Typhon, Ouragan, Tempête, Quand la planète devient folle !

Aux Philippines


https://weather.com/storms/hurricane/video/super-typhoon-mangkhut-heads-towards-the-philippines-with-165-mph-winds

Cyclone (typhoon) de catégorie 5 au large des Philippines avec des vents de 265 km/h et des rafales jusqu’à 320 km/h qui devrait toucher le Nord et principalement l’île de Luzon, la plus peuplée des 7 107 îles avec ses 53 millions d’habitants recensés en 2015.
Classé Super Cyclone, il va balayer Manille la capitale vraisemblablement samedi.
Le cyclone Hayan/Yolanda en 2013 avait des vents estimés à 280 km/h, des rafales à 315 km/h ravagea les Visayas ( îles du Centre) laissant derrière-lui 11 millions de Philippins sans abri et 6 300 morts.
Baptisé Mangkhut, ce Super Cyclone, devrait ensuite se diriger sur Le Vietnam, la Thaïlande, le Laos, Hong-Kong et le sud de la Chine déjà en état d’alerte.

Aux États-Unis


Un peu avant l’ouragan (hurricane) Florence qui va évoluer en catégorie 5, vent de plus de 250 km/h, l’ouragan chargé de 40 000 milliards de litres d’eau devrait s’abattre sur la Caroline du Nord et du Sud, aux alentours de midi ce jour, heure de Paris et provoquer de nombreuses inondations.
17 millions de personnes ont reçu l’ordre d’évacuer, hier les autoroutes étaient à sens unique pour remonter ver le Nord.

Aux Antilles

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/quand-la-tempete-isaac-va-t-elle-frapper-les-antilles-1101188.html

La tempête Isaac devrait toucher ce jeudi la Martinique et la Guadeloupe et évider l’île de Saint-Martin pas encore remise de la tempête de l’an dernier. De moindre importance, vent pouvant atteindre les 120 km/h voire les 150 km/h localement, mais accompagné de pluies diluviennes, des dégâts sont à attendre aussi.
Cette tempête devrait ensuite éviter les Caraïbes et finir sa course en Jamaïque.

Une tempête nommée Hélène se dirige vers l’Europe pour l’instant chargée de vent en pointe à 193 km/h elle devrait perdre de son intensité en arrivant sur le nord du continent.

Quel désastre !
La terre est-elle en pleine mutation ?
Sommes-nous responsables de ces phénomènes ?

 

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R.A.S. chinoise de hong-kong

Bonjour,
Je suis interrogatif je te vois presque chaque visiter mon site sans laisser de traces. Peut-être que nous nous connaissons, peut-être que nous avons déjà eu l’occasion d’échanger. Je me souviens d’une chinoise ayant fait ses études à Paris. Si tu es celle à laquelle je pense, je suis flatté mais tes silences sont ennuyeux.

Bimbo

La vitesse me grisait au point de me faire trembler mais c’était mon exutoire, mon orgasme. Conduire ma voiture à toute vitesse ne me faisait pas bander mais le taux d’adrénaline qui montait dans mes veines était un plaisir exceptionnel, divin.

Je ne le faisais que rarement sur autoroute parce que c’eut été le moyen de me faire piquer au premier péage et comme j’utilisais de fausses plaques d’immatriculation que je changeais régulièrement, inutile de me jeter dans la gueule du loup.

J’étais mécano, passionné et presque tout mon salaire passait dans ma voiture. Je n’avais pas d’autres vices, ne fumais pas, ne buvais pas. Je n’avais pas de petite amie et n’en cherchais pas. Ma voiture répondait à mes désirs sans poser de questions. Les rares fois ou elle me joua des tours c’est parce que j’avais omis de la bichonner.

C’était une voiture ordinaire pour éviter de me faire repérer mais sous le capot c’était un bolide qui répondait toujours à mes envies. Je l’adorais.

Elle et moi étions des amants fidèles, enjoués, si je ne dormais pas dedans c’est que les sièges baquet n’étaient pas étudiés pour et qu’elle comme moi avions besoin de faire baisser la température, de nous accorder un repos bien mérité.

