You

Je rêve encore de toi
Sans jamais t’oublier
J’ai en mémoire ta photo
Posant pour un autre
Ce n’est pas le fait que tu sois nue
C’est le regard que tu portes sur l’objectif
Tes yeux mouillés à moitié fermés en disent long
Je connais ta sensualité
Je sais que que lorsque tes tétons sont dressés
Ton corps est en éveil
Je t’ai mitraillée dans toutes les positions
Les limites de ta libido n’ont pas de frontières
Je te poursuis
Je suis ta carrière
Tu étais pourtant si fragile lors de nos premiers shootings
Je savais que dénuder ton corps était inconcevable
Je t’ai apprivoisée lentement
Lorsque tu as baissé ton soutien-gorge la première fois
Les mains en conque sur ta poitrine
Tu t’es cachée
Gênée de t’exhiber
J’étais fier de toi
De ton abandon
Les clichés en noir et blanc ne soulignaient pas
Les rougeurs de tes joues
J’étais à l’affût
D’un écart de tes mains
Pour immortaliser l’instant
Petit à petit tu as retiré tous tes remparts
J’ai pu admirer la moindre parcelle de ton corps dévêtu
Le doigt fébrile sur le déclencheur
Incontrôlable
Tu étais ma muse
Tes yeux bridés m’excitaient
Te voir dans toute les positions
Saisir l’instant exceptionnel
Protégé derrière mon appareil
Je dissimulais mes émois
Je n’ai jamais osé
Te dire que je t’aimais
Que je te désirais
Que tu hantais mes nuits
Que tu étais responsable de mes pollutions nocturnes
Lorsque les flashs crépitaient
Soulignant tes courbes parfaites
Mon corps éructaient
J’étais aussi fatigué que toi
Tu t’es vite lassée de mes envies
Des poses que je te dictais
Aujourd’hui tu fais carrière
Et je suis fier de t’avoir éveillée
De te voir si libre devant l’objectif
Si belle
De rage j’ai jeté mon appareil à la mer
Depuis la pointe du diable
Je t’aime et je déteste
J’ai fait tatouer tes images sur ma peau
Quelles souffrances
Lorsque je me regarde je te vois
Depuis je me douche à mains nues
Pour mieux te caresser
Je suis complètement fou

Sexy polar

24 mots sur le thème Polar

Chapeau, rue, pluie, pavé, attendre, voiture, décolleté, costume, nostalgie, enfant,
rigoler, pleurer, danser, sentir, puer, rouge, noir, joyeux, pauvre, fatigué, souriant, blesser,
tatoué, noyé.

La fille était allongée sur le pavé
Sa robe noire sexy relevée
Découvrait ses fesses rebondies
Seul un string rouge transparent
Dissimilait à peine un sexe imberbe
De son décolleté vertigineux
Un sein s’était échappé
La pose était obscène
Beny, l’inspecteur des mœurs
Chargé de l’enquête, le chapeau vissé sur la tête
S’agenouilla
Pour examiner la plaie au ventre
Du sang suintait encore
Lorsque Suzelle la légiste se pointa
Talons aiguilles et robe ultra-courte
Il ne put s’empêcher de rigoler
La toisant de bas en haut
– Ben quoi beugla-t-elle, j’étais allé danser
Il attendait ses conclusions qu’elle débita d’une voix monocorde
Si elle sentait le Chanel n°5
Son haleine puait le whisky
Il eut un flash fulgurant : enfant dans les bras de sa mère alcoolique
Une pluie diluvienne les surprit
Détrempant son costume de lin beige
Moulant son entrejambe
Suzelle le fixa en souriant
– T’es pas un peu nécrophile lança-t-elle
Il se releva tentant de cacher son indécence
Avec les pans de sa veste
– C’est de ta faute connasse, t’as oublié de mettre ta culotte
– J’ai pas oublié répondit-elle d’un air joyeux
Exhibant son entrecuisse délicatement épilée
– Je veux ton rapport demain matin dit-il
En se détournant
Remontant la rue jusqu’à sa voiture
Son adjoint lui déclina l’identité du cadavre
Mary, 32 ans, une pute du Tatoué
C’est certainement une correction qui a mal tourné
– Laisse tomber pour ce soir je suis fatigué
Il démarra en trombe
La voiture dérapa sur l’asphalte détrempé
Il corrigea la trajectoire
Il savait qu’à son tour il allait noyé son chagrin dans l’alcool
Suzelle le rendait dingue
Elle osait tout pour le séduire
Sans succès
Avant de s’encanailler dans le whisky
Il avait organisé la perquiz au domicile du Tatoué
Ils le cueillirent au petit matin dans sa boite de strip-tease
Une mineure assise sur ses genoux qu’il pelotait allègrement
Il la repoussa violemment
Elle percuta la table de poker
Et se blessa au visage
– Sale traînée hurla le suspect
Alors que la pauvre fille hébétée
Se mit à pleurer
– Aller on embarque tour le monde
À son adjoint il ordonna de conduire la gamine à l’hôpital
Au sous-sol du 36
Les coups de bottin sur la tronche
Les uppercuts à l’estomac
Les décharges de courant électrique
Eurent raison de la volonté du proxénète
Il lâcha le morceau
Déféré au parquet dans la journée
Le salopard croupit en prison
En l’attente de son procès.

