Méprise

nom masculin
Pauvre diable, personne ridicule.
voici les lettres
mot commence par C

Après réflexion, j’ai pensé à coquefredouille.

Jeu organisé sur le blog ici

 

Méprise

Il haranguait les badauds avec virulence traitant de couille molle celui qui passait trop trop près de lui. Il se levait de temps en temps avec douleur, levant le poing comme une menace.

Difficile d’ignorer que c’était un coquefredouille trop aviné par la liqueur son propos loufoque n’impressionnait personne. Une ridule prononcée au coin de l’œil annonçait un homme entre deux âges.

Il tanguait comme s’il traversait une felouque de la proue à la poupe, levant sa fiole à chaque foulée pour se rincer le gosier.

Lorsqu’une fille s’approchait un peu trop , il faisait mine de se défouler essayant de la rendre folle mais aussitôt la foule l’entourait et là il tentait un regard plein de douceur.
Mais quelle puanteur il dégageait !

S’il était frêle il avait pour le moins une langue lourde ravinée par le cidre et postillonnait à tout va. Si la maréchaussée en vadrouille intervint pour une fouille en règle, il ne se laissa pas faire. Dans ses poches de treillis, ils trouvèrent une douille, une corde et une cuillère qu’ils confisquèrent mais pas de quoi l’emmener au poste de police.

Très énervée, une coulée de bile au coin des lèvres, il éructa. Son teint avait la couleur de la cire. «  Il frôle l’apoplexie » pensèrent certains ne trouvant rien de mieux que lui jeter une vieille pièce rouillée.

« C’est pas drôle » hurlèrent quelques âmes sensibles.

«  Vous voulez qu’on lui déroule un tapis rouge ? » répondirent d’autres sans cœur.

« Et s’il s’écroule on fait quoi ? » demanda quelqu’un.

Énervé l’homme gratta une cloque sur son coude de laquelle un liquide jaunâtre purula.

Les applaudissement fusèrent, l’école de théâtre était dans la rue. Le professeur enthousiaste le félicita « Tu as frôlé la perfection, dit-il, ton interprétation était bien fouillée cependant le thème était de jouer une personne ridicule pas un clochard, je suis désolé mais tu es recalé. »

La foudre s’abattit sur le comédien.

 

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Le jardinier amoureux

Il y allait le bougre avec sa pelle, retourner et retourner la terre. Il y mettait tout son cœur, un sourire béat au coin des lèvres il pensait à autre chose.

C’était un homme cultivé comme son jardin, écrivain de surcroît et il connaissait déjà le titre de son prochain roman : « Le jardinier amoureux. » Il y réfléchissait souvent en donnant ses coups de pelle. L’intrigue était toute prête dans sa tête, le plan tout tracé. Pas question d’écrire un livre autobiographique la Lucette, en fait elle s’appelait Marie mais il n’aimait pas ce mot à double signification, n’apprécierait pas, bien qu’il y ait toujours un part de soi dans les romans.
En fait il n’était jardinier que par passion, par plaisir et puis manger ses propres légumes bio était quand même meilleur que tout ce qu’on pouvait trouver dans le commerce. Il mettait autant de passion à jardiner qu’à écrire. Il était aussi adroit avec ses outils qu’avec son clavier.
À l’inverse des autres auteurs il commençait sa journée par le jardin, à la fraîche avant que le soleil ne soit trop chaud. Ensuite il prenait une bonne collation puis s’enfermait dans son bureau pour s’atteler à son ordinateur pendant quelques heures. Ce rythme était immuable et en s’occupant de son potager il avait toujours plein d’idées qu’il pouvait ensuite appliquer.
Il n’était pas marié et vivait seul parce qu’il n’avait jamais réussi à partager femme, jardin et écriture. Certes Lucette était son amante depuis des lustres, depuis bien avant la naissance de gilles, son neveu d’une quinzaine d’années. Il lui consacrait un peu de temps, du jeudi soir au dimanche après-midi. Elle était agréable, une tête bien faite, une cuisinière remarquable qui cuisinait ses légumes avec savoir et ce qui ne gâchait rien, une amoureuse émérite. La seule chose qui l’agaçait étant qu’elle laissait traîner un peu n’importe où son bâton de rouge à lèvres, comme un vieux militaire il aimait l’ordre.
Son agent, qu’il rencontrait chaque semaine avait une idée précise pour la couverture, une fourche plantée en plein milieu du boulevard, l’idée ne le séduisait pas mais il serait toujours temps d’en discuter le moment venu.
En fumant une cigarette à la fenêtre de son bureau, il s’aperçut que le linge qui séchait dehors avaitaa disparu, si cela ne l’intriguait pas outre mesure ça lui donnait une idée pour étayer son personnage.