Il suffisait que je la sollicite pour qu’elle réponde et le plus petit cliquetis m’obligeait à mettre les mains dans le cambouis pour en trouver la cause. Je ne cherchais jamais bien longtemps tellement je la connaissais ; réglages ou réparation effectués je percevais sa joie, le moteur ronflait à l’envi et il me semblait deviner qu’elle était heureuse.

J’ai bien entendu eu quelques mésaventures et semer mes poursuivants fut un jeu d’enfant. Chaque fois j’eus le sentiment que même si je n’étais pas un conducteur hors norme, elle voulait s’amuser, m’étonner et me montrer ce dont elle était capable.

Elle me rendait fou de joie.

Je m’éclatais la nuit de préférence, évitant les week-ends, lorsque la maréchaussée était moins présente et qu’elle avait pris un certain nombre de chauffards en flagrant délit et méritait un repos salutaire. Je l’en remerciai et brûlais de temps en temps un cierge à Saint-Christophe pour le récompenser de sa bienveillance. Conduire vite et aimer la vitesse ne signifiant pas mettre la vie des autres en péril.

En pleine nuit sur les routes de campagne, je pouvais pousser mon bolide dans ses derniers retranchements, j’aimais enchaîner les lignes droites et les virages, jouant de ma boite de vitesses comme un musicien jouerait de son instrument.

Et puis…

Vint la tâche d’huile d’un véhicule mal entretenu. Un dérapage incontrôlé. Des chocs dans des arbres à gauche, à droite, ma voiture qui fît des tonneaux pour enfin s’immobiliser sur le toit après maintes plaintes effroyables.

Je raconte mon histoire avec mon dictaphone, cloué dans mon fauteuil roulant sans pouvoir bouger, pensant toujours à ma voiture qui n’a jamais faillie, que j’aurais sans doute du surnommer Bimbo pour tous les plaisirs qu’elle m’a fourni.

 

Confidence

C’est par hasard que je viens d’apprendre une vérité qui me déstabilise, au cours d’un repas convivial chez mon frère aîné. Dire que je me suis effondré est à des années lumières de la réalité. À ce moment-là penser que je pourrais vivre avec ce secret de polichinelle m’a semblé impossible.

À savoir que jusqu’alors j’étais le seul de la fratrie à l’ignorer et que bien entendu j’étais concerné au premier chef. Un froid glacial m’a saisi et je me mis à frissonner alors que la température oscillait autour de 29° Celsius.

J’appris avec beaucoup de tact que j’étais un bâtard et que mes cinq frères et sœurs n’étaient que mes demi-frères et sœurs.

Un choc violent comme si j’avais combattu contre Cassius Clay ou pire comme si j’étais tombé du 56ème étage de la Tour Montparnasse.

Savoir :

– Que mon père n’était pas mon père, ce qui en soit n’a pas tant d’importance mais explique le fait qu’il me prît pour son souffre-douleur.

– Que ma mère ait fauté, ce qui ne me regarde pas sauf à faire de moi un paria, me semble impardonnable.

– Que mon géniteur n’ait pas pris garde alors qu’il était lui-même médecin de famille est inexcusable.

Qu’ils soient morts les uns les autres ne justifient pas mon pardon, les silences ont des limites.

Mes frères et sœurs n’ont compris qu’au fil du temps et déduit cela par recoupements ou cachotteries auxquelles ils assistèrent inconsciemment. Le non-dit étant une règle dans toute la famille malgré les phrases cinglantes que mes oncles ou tantes assénaient.

Je vivais dans mon monde, soixante-huitard dans l’âme, je reniais tout et militais pour la fin de la guerre au Vietnam. Les repas familiaux m’ennuyaient, je ne pensais qu’au Napalm que ces putains d’américains déversaient au Vietnam pour exercer leur suprématie.

Je voulais combattre.

Mais aujourd’hui ma guerre n’est-elle que le prix du silence ?

Oyana

Oyana est une sacrée belle femme, pas très grande, le teint hâlé, des cheveux couleur aile de corbeau et des yeux noirs qui vous transpercent lorsqu’elle les pose sur vous. Élégante, raffinée et toujours aussi sûre d’elle. C’est ainsi que je l’ai rencontrée bien des années plus tard.