En fait c’est moi qui ai proposé ce challenge et je me suis vautré pour deux raisons.
L’une parce que il y a un mot que je n’ai pas utilisé et l’autre parce que cela aurait dû être en rimes ou en vers.

Mais j’assume.

Un rêve

24 mots à caser sur le thème :
mélodie, colère, atmosphère, page, couleur, vertige, guide, audace, piano, chambre, éblouir, tisser, grandir, émouvoir, hanter, attendre, résister, ardu, imprudent, efficace, héroïque, blanc ( blanche), solitaire, gracieux ( gracieuse)

De ma fenêt’ je r’gardais la mer en colère
Les vagues s’écrasaient, bruyantes, sur le sable blanc
J’étais fasciné, ébloui. Loup solitaire
Je me repaîtrais de ce spectacle jubilant.

L’atmosphère était lourde, le ciel sombre, imprudent
Je décidais d’escalader les rocs ardus
Le basalte m’éraflait, me griffait, inconscient
Je résistais sans m’émouvoir tel l’éphèbe nu.

Enfin mal assis, héroïque proie des embruns
La marée montante tissait sa toile autour de moi
Mon espace vital se rétrécissait. Les mains
Réunies, le cœur battant comme un tambourin.

La peur du squale me hanta soudain, aileron
Tournoyant dans une mélodie trop lancinante
L’angoisse grandit, je n’faisais plus le fanfaron
Le requin se rapprochait, vision inquiétante.

J’eus beaucoup de mal à retrouver mes esprits
L’audace n’étant pas ma qualité primordiale.
Trop de vertiges devant la page blanche. Ahuri,
Déplorant mon imagination trop banale.

Allongé dans ma chambre aux couleurs de la nuit
Sorti de ce rêve avorté, un concerto pour piano
En fond sonore, seul un moustique crevait d’ennui.
Une page me narguait encore vierge d’aucun mot.

J’attendais vainement un guide efficace, celui
Qui f’rait courir ma main sur le papier bleuit
Par mon stylo. Lettres gracieuses ou fumerolles
Ensevelies, noyées dans mes vapeurs d’alcool.

 

 

Un premier essai en rimes, qui m’a créé bien des soucis

Le père-Noël est

7786139975_le-pere-noel-est-une-ordure-est-diffuse-le-6-decembre-sur-france-2Presque un an que nous attendions Noël, mon frère et moi mais là, consignés dans notre chambre parce que nous étions trop agités, bien évidemment nous avons fini par nous chamailler, ce qui entraîna rapidement la colère de nos parents.

De toute façon l’ambiance n’était pas à la fête cette année, impossible de savoir pourquoi.
Il fallait avant tout passer par la traditionnelle messe de minuit et sortir dans le froid glacial pour se rendre dans une église pas très chaude, c’était un calvaire.