Texte écrit pou l’atelier d’écriture des Impromptus littéraires

La consigne :
un personnage : un jardinier amoureux
un lieu : au milieu du boulevard
un objet : un rouge à lèvres
un moment : avant la naissance de Gilles
un problème ou une anomalie : le linge qui séchait dehors a disparu

Arme fatale

Il était hébété. Le sang gicla. sur les draps blancs. À côté du cadavre Emma était paralysée, le bouche grande ouverte, le visage et le corps ensanglantés.
Sans comprendre, il regardait l’arme qu’il tenait à la main.
Emma pleurait, son rimmel coulait sur ses joues.
Lui regardait le canon de son arme, sans un mot.
Il savait qu’elle le trompait.
Nue, les jambes repliées, elle fleurait l’indécence.
Il la désirait.
C’était la première fois qu’il s servait de son arme.
Elle l’implorait du regard, muette, espérant la vie sauve.
Il ne bougeait pas campé sur ses jambes légèrement écartées .
Il la contemplait en silence, ne sachant que faire.
Elle tira le drap sur le corps nu de son amant masquant l’impudicité de la scène. Le coton rougit.
Elle attrapa une cigarette sur la table de nuit, brûla cinq allumettes avant de l’allumer. S’essuyant les yeux avec un bout du drap.
Hypnotisé il regardait son intimité encore béante, emprunte de ses ébats.
Son visage se crispa. Le bruit sourd de l’arme tombée sur le sol ne le fit pas cillé.
Elle se leva, toujours aussi nue, toujours aussi belle. Se baissa pour ramasser l’arme.
Il caressa ses cheveux, les effilant entre ses doigts, frottant son désir contre son visage.
Elle se releva, la baisant ici et là, jouant de ses bras comme d’une liane, l’entraînant dans sa lubricité. Lorsqu’elle pointa le pistolet sur son ventre, il sentit son érection décupler.
Lorsqu’elle dégrafa son pantalon pour libérer sa tension, absorbant son désir, elle pénétra brutalement son fondement puis appuya sur la gâchette.

En fin

Elle lui tenait compagnie depuis fort longtemps mais ce jour-là même si elle lui faisait bonne figure elle se sentait déprimée. Sa maladie empirait , à rester assis toute la journée, il avait pris du poids et même avec l’aide de l’aide-soignante, s’occuper de lui devenait diffi­cile.
Elle vivait dans le souvenir continuellement à la recherche des meilleurs moments qu’ils avaient partagés c’était un peu son antidote pour pouvoir faire face. Si au début elle lui par­lait beaucoup elle avait cessé car évoquer leurs souvenirs n’éveillait en lui aucune réaction. Il la regardait avec des yeux vides et ne répondait jamais. Lui qui avait un regard si expres­sif, si malicieux n’exprimait plus aucune sensation.
La seule chose qui éveillait son regard ou le seul être qui pouvait provoquer une étincelle était l’évocation de leur chienne Youpie, une bâtarde de couleur noire qui partagea leurs vies pen­dant 18 années. Lorsqu’elle lui montrait des photos il s’agitait un peu, ses yeux s’enflam­maient et parfois une larme coulait, solitaire sur sa joue. Elle s’interrogeait toujours, savoir si c’était bon pour lui, et craignant une rechute cessa d’y faire allusion.
Elle aimait repenser à leur mariage, cette douce cérémonie qui enfin les unit, même si elle eut quelques inquiétudes pour sa nuit de noce. Cependant les racontars dont certaines s’étaient faites confidentes eurent pu gâcher sa journée mais il n’en fut rien et Raymond fut un homme précautionneux et attentif si bien que cette première nuit si elle ne fut pas excep­tionnelle resta pour le moins inoubliable. En tout cas elle fonda les bases d’autres nuits époustouflantes.
Raymond fut toujours scrupuleux, trop protecteur même si parfois c’était un peu prégnant. Cependant elle aimait sa force tranquille, sa façon d’être heureux d’un rien, d’embellir les choses, son optimisme inébranlable. Il était son chêne, son réconfort, son abri, celui qui lui donna une vie merveilleuse.
Certes il y eut des bas dans leur longue vie commune et si quelques uns tournèrent autour d’elle, elle ne succomba jamais. Quant à lui, elle ne se posa aucune question, pas de nature jalouse , l’idée qu’il put aller ailleurs ne l’effleura même pas. Elle l’aimait inconditionnelle­ment, lui vouant une adoration sans borne.
S’ils se séparèrent pendant huit mois mais toujours réunis lors de fête de famille, elle état sûre, sans pouvoir l’expliquer, qu’il reviendrait vers elle. Certes elle vécut ces quelques mois difficilement, se remit en question puis sereine l’attendit.
Elle l’adorait son Raymond mais était surtout peinée de le savoir si dépendant maintenant.