C’est en Cm1 que nos chemins se croisèrent pour la première fois. C’était alors une peste ensorcelante, une fille intelligente qui apprenait facilement et la nature l’avait dotée d’un fille-de-visage-de-beauté-dans-le-profil-belle-coiffure-de-femme-fille-de-brune-83270284sourire irrésistible. Nous fîmes nos études ensemble jusqu’au baccalauréat soit dans la même classe ou des classes parallèles avec une brillante facilité pour elle alors que moi je devais travailler dur pour réussir.

Je m’entichais d’elle sans jamais le reconnaître puisque depuis longtemps j’avais décidé que cet amour m’était interdit. Je préférais vivre avec mon secret bien caché au fond de mon âme plutôt que d’essuyer un cuisant échec ; sans doute par timidité maladive ou bien alors parce que je ne la connaissais que trop. Au fil du temps la chrysalide devint un papillon magnifique alors que moi les marques de l’adolescence ne m’épargnèrent pas.

Mon père, fonctionnaire d’État, dont la carrière n’évoluerait pas s’il restait en province, se fit muter à la capitale. Je cherchais toutes les solutions pour rester là où je naquis, en fait pour rester auprès d’Oyana et continuer à vivre mon amour utopique mais mes parents s’y opposèrent catégoriquement. Je leur proposai de vivre chez mon oncle Pierre avec pour argument qu’il me serait difficile de poursuivre mes études à l’Université dans laquelle je n’aurais aucun repère mais ils demeurèrent inflexibles. En dernier lieu je leur confiai que j’étais amoureux et que je voulais me marier avec ma dulcinée sitôt mes études terminées. En disant cela je me sentis rougir et filai dans ma chambre en claquant la porte derrière moi sans vouloir écouter ce qu’ils pourraient répondre. Je venais de leur révéler ce que jusqu’alors je refusais d’accepter et réalisais en même temps combien j’aimais Oyana. À l’évidence, cette confidence me fit comprendre que la meilleure solution était la fuite et que finalement ce déménagement était une opportunité.

Mes débuts à l’Université furent difficiles, je subis comme chacun un bizutage malsain qu’aujourd’hui encore j’ai du mal à oublier. Ma condition de cul-terreux aux souliers couverts de bouses de vaches, c’est ainsi que l’on me surnommait, fut la raison pour laquelle je ne m’intégrai pas, si la timidité me rongeait toujours, mon entêtement et le but que je m’étais fixé me permirent de passer au-dessus de tout cela. Mes études terminées je trouvais un travail qui ne me passionnait pas en dehors du fait qu’il me permettait une certaine aisance financière.

Mes quelques aventures n’avaient pas relégué Oyana au fin fond de mes pensées et j’éprouvais un vif pincement au cœur si je me laissais aller mais vivant à huit cents kilomètres l’un de l’autre et parti depuis cinq ans sans donner de nouvelles, je refoulai mes souvenirs mais en tout cas la nostalgie de ma ville méridionale ne me quittait pas non plus.

Pourtant lorsque je rencontrai Éloïse, une attirance particulière m’envahit. Elle était belle, souriante, intelligente et sexuellement parlant assez libérée. Dans le petit deux pièces que nous louâmes en périphérie de la Capitale, la vie était belle. Sitôt rentrés nous nous embrassions et courrions presque dans la chambre pour nous adonner à des plaisirs sensuels sans tabou. Ensuite lovée contre moi, elle me parlait de son passé, les hommes qui comptèrent dans sa vie, de son enfance, de ses copines. Moi je ne racontais rien, pas grand-chose à dire de ma famille ni de mes aventures sans lendemain. Je survolais ma vie si bien qu’un jour elle me dît abruptement « Tu me caches quelque chose, tu n’es jamais réellement heureux, je devine qu’il y a quelqu’un dans ta vie dont tu ne m’as jamais parlé. » D’abord décontenancé je ne sus que nier ses allégations mais elle poursuivit « Quand on fait l’amour tu ne me vois pas, tu ne me regardes pas, il y a une autre fille qui détient les clés de ton cœur j’en suis persuadée. » je n’avais rien à répondre à cela et déviais la conversation sur autre chose. Ce fut à ce moment là que tout partît en vrille. Deux semaines après elle vida l’appartement de toutes ses affaires et disparut de ma vie. Elle ne fit pas de scène et ne revint jamais sur sa décision.

