La route des laves

L’île est volcanique et le piton de la fournaise est un des volcans les plus actifs du monde non pas parce qu’il explose mais par toutes ses coulées de lave qui débordent et recouvrent tout sur leur chemin jusqu’à augmenter la superficie du département.
Si la mer au fil du temps ronge le territoire acquis, la nature reprend ses droits et des arbres repoussent au milieu de nulle part.
C’est féérique voire stellaire.

Publicités

Rester

Voilà l’avion a décollé sans moi hier, d’ailleurs je croyais que c’était aujourd’hui le départ. Le choix est donc fait par envie ou par oubli !

Je cherche un appartement mais c’est presque fait. Je ne sais pas comment je dois envisager l’avenir. Je suis content mais interrogatif. Prendre un appartement signifie racheter tout de la petite cuillère à l’armoire mais de toute façon je n’avais plus rien.

Alors l’avenir est devant moi.

Foutues vacances

????????????????????
????????????????????

Merde les vacances commençaient mal

Nous étions avec ma nouvelle amie à quelques kilomètres de la frontière. Nous avions passé treize heures sur l’autoroute dans des ralentissements inexpliqués, des queues sans fin à surveiller dans le rétroviseur les chauffards qui collaient à nos basques et qui se croyaient bien trop souvent sur le circuit de Daytona.

Après avoir tant bien que mal trouvé notre location, payé le solde de notre séjour, nous avions vidé le coffre de la voiture, mis en route le frigo, bu de grands verres d’eau au robinet puis nous décidâmes d’aller dîner au restaurant. Le choix de l’endroit fut l’objet d’un débat houleux. Je souhaitais manger un bon steack haché avec un jaune d’œuf dégoulinant et une assiette de frites cuites à point, ni trop grillées ni trop molles. Elle voulait simplement une bonne pizza aux quatre fromages et finir avec une poire belle hélène ou une banana split nappée de crème chantilly. Il fallut arpenter le centre ville populeux de la station, lire les cartes des prestations. Une fois de plus un dilemme nous opposa, je voulais m’installer en terrasse, elle souhaitait une salle climatisée.

J’abdiquais.

À l’intérieur, la salle était plutôt bruyante, une bande de jeunes autour d’une table remplie de cadavres de bouteilles de bière, avait le verbe haut. Il était difficile de s’entendre. Nous ne dîmes rien. La carte n’était pas très étoffée, le steack douteux et la pizza sans doute sortie du congélateur semblait repoussante. De plus la climatisation un peu forte me frigorifiait. D’un commun accord nous quittâmes la gargote rapidement sans même déguster la glace qu’elle espérait.

Rentré à la location j’étais un peu lascif, j’avais envie de câlins pour oublier cette journée qui ne correspondait pas à mes attentes mais la demoiselle voulu prendre une douche d’abord, ensuite elle était trop fatiguée pour la bagatelle puis elle se plaignit de la chaleur dans le studio.

Vint le moment de choisir le côté du lit dans lequel nous dormirions. Le même tous les deux. De palabres en palabres, je proposais qu’un jour sur deux nous échangions nos places mais pour elle pas question de transiger.

J’aimais dormir les volets fermés dans le noir absolu, elle préférait dormir les volets ouverts, il lui fallait voir le ciel pour s’endormir, elle était un peu claustrophobe.

Nous nous étions rencontrés une semaine avant et juste partagés quelques bons moments à la terrasse d’un café avant de décider de partir ensemble pour une semaine au bord de la mer.

J’ai fini par crouler dans les bras de Morphée du mauvais côté du lit et les volets ouverts. J’ai ronflé comme un sonneur jusqu’à ce qu’elle me réveille en me bousculant parce que je la dérangeais. J’ai compté les voitures toute la nuit parce que je n’arrivais à trouver les moutons.

Le matin nous nous regardâmes en chien de faïence, les traits tirés par une mauvaise nuit. Les toilettes étaient dans la salle de bain qu’elle occupa pendant 35 minutes. L’idée de pisser dans l’évier de la kitchenette me traversa l’esprit mais sûr que ceci provoquerait une polémique, je m’abstins. Je dansais d’un pied sur l’autre en attendant mon tour.

En début d’après-midi la plage bondée m’effraya, elle voulait s’installer au bord de l’eau là où il y avait le plus de monde. J’aurais opté pour un transat en haut de la plage mais…

Ma seule consolation fut de la voir dans son micro bikini qui mettait son corps plus nu que nu. Elle sentait les yeux anonymes collés sur son corps et paraissait s’en accommoder. A coté d’elle dans mon bermuda à fleurs qui me descendait jusqu’aux genoux et mes tablettes de chocolat fondu je paraissais plutôt ringard.

Ses lunettes de soleil lui permettaient de loucher sur les corps des bodybuiders qui arpentaient la plage d’un bout à l’autre.

Je m’ennuyais. Les jours et les nuits passaient lentement. Nous ne parlions plus. Elle était sorti le troisième soir sans doute avec le type qui lui avait adressé la parole alors qu’ils nageaient côte à côte. Elle est revenue deux jours après chercher ses affaires et m’a dit adieu.

Je suis resté seul, content de pouvoir dormir du côté que je souhaitais, de fermer les volets entièrement, de pisser au moment ou je le voulais, de manger à la terrasse des cafés et de m’allonger sur un transat en haut de la plage.

Deux semaines avec elle auraient été un cauchemar. Je l’ai croisée au bras de son gugusse elle m’a ignoré mais j’étais content.

En tout cas l’an prochain je partirai en Club.