La douleur qu’elle ressentit dans la poitrine la surprit. Elle tomba de sa chaise, s’écroula sur le sol ses dernières pensées furent pour lui, sa détresse si profonde, elle s’en voulut de l’abandonner, elle murmura des choses inaudibles.

Raymond assis sur sa chaise ne bougea pas d’un poil, la vie aussi l’avait oublié.

J’ai tenté une nouvelle expérience pour l’atelier d’écriture Bricabook mais mon manque d’habitude s’est fait ressentir

Minh et le mensonge

C‘était un ange sur les photos du réseau social, il contemplait les clichés les yeux écarquillés, tellement elle était jolie. Ils discutèrent des heures et des jours à bâtons rompus . Il rentrait presque en courant de ses activités pour ne pas rater le rendez-vous.
Elle s’appelait Uyen, avait 20 ans tout juste, elle était orpheline et vivait avec ses sœurs, s’occupant de ses nièces et travaillait en même temps. Ses parents décédèrent quand elle avait 8 ans, à cet âge elle quitta la Capitale du Nord pour vivre dans la Capitale Économique du Sud. Ils parlaient de tout ensemble. Elle lui confia
n’avoir jamais eu de petit ami, elle lui envoya quelques photos.
Comme lui elle était passionnée par la photographie mais de l’autre côté de l’objectif. Il l’incita à continuer dans ce sens mais elle prétextait sa timidité.
Lui
amoureux par l’Asie, traînait sur Paris dans le 13ème arrondissement, l’appareil photo à la main, pour traquer les belles dames exilées. Il photographiait des échoppes caractéristiques qu’il lui envoyait ou encore les magasins de tenue traditionnelle, ce bel ao daï dans lequel les vietnamiennes sont à la fois resplendissantes et très sensuelles. Elle lui expliqua que la couleur correspondait à chaque étape de la vie, de couleur blanche pour les étudiantes ou rouge pour les fiancées mais pour le reste il avait oublié sauf les ors qui témoignaient de la condition .
Le réseau social qu’ils utilisaient ferma, prévenus assez tôt ils échangèrent leur mail et continuèrent à discuter.
Il lui avoua qu’elle l’intéressait, qu’il était amoureux, elle répondait à son amour ; lui demanda de venir, de respecter les traditions et de demander sa main à ses sœurs.
Si son cœur battit comme un tambour, il lut tout ce qu’il put sur internet
sur les mariages concernant ce type de type d’association mixte et leur pérennité, conscient que ce n’était qu’une faible représentation de la réalité et conscient aussi que les gens racontent plus facilement leur échec, sous couvert d’anonymat, que la réalité., il prit peur.
Cependant il s’interrogeait et peu enclin à l’aventure, s’exiler pour un mariage qui ne durerait peut-être pas, tout quitter
l’inquiétait. Ce qui le confortait pourtant c’était son désir de venir en France, il se rappelait qu’elle avait une branche française dans ses aïeuls depuis la colonisation.
Lex conversations par mail n’étaient pas la panacée, ils se trouvèrent un autre réseau social commun et continuèrent de se raconter par message
s interactifs, ce qui était bien plus attrayant.
Il était amoureux, bien sûr, mais n’en parlait jamais, ses craintes l’habitaient et lui mettai
ent des fers aux chevilles. Au fil du temps ils ne parlaient jamais de leur lien.
Puis les rencontres
s’espacèrent, de temps en temps elle lui envoyait des photos prises avec des photographes, il s’en contentait. Il aurait voulu être aux manivelles et prendre lui-même des photos d’elle, elle ne manqua pas de l’encourager à venir.
Puis les messages
se firent moins ponctuels.
Elle n’avait plus de temps pour lui, cumulant deux emplois successifs pour survivre. Il la croyait.
Pou lui, elle était une vestale. Une jeune fille douce, timide et vierge.
Par pur hasard, il croisa un de ses photographes, un français expatrié, qui la connaissait, mieux qui était très poche, trop proche. S
il lu raconta son idylle quelques années auparavant avec Uyen, l’autre n’en dit rien.
Puis finalement lui confessa qu’elle était une femme extraordinaire, qu’il avait été son amant
quelques années durant.
Ce tsunami le surprit. Il perdit son souffle, incapable de faire surface.
Sa vestale était une Messaline, qu’elle déception ! Il se mit à pleurer sans pouvoir retenir ses larmes, celle qu’il aimait secrètement depuis toutes ses années appartenaient à un autre.
Ses nuits devinrent banches ou plutôt noires. S
il s’apitoya sur son sort, il ne comprenait plus.
Pendant toutes ces années ou il croyait être proche d’elle, Uyen le trompait de toutes les façons.
Son cœur était brisé.
L’amant était un français, marié, photographe, qui lui expliqua qu’elle aimai
t poser nue et se sentait à l’aise devant l’objectif ou même réclamait ce genre de poses.
C’était insoutenable !