Je me doutais que cela finirait ainsi, ça avait toujours été ainsi, j’étais incapable de confier mon secret et comme un malheur n’arrive jamais sans un autre, je fus inclus dans la vague de licenciement qui secoua l’entreprise.

Je décidai de retourner dans mon sud natal, j’avertis mes parents, donnai mon congé de l’appartement, téléphonai à mon oncle pour savoir s’il pouvait m’accueillir le temps de trouver un appartement, mes indemnités de licenciement et le petit bas de laine que je m’étais constitué me permettraient de vivre sans m’angoisser. Et j’étais convaincu de retrouver du travail facilement.

Mon oncle me proposa d’habiter dans un studio qu’il possédait en m’acquittant uniquement des charges puisque le locataire lui avait donné son préavis ; mon retour aux sources se présentait sous les meilleurs auspices.

Mon emménagement terminé, quelques jours plus tard attablé au Bar de la Mairie à l’ombre d’un parasol, je buvais une bière pour me rafraîchir, le soleil était intense, le béton renvoyait la chaleur, c’était presque insupportable. Une silhouette s’arrêta devant moi, en contre-jour il me sembla la reconnaître ; j’ôtai mes lunettes de soleil, plissai les yeux pour limiter l’intensité de la lumière sur mes rétines mais oui, c’était bien Oyana dans toute sa splendeur, encore plus belle qu’auparavant. Mon cœur se mit à battre même si j’espérai ce moment que je n’attendais pas. Elle s’assit en face de moi, me sourit d’une façon si naturelle qui me fit frissonner de la tête aux pieds. Elle était celle que je désirais, celle que j’aimais depuis mon enfance, celle pour qui j’étais revenu au pays.

Si elle ne me fit aucun reproche vis à vis de mon départ, elle regretta cependant que je ne lui dis pas. Je ne parlai pas, l’écoutai, incapable de dire quoi que ce soit, les yeux fixés sur ses lèvres que je désirais embrasser, m’imaginant la prendre dans mes bras. Je subissais l’attirance qu’elle avait toujours exercée sur moi. Je pâlis lorsqu’elle m’apprit qu’elle était mariée, mère d’une petite fille et qu’elle aimait son mari.

Par dépit ou par bravade, je racontai ma vie à la capitale, mes conquêtes sans lendemain et parlai d’Éloïse qui me quitta et accéléra mon retour dans ma province. Je lui en confiai la raison.

Elle partit rapidement devant aller chercher sa fille à l’école me déposant une bise sur la joue gauche.

J’acceptai des piges ici ou là qui me permirent de vivre sans toucher à mon pécule, versant une contribution à mon oncle, me permettant une certaine liberté.

Fidèle au Bar de la Mairie, une quinzaine de jours plus tard je rencontrai de nouveau Oyana. Elle n’avait plus l’éclat de nos années d’adolescence ni celui de notre dernière entrevue. Elle commanda un alcool fort bafouillant quelques excuses, me demanda précisément pourquoi Éloïse m’avait quitté puis m’embrassa sur les lèvres, un vrai baiser d’amoureux, avant de partir à l’école maternelle.

J’en fus étonné, surpris. Mon cerveau fonctionna à 300 kilomètres/heures. M’aimait-elle aussi ? Avais -je par timidité refusé son amour ? J’étais tourmenté.

Mes activités professionnelles me permettaient une totale liberté, c’est pourquoi nous nous rencontrâmes une centaine de fois avant qu’elle n’accepte de venir chez moi. Sitôt la porte de mon appartement refermée, je me ruai sur elle, l’embrassai comme si j’allais mourir, la déshabillai tout en la poussant vers mon lit, lui fis l’amour avec passion sans jamais la brusquer. Elle s’abandonna à tout, répondant avec ferveur comme si elle me reprochait d’avoir tant attendu.

