Peine maximum de Gilles Vincent

« S’il n’avait pas bu autant la veille au soir, Charlie aurait pu réagir, c’est sûr. Mais quand la porte se fracassa, il cuvait encore.

À tâtons, il chercha son pistolet, le sentit lui échapper des doigts et l’entendit tomber lourdement sur la terre battue. La porte de la chambre claqua contre le mur. Lire la suite

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Djebel de Gilles Vincent

« C’est alors qu’il songea aux chefs vaincus qui, lorsqu’on maitrisait les codes de l’honneur, pouvaient devenir les plus fidèles alliés. »

« Touraine n’avait pu s’empêcher d’esquisser un sourire. Cette femme n’était vraiment pas ordinaire. Se mettre à nu, comme ça, devant ses hommes, leur offrir ses faiblesses en strip-tease et, aussi vite, se remettre en question sur des choses essentielles. Franchement, elle l’avait épatée. »

L’histoire se passe sur fond de guerre d’Algérie. En 1960, à Ouhadia en Kabylie, un détachement militaire orchestre un massacre pour que le soldat Berthier, à deux jours de rentrer en France, ne revienne pas honteux, comme il l’explique ici : « Ce qui me fout la trouille, c’est ce que vont penser les autres. Je rentre bredouille, les gars. Bredouille, merde ! » Et de préciser : «  Et alors ! Tout le monde s’en est fait un, ici. Tout le monde ! Même les plus cons que moi. Je veux pas t’offenser, Mohammed, mais chez moi, au village, tous ceux qui sont rentrés d’Algérie, eh ben, ils s’en sont fait au moins un, de bougnoule. Au moins un… »

Quarante ans plus tard, à Marseille, les hommes de l’ex-Capitaine Murat à l’époque, devenu Général sont sujets à représailles. La fièvre monte, Sébastien Touraine, détective privé, ancien flic de choc, missionné par la sœur d’un soldat, découvre ces tueries et fait le lien entre elles. La police, sous l’autorité de la Commissaire Aïcha Sadia : « Trente cinq ans, plutôt bien fichue, une belle gueule de kabyle. Brune aux yeux bleus avec un-je-ne-sais-quoi-de-révolté » s’en mêle.

Aîcha la kabyle et Sébastien le français, vont résoudre l’énigme de cette sale guerre ni gagnée, ni perdue par les uns ou les autres et qui cinquante ans plus tard attise encore les haines.

La fliquette prend dans la tronche une guerre qu’on lui a tut et s’aperçoit que malgré sa réussite sociale en France dans ses veines coule le sang du Djebel et qu’il n’est pas facile d’avoir un pied de chaque côté de la méditerrannée.

J’ai bien aimé ce livre, bien écrit, dont la trame bien orchestrée ne cesse de maintenir en haleine. L’histoire d’amour entre la flic, dont on ignore tout de la vie affective, et le privé, encore sous le coup d’une rupture douloureuse, est assez prévisible.

Il y a tout les ingrédients d’un bon polar, des massacres, du suspens, mais à la différence d’un polar ordinaire dans lequel il y a les bons et les méchants dans celui-ci il n’y a  pas plus de bons que de méchants d’un côté ou de l’autre.

La virtuelle Asphodèle, dans un billet que vous pourrez lire ici en parle bien mieux que moi de ce livre et c’est son billet a déclenché mon envie de lire.

Qui est l’auteur ?

Un monsieur né en 1958 dans le nord de la France, auteur de quatre romans policiers (celui-ci est le deuxième), enfant d’un père américaniste et petit-fils d’un déporté libéré par les américains.