S’il eut du courage, il se ferait sepuku.
Il « deleta » de ses contacts Uyen et son ami.
À elle il expédia un mail dans lequel à demi-mots il expliqua qu’il savait tout de sa conduite, de sa tromperie, elle s’excusa sans plus.
À lui il tenta d’expliquer qu’il ne pouvait pas le garder dans ses amis, qu’il était
trop blessé.
Aujourd’hui encore il rêve d’elle, éveillé, le corps dans les bras d’un autre et immortalisé en photos.
Il doute de s
‘en relever un jour.
Pourtant il l’aime encore.

You

Je rêve encore de toi
Sans jamais t’oublier
J’ai en mémoire ta photo
Posant pour un autre
Ce n’est pas le fait que tu sois nue
C’est le regard que tu portes sur l’objectif
Tes yeux mouillés à moitié fermés en disent long
Je connais ta sensualité
Je sais que que lorsque tes tétons sont dressés
Ton corps est en éveil
Je t’ai mitraillée dans toutes les positions
Les limites de ta libido n’ont pas de frontières
Je te poursuis
Je suis ta carrière
Tu étais pourtant si fragile lors de nos premiers shootings
Je savais que dénuder ton corps était inconcevable
Je t’ai apprivoisée lentement
Lorsque tu as baissé ton soutien-gorge la première fois
Les mains en conque sur ta poitrine
Tu t’es cachée
Gênée de t’exhiber
J’étais fier de toi
De ton abandon
Les clichés en noir et blanc ne soulignaient pas
Les rougeurs de tes joues
J’étais à l’affût
D’un écart de tes mains
Pour immortaliser l’instant
Petit à petit tu as retiré tous tes remparts
J’ai pu admirer la moindre parcelle de ton corps dévêtu
Le doigt fébrile sur le déclencheur
Incontrôlable
Tu étais ma muse
Tes yeux bridés m’excitaient
Te voir dans toute les positions
Saisir l’instant exceptionnel
Protégé derrière mon appareil
Je dissimulais mes émois
Je n’ai jamais osé
Te dire que je t’aimais
Que je te désirais
Que tu hantais mes nuits
Que tu étais responsable de mes pollutions nocturnes
Lorsque les flashs crépitaient
Soulignant tes courbes parfaites
Mon corps éructaient
J’étais aussi fatigué que toi
Tu t’es vite lassée de mes envies
Des poses que je te dictais
Aujourd’hui tu fais carrière
Et je suis fier de t’avoir éveillée
De te voir si libre devant l’objectif
Si belle
De rage j’ai jeté mon appareil à la mer
Depuis la pointe du diable
Je t’aime et je déteste
J’ai fait tatouer tes images sur ma peau
Quelles souffrances
Lorsque je me regarde je te vois
Depuis je me douche à mains nues
Pour mieux te caresser
Je suis complètement fou