Six mois après elle quitta son mari pour venir vivre avec moi.

Cinq ans plus tard nous étions toujours ensemble.

Deux ans passèrent encore avant qu’elle ne mît au monde notre premier enfant, ce qui ravit sa fille.

Après quinze ans de vie commune la vie est toujours une fête, nous nous entendons merveilleusement même si nos transports sont moins fréquents il n’en reste que l’amour est toujours au rendez-vous ?

Dois-je regretter ma timidité ou bénir le ciel d’avoir tant espéré ?

L’accord final

Max était assis devant son piano, vu la position de ses bras il donnait l’impression de jouer mais aucun son ne sortait de l’instrument pourtant les pages de la partition tournaient lentement bien qu’ il restait immobile.

Édith l’appela sans qu’il ne réponde tout en constatant que ses bras ne bougeaient pas. Elle haussa le ton sachant que parfois il était un peu dur d’oreille mais sans succès. Elle insista vivement presque à en hurler sans qu’aucun son ne sorte de ses entrailles. Elle sentit comme un frisson, assise dans son fauteuil roulant, elle ne se déplaçait qu’à l’aide de sa commande électrique. Elle s’agita autant qu’il lui était possible de le faire mais son corps ne réagit pas.

Sa respiration s’accéléra subitement, elle se dit que c’était le moment de passer à l’acte, d’en finir une bonne fois pour toutes, quelles qu’en soient les conséquences.

Tout comme lui elle était pianiste mais depuis l’accident, elle gisait dans son fauteuil, dépendante de lui. Bien sûr il avait engagé une infirmière au début puis lorsque l’argent commença à manquer, il en assuma la charge, seul.

c’était son calvaire, sa pénitence.

L’accident c’est lui qui le provoqua, un soir de concert, une ravissante brune en robe de soirée lui fit des avances mais Édith étant présente et il n’était pas question de s’afficher ou même de lui faire de la peine. La femme semblait en admiration et le sollicita ardemment et il ne résista pas, vingt ans que sa fidélité à Édith était sans accroc – Édith Courson pianiste de renom tout comme lui Maxime Lapierre – vingt ans qu’il évitait de porter son regard sur une autre mais aussi vingt ans d’amour, de querelles et de rivalités professionnelles. Dans les toilettes de la salle de concert, il se fourvoya cependant, répondant à ses sollicitations, tiraillé entre le désir et la peur. C’était une passionnée qui lui lacéra le dos et lui laissa des marques dans le cou. Dés son retour dans le salon de réception Édith devina tout, son sixième sens en alerte, elle découvrit des rougeurs suspectes à l’encolure de sa chemise, une colère froide l’envahit, « rentrons, dit-elle fermement mais avec discrétion ».

Dans la voiture elle le harcela de questions, perdit le contrôle d’elle-même, le frappant même tandis qu’il ne répondait pas. Il roulait à vive allure sur cette route de grande banlieue encadrée par des arbres. Soudain elle le bouscula violemment si bien qu’il donna un coup de volant, la berline dérapa, affolé il tenta de redresser l’automobile mais ses gestes brusques n’eurent pas l’effet escompté, la voiture finit sa course dans un arbre. S’il s’en sorti, grâce aux airbags, avec une jambe cassée, des côtes fêlées et de menus contusions sur le corps, alors qu’Édith n’eut pas cette chance propulsée au travers du pare-brise elle percuta l’arbre avec violence.

Dix mois à l’hôpital de Garches ne lui rendirent pas l’usage de ses membres, seuls un transfert tendineux-musculaire lui redonna l’usage de ses doigts et la rééducation de sa vessie et de ses sphincters aboutit. Aucun verdict ne lui fut donné mais elle comprit rapidement qu’elle ne retrouverait jamais l’usage de ses membres, l’accepter fut un travail difficile qu’elle n’entreprit jamais.

