étais fasciné, ébloui. Loup solitaire
Je me repaîtrais de ce spectacle jubilant.

L’atmosphère était lourde, le ciel sombre, imprudent
Je décidais d’escalader les rocs ardus
Le basalte m’éraflait, me griffait, inconscient
Je résistais sans m’émouvoir tel l’éphèbe nu.

Enfin mal assis, héroïque proie des embruns
La marée montante tissait sa toile autour de moi
Mon espace vital se rétrécissait. Les mains
Réunies, le cœur battant comme un tambourin.

La peur du squale me hanta soudain, aileron
Tournoyant dans une mélodie trop lancinante
L’angoisse grandit, je n’faisais plus le fanfaron
Le requin se rapprochait, vision inquiétante.

J’eus beaucoup de mal à retrouver mes esprits
L’audace n’étant pas ma qualité primordiale.
Trop de vertiges devant la page blanche. Ahuri,
Déplorant mon imagination trop banale.

Allongé dans ma chambre aux couleurs de la nuit
Sorti de ce rêve avorté, un concerto pour piano
En fond sonore, seul un moustique crevait d’ennui.
Une page me narguait encore vierge d’aucun mot.

J’attendais vainement un guide efficace, celui
Qui f’rait courir ma main sur le papier bleuit
Par mon stylo. Lettres gracieuses ou fumerolles
Ensevelies, noyées dans mes vapeurs d’alcool.

 

 

Un premier essai en rimes, qui m’a créé bien des soucis

Décision, partir ou rester ?

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Ce paysage magnifique se trouve juste à la sortie d’un centre commercial à l’ouest de Saint-Pierre ; c’est un peu irréel pour un parisien habitué à vivre dans le béton que de voir ça avant de remonter en voiture.
Je pourrai contempler les vagues s’échouer sur les rochers sans m’en lasser et chatouiller le déclencheur de mon appareil photo sans m’ennuyer pour capter LA photo magnifique.
La mer me captive, m’apporte une certaine sérénité, un grand plaisir. Le fait de pouvoir me baigner dans le lagon des heures durant, dans une eau transparente, chaude et de « nageouller » me procure une certaine jouissance.
Sur le sable, je réfléchis, je rêve à mon avenir.
En fait, j’ai l’envie de rester là auprès de ma fille, de voir grandir mon petit-fils, ma fille qui vit ici depuis plus de sept ans et qui m’a profondément manqué toutes ses années. L’idée fait son chemin à tel point point que je suis à la recherche d’un appartement, j’ai le possibilité de me faire rembourser mon billet de retour, le seul « hic » est lié à mes petits problèmes de santé et l’appareil qui m’aide à passer des nuits calmes mais il y a un CHU tout près et je pourrai sûrement être suivi de la même manière.
Si la vie est un peu plus chère ici qu’en métropole, les loyers un peu excessifs, le confort de vie reste une priorité et tous les petits problèmes peuvent voler en éclat au fur et à mesure que j’avance.
La décision n’est pas encore prise à 100 % mais au trois quarts.
Ne pas vivre ici à cause des requins ou des cyclones potentiels qui m’effraient me semble ridicule, chaque année 840 000 réunionnais affrontent les éléments et survivent ensuite. Du fait que ma fille vive à la Réunion je rencontre du monde, je suis invité ici et là, j’ai une vie sociale un plus remplie qu’en Métropole.
Que je reste ici ou que je retourne d’où je viens, il y a un moment où je devrai prendre un appartement et l’équiper complètement parce que deux années auparavant j’ai dû tout déposer sur le trottoir, j’en suis au même point. Alors ici ou là-bas ?
Évidemment le fait de ne plus voir ceux qui me sont chers, ma mère très âgée, mon fils et sa petite famille, mes ex-beaux-parents, mon ami d’enfance et ceux qui m’ont recueilli alors que j’étais à la rue, m’ennuie.
Mais quitte à refaire sa vie, quel est le mieux ?
Quand j’ouvre le frigo et que l’odeur des mangues, des fruits de la passion, des bananes, ravissent mon organe, je craque.