Nous étions allés nous confesser quelques jours avant pour confier nos péchés au curé caché derrière sa grille en bois. Ça paraissait impossible de mentir, ça n’entrait pas dans notre éducation mais le moment était ennuyeux et l’on savait que la sentence pour obtenir le pardon était proportionnelle à l’importance de nos méfaits. En tout cas si nous débitions notre acte de contrition avec facilité, avouer ses fautes surtout lorsqu’elles paraissaient anodines relevait de l’exploit.

Comme d’habitude les quelques prières qui nous étaient alloués pour racheter nos fautes, étaient exécutées à genoux sur le prie-Dieu à la vitesse du vent du vent d’hiver. Savoir si nous avions le cœur plus léger après qu’avant n’avait pas d’importance, nous nous étions soumis aux traditions.

Ce soir-là la lente procession des chrétiens se rendant à l’Office avait un air de fête, emmitouflés dans les manteaux la tête couverte, la neige s’était invitée au rendez-vous sacré. Les flocons étaient gros, les trottoirs se couvraient de poudre blanche, impossible pour mon frère et moi de ne pas essayer de glisser, de ne pas ramasser la neige pour en faire des boules qui nous servaient de projectile.

Le rappel à l’ordre fut immédiat et nous interpella.

Dans l’église pleine à craquer nous esquissions quelques gestes d’amitié vers nos amis présents également. Nous chantions les psaumes que le prêtre nous indiquait avec une ferveur qui plaisait à nos parents, nous aurions pu débiter nos tables de multiplication avec la même facilité mais l’endroit se voulait solennel.

Pendant le sermon de l’officiant, si quelques vieux usés par le temps s’endormaient, mon frère et moi regardions pour un peu partout pour nous occuper. Ce que le prêtre déclamait d’une voix de stentor ne pénétrait pas dans notre cerveau. Nous attendions la bénédiction pour rentrer nous coucher.

Les cadeaux n’étaient distribués que le lendemain matin. La nuit fut longue parce que nous étions impatients et que le sommeil s’était enfui. Cachés sous les draps mon frère et moi papotions, incapables de dormir , excités par la découverte que nous recevrons un peu plus tard. Les paris allaient bon train. La liste que nous avions adressée au père-Noël était sans fin et lui laissait un choix considérable.

Il s’agissait d’être le premier au réveil pour découvrir les cadeaux, à cette idée nos cœurs battaient la chamade. L’un réveillait l’autre, c’était une habitude, et ensemble nous arrachions les papiers avec la plus grande fébrilité.

Ce matin là il n’y avait qu’une mandarine et quelques crottes de chocolat, nos parents restèrent enfermés dans leur chambre.

Le père Noël au club

j’ai pris l’idée sur le blog de Celestine pour écrire un texte à  ma façon.
L’amie propose d’utiliser ces quelques mots :

Fête, sapin, étoile, huîtres, guirlandes, boules, rennes, cheminée, lutins, traîneau, grelots, gui, neige, dinde, foie gras, père Noël, cadeaux, bougies, lumières, cadeaux, champagne, houx.

– Merde je me suis piqué le cul avec le houx, brailla la vieille dinde en renversant son verre de champagne.
Pas très étonnant le père Noël sur son traîneau n’avait que sa barbe pour seul artifice et ses grelots s’agitaient chaque fois qu’il se baissait pour distribuer les cadeaux. Les lumières brillaient de tous leurs feux mais sa bougie semblait sur le déclin.
La fête au Club 69 battait son plein alors que chaque mâle tentait de passer sous la porte de verre illuminée de toutes ses guirlandes, sur l’imposte une branche de gui s’étalait, royale, avec pour seul espoir de redorer leur cheminée fatiguée, la franchissant ils espéraient l’impossible.
Chaque année le Club organisait une soirée pour les vieux libertins en mal de souvenirs. De jeunes lutins, flamberge au vent fixant les étoiles s’occupaient des vieilles septuagénaires cherchant à leur offrir un brin de plaisir même si leurs huîtres trop usagées semblaient bien asséchées.
Que les vieux mâles, foie gras en évidence, se jettent sur la corne de renne pour retrouver une fierté disparue n’avait rien d’exceptionnel chacun sait que la neige refroidissait toute velléité, leurs boules n’ayant pas plus de rondeurs que les sacs qui les contenaient.
Seul le sapin restait droit, fier comme un petit banc.
C’était pathétique.