Max ne lui rendit visite que trois mois après l’accident, trois mois durant lesquels il resta allongé à l’hôpital pour panser ses fêlures et ressasser ses fautes, il culpabilisait. S’il ne s’était pas égaré avec cette inconnue rien de tout cela ne serait arrivé mais si Édith ne l’avait pas bousculé brutalement… Il savait qu’avec des si on ne pouvait refaire le monde. Il ne pensait qu’à ça, au désastre dont il était l’auteur. Soit, il roulait un peu vite mais n’ayant que trempé ses lèvres dans une coupe de champagne il n’était pas en état d’ébriété. L’accident lui revenait toujours en mémoire inéluctablement, associé à la séance un peu rude des toilettes de la salle de concert . Il ruminait s’il n’avait pas failli et s’il avait su redresser sa voiture, tous les deux n’en seraient pas là. Les remords l’accablaient, incapable d’oublier. À l’approche de sa sortie il était oppressé, ni la prière ni la repentance ne l’apaisait. Il avait le teint livide, perdu beaucoup de poids et surtout, il était terrifié à l’idée de rencontrer Édith. Il savait qu’elle ne lui pardonnerait jamais.

Édith passait son temps alitée sans bouger le moindre petit doigt. Elle subissait les séances de kinésithérapie sans faire de progrès malgré l’optimisme des soignants. Son cerveau fonctionnait mais pas son corps excepté ses doigts, la seule chose que Dieu lui permettait était de remâcher ses pensées. Bien sûr elle regrettait de s’être emportée, de n’avoir pas su gérer sa jalousie mais c’était sa faute à lui, il en portait l’entière responsabilité. Elle lui en voulait, son corps criait vengeance. Pendant ses trois longs mois elle refusa de lui parler lorsqu’il appelait au téléphone. Pour fuir ses pensées elle repassait dans sa tête, les Impromptus de Schubert, dans lesquels elle excellait. Elle revivait ses concerts donnés dans les plus grandes salles, les ovations du public qui lui mettaient du baume au cœur, qui lui permettaient de survivre, mais une seule question l’obsédait : comment pourrait-elle se venger.

Avant d’aller la voir à l’hôpital Max lui fit livrer une chaîne Hi-Fi avec quelques uns des enregistrements qu’elle affectionnait, le personnel médical se prêtaient gentiment à l’exercice, ses doigts caressaient les notes dans sa tête avec autant de bonheur que de désespoir.

Lorsqu’il vint pour la première fois à l’hôpital, leurs silences étaient accablants, incapables de communiquer, elle ne souhaitait pas le voir, chacun embourbés dans ses regrets, parler fut presque impossible. Elle lui suggéra juste de l’aider à en finir. Il l’entendit, abasourdi.

Ce qu’elle lui demandait le minait, était au-dessus de ses forces, de ses convictions même s’il avait lu dans son regard la haine qu’elle lui portait.

Lui-même ne pouvait plus jouer, il devenait maladroit, ses doigts ne suivaient plus. S’il eut recours à l’auto-hypnose, c’était uniquement pour rester vivant, pour rester le pianiste qu’il était, pour jouir de sa virtuosité. Chaque séance lui procurait un bonheur infini, imaginer ses doigts courir sur la piano le mettait en transe, il perdait tout sens de la réalité.

Un jour de déprime il avait acheté une arme sans vraiment savoir pourquoi, arme qu’il oublia aussitôt au fin fond d’un tiroir.

Édith prit l’habitude de l’écouter partageant ces moments, elle avait l’impression de l’entendre, de savoir quelle mélodie il interprétait, elle visualisait ses mains sur le clavier, s’enthousiasmant de ses performances. Ils avaient établi au fil du temps, un contact par la pensée uniquement autour du piano, une transe hypnotique qu’ils partageaient.

Cependant ce jour-là elle comprit que quelque chose d’anormal se passait ne percevant aucune note, la communion était interrompue. Elle y vit une occasion inespérée, elle comprit que c’était l’heure de sa revanche. Elle avait répété inlassablement les gestes dans sa tête, les exécutant parfois avec maladresse mais à force d’entraînement elle savait qu’elle réussirait. Il y a longtemps qu’elle avait pris possession de l’arme. Au moment ou elle appuya sur la gâchette, les premières notes de Gretchen am spinnrade de Schubert résonnèrent puis la musique se tut et Max s’affala sur la piano.