Les tendres plaintes de Yoko Ogawa

C’est par ces mots que le livre commence : « Quand je suis arrivée au chalet, tout autour il faisait déjà nuit. » Parce qu’elle vient de nouveau de se disputer avec son mari, elle l’a quitté sans prévenir, partie de Tokyo pour la montagne dans la maison de famille. Rukiko est calligraphe, son mari est opthtalmologiste, elle l’a rencontré lorsqu’elle est venue consulter à son cabinet alors qu’un voile gênait sa vision.

Depuis les choses ont changé, il a une maitresse sûrement parce que Rukiko n’a jamais pu avoir d’enfant. Il la bat et à ce propos, elle dit : « Je me souviens très bien de la première fois que mon mari m’a frappée. Je ne me rappelle pas précisément pourquoi il l’a fait, mais je revois nettement la forme de sa main, la vibration de l’air, l’expression de son visage et la sensation que j’ai éprouvée. » Lire la suite

Publicités

La petite pièce hexagonale de Yoko Ogawa

Une jeune femme est attirée par une inconnue qu’elle aborde dans les vestiaires de la piscine. Cette jeune femme, secrétaire dans un Centre Hospitalier, est en passe de se fiancer avec Michio un médecin de l’hôpital, futur mariage auquel elle renoncera parce qu’elle finit par ne plus supporter cet aimable compagnon. Lire la suite

La formule préférée du Professeur

Elle est aide-ménagère d’à peine trente ans, il est professeur de mathématiques de plus de soixante ans. Elle est la neuvième que l’agence d’intérim présente chez ce professeur, fera-t-elle l’affaire ?

Le professeur a eu un accident de voiture, sa mémoire s’est arrêtée en 1970 quant à sa mémoire immédiate elle est limitée à quatre-vingt minutes. Il vit avec des bouts de papiers qu’il colle sur sa veste pour se souvenir. Pour l’aide ménagère il a dessiné un visage de femme mais qui ne lui ressemble pas.

L’important pour lui c’est la magie des chiffres, la passion des formules de mathématiques avec lesquelles il donne un sens à la vie. Elle apprendra à découvrir ces choses qu’elle ne connait pas.

Découvrant qu’elle a un fils de dix ans qu’elle laisse seule à la maison pendant qu’elle travaille chez lui, le professeur exigera, parce qu’il ne comprend pas qu’on puisse laisser un enfant seul à la maison, qu’il vienne la rejoindre ici après l’école. Il surnommera l’enfant root et petit à petit l’initiera aux mathématiques.

 

Mon avis sur ce livre est tranché j’ai aimé ce livre que je n’ai pourtant pas fini. Mais l’écriture de Yogo Ogawa est une belle écriture et l’histoire me plaisait. Si je n’ai pas fini c’est parce que je me suis un peu ennuyé, le déroulement est très lent sans vraiment d’action.

Pas particulièrement attiré par les chiffres, j’ai cependant appris des petites choses sur les nombres premiers, les nombres amis, les nombres parfaits.

Par exemple que 28 est un nombre parfait, le deuxième après 7, que ses diviseurs sont 1, 2, 4, 7 et 14 et que la somme de ses diviseurs nombres premiers)  est égale à 28. Il n’y a pas grand intérêt à savoir tout cela mais c’est amusant. En tout cas le livre n’est jamais une démonstration du théorème de Fermat.

« C’est justement parce que cela ne sert à rien dans la vie réelle que l’ordre des mathématiques est beau. Même si la nature des nombres premiers est révélée, la vie ne devient pas plus aisée, on ne gagne pas plus d’argent. Bien sûr, on a beau tourner le dos au monde, on peut sans doute trouver autant de cas que l’on veut pour lesquels les découvertes mathématiques ont fini par être mises en pratique dans la réalité. Les recherches sur les ellipses ont donné les orbites des planètes, la géométrie non euclidienne a produit les formes de l’univers selon Einstein. Les nombres premiers ont même participé à la guerre en servant de base aux codes secrets. C’est laid. Mais ce n’est pas le but des mathématiques. Le but des mathématiques est uniquement de faire apparaître la vérité. »

« Dans mon imagination, le créateur de l’univers faisait de la dentelle quelque part tout au bout du ciel. Avec un fil si fin qu’il laissait passer la lumière. Le dessin n’existait que dans la tête de son créateur, personne ne pouvait s’en emparer, ni prévoir le motif qui allait suivre. L’aiguille se déplaçait sans arrêt. La dentelle se poursuivait à l’infini, faisait des vagues, ondulait au vent. On ne pouvait s’empêcher de vouloir la prendre pour l’exposer à la lumière. En extase, au bord des larmes, on la caressait de la joue. Et l’on souhaitait pouvoir représenter avec ses propres mots les motifs ajoutés. Un minuscule fragment suffirait, si l’on pouvait le faire sien et le rapporter sur la terre. »

Parfum de glace de Yoko Ogawa

Hiroyuki se suicide à l’atelier de parfumerie sans explication. Ryoko sa compagne part à la découverte de son passé pour essayer de comprendre son geste, de faire son deuil.
Elle découvre tout ce qu’elle ignorait de lui. D’abord que son ami avait une famille, puis que le passé dont il s’était affublé n’était pas le sien. Elle fait la connaissance d’Akira le frère d’Hiroyuki, et de sa mère qui a immortalisé toutes les victoires de son fils défunt et vit dans son souvenir.

 


Ryoko refait le chemin parcouru par Hiroyuki du Japon en Tchécoslovaquie. Elle découvrira un tas de facettes de celui qu’elle aimait, qu’elle ignorait. Elle rencontre aussi le gardien des paons, celui sans qui sans doute, sera à l’origine du seul parfum qu’Hiroyuki a composé pour Ryoko : source de mémoire. 

Un beau livre que j’ai aimé lire, même si cette rencontre du gardien des paons, du domaine de l’irréel pour nous correspond à une culture qui nous est inconnue. Fait comme un voyage d’aujourd’hui et d’hier une belle réflexion sur l’amour et ceux qu’on croit connaître. Un livre plein de poésie.

Quatrième de couverture :
A la mort de son compagnon, Ryoko réalise qu’elle ne savait rien de lui. Le jeune homme s’est suicidé dans son laboratoire de parfumeur, où il créait des fragrances exceptionnelles en combinant son incomparable mémoire olfactive à ses capacités scientifiques. Sur les lieux du drame, Ryoko trouve une disquette contenant quelques phrases énigmatiques. Incapable de faire le deuil de cet homme étrange, elle part à la rencontre de son passé. Entre réel et imaginaire, symbolique et inconscient, Yoko Ogawa atteint ici le cœur des êtres, la source de leur mémoire, pour exprimer l’indicible douleur de vivre.

Ce qu’en pense 



L’auteur : 
Yōko Ogawa est née en 1962  dans la préfecture d’Okayama est une écrivain japonaise auteur de nombreux romans. Son univers romanesque est caractérisé par une obsession du classement, de la volonté de garder la trace des souvenirs ou du passé. Elle a pour écrivain préféré Haruki Murakami.