La mort à demi-mots de Kim Young-Ha

Quatrième de couverture :

Le narrateur, un esthète du crime, explore avec talent et cynisme l’art de détruire autrui. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est révéler leur pulsion de mort à ses victimes,  » jusqu’au stade où la personne devient digne d’être mon client « . Et force est au lecteur d’admettre que ses  » clients  » trouveront écoute et consolation auprès de cet étrange bourreau égocentrique qui s’immisce dans leur vie, dans leur esprit, leur prodigue conseils bienveillants et compréhension.

L’auteur :

« Né en 1968, Kim Young-ha est l’un des chefs de file de la nouvelle littérature sud-coréenne. On dit de lui qu’il décrit avec un regard froid et une voix sèche la sensibilité urbaine de sa génération. Après deux recueils de nouvelles, il publie en 1996 son premier roman « la mort à demi mots », qui lui vaut d’obtenir le prix que la maison d’édition Munhaktongne décerne au meilleur jeune écrivain de l’année. Très branché sur les nouvelles technologies, Kim Young-ha s’est d’abord amusé à publier ses écrits sur Internet, une habitude très répandue en Corée du Sud.
Outre ses activités d’auteur, Kim Young-ha anime une émission de radio consacrée aux écrivains coréens. »  biographie de : les éditions Philippe Picquier

Mon avis :

Un bouquin qui se lit d’un coup de fourchettes ; on suit le narrateur qui en fait met le crime en scène maos laisse le client se suicider, il ne fait que l’organiser. On fait connaissance avec C. et K. qui se partage la même fille Seyoun ou Judith et dont l’un met sa vie en danger comme revolver (chauffeur de taxi de nuit qui roule à tombeau ouvert) et puis il y a aussi Mimi mais vous raconter serait vous dévoiler et vous ôter la joie de découvrir ce livre.

Il y a des morts de l’amour et du sexe dans ce livre écrit en 1996.

Ce livre est dans mes livres à lire depuis un mois. J’en ai tourné les pages puis je l’ai abandonné. Je l’ai de nouveau ouvert au hasard puis feuilleté et là le déclic est venu. Je l’ai repris depuis le début.

 

Extraits :

« Pour donner un exemple, une de mes clientes m’a dit un jour qu’elle aimait la peinture de Van Gogh. Je lui au demandé si elle préférait ses autoportraits ou ses natures mortes. Elle a hésité un peu puis m’a répondu qu’elle aimait mieux les autoportraits. Je fais très attention aux gens qui se plongent dans les autoportraits de Van Gogh. Ce sont des solitaires. Ils ont regardé au moins une fois à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils savent à quel point cette expérience est périlleuse mais aussi quel plaisir intime elle procure. Celui qui me poserait cette question est sans doute un solitaire aussi ; or ces gens-là ne peuvent pas tous devenir mes clients. »

« K n’est revenu à la maison qu’après avoir reçu la nouvelle du décès de leur mère. Cela fait cinq ans qu’il a abandonné ses études au lycée et quitté la maison. Il a changé bien plus que ce qu’on pouvait imaginer. Le jour où le cortège est allé au cimetière, K avait dit qu’il resterait à l’appartement. Ni C ni personne n’avait protesté. K était donc en train de s’envoyer en l’air pendant que le cercueil de sa mère se couvrait de terre. À la pensée de la peine qu’il a eue comparée au plaisir que K a éprouvé, C sentit son corps s’alourdir tout d’un coup. Il entra dans sa chambre et, sans se déshabiller, sombra dans un profond sommeil. »

« Quand elle ne fume pas, elle a souvent une Chupa Chups dans la bouche, cette sucette ronde à bâtonnet. Elle la garde même quand elle fait l’amour. C a toujours peur que le bâton ne lui crève les yeux. D’ailleurs, le bâton lui est entré dans l’œil gauche une fois et il a craint de devenir aveugle. Il a redouté de faire l’amour avec pendant les quelques jours qui ont suivi cet incident. »

« Toi, tu ne pourras jamais tuer quelqu’un, dit-elle. Il n’y a que deux sortes de gens dans le monde : ceux qui sont capables de tuer et ceux qui ne peuvent pas, les pires c’est les derniers… Ceux qui ne peuvent pas tuer quelqu’un ne savent pas aimer non plus. »

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