cyclone Berguitta

image du netIci c’est l’été mais l’été rime avec saison cyclonique. Si j’ai eu la chance de débarquer ici à la même époque de l’année et de brûler sous un soleil intense il n’en va pas de même chaque année. Doit-on dire que tout plaisir a un coût ?
J’ai essuyé quelques tempêtes l’an passé, vu des ruisseaux déborder sur la chaussée mais rien qui ne puisse m’alarmer. Sans pour cela n’être pas inquiet

Cette année, si j’ai pris quelques bains de mer le jour de Noël et plongé dans la piscine à minuit au réveillon du jour de l’an les jours qui ont suivis n’ont pas été tout roses.
En effet 2 tempêtes tropicales sont passées à proximité de l’île et ont provoqué pluies, vents et débordements, en fait depuis 15 jours nous subissons les affres de la nature. Ces tempêtes sont passées à proximité, l’une tournant en cyclone Ava qui a ravagé Madagascar et tué 51 personnes.
Pour l’heure le cyclone nommé Berguitta devrait toucher l’île entre mercredi et jeudi matin, non seulement toucher l’île mais l’œil devrait s’aventurer sur l’île, ce qui signifie vents tournants et pluies diluviennes et quelques morts a envisager.

Depuis plusieurs jours ces pluies diluviennes coulent en torrent vers le littoral, débordent sur les routes, détruisent tout sur leur passage et mettent en danger la population, glissements de terrains, effondrements de maisons, érosions des montagnes, l’île est volcanique et fragile.
La météo prévoie des vents de 200 km/h et des pluies torrentielles. Lorsque ces phénomènes surgissent l’île est aux aboies. L’eau sera coupée, déjà qu’elle est presque impropre à la consommation mais vivre sans eau est difficile lorsqu’on y est pas habitué. Les magasins sont dévalisés, je n’avais jamais vécu cela, le peur est palpable même si le Réunionnais semble optimiste.

Les arbres plient sous le vent ou tombent sur les câbles haute tension et l’électricité sera vraisemblablement coupée, toute communication vers l’extérieur sera vraisemblablement interrompue.

Dire que j’ai peur, sûrement mais qui n’aurait pas peur ?

Je vis au troisième et dernier étage d’un immeuble construit il y a 30 ans, ce qui signifie que le toit est en taule et que le vent est capable d’emporter la taule et …

Je ne suis pas en train d’essayer de recueillir vos apitoiements ni de vous faire pleurer, je n’ai pas besoin de compassion puisque mon emménagement ici est un choix délibéré, une espérance, une renaissance. Je décris simplement la situation.
Derrière celui-ci une quatrième dépression est en train de se former à l’ouest de Madagascar qui ne devrait pas pas impacter mais sait-on jamais.
Les paradis de vos vacances sont-ils des paradis pour ceux qui y vivent ?

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Symbole

Pour mon premier Noël sous les tropiques j’ai décidé de prendre de prendre un bain de mer aujourd’hui 25 décembre, ce sera la première fois de ma vie mais bien sûr c’est l’été ici et plonger dans l’océan ne présente aucune difficulté.

Auparavant pendant 63 ans j’ai vécu à Paris et là-bas à cette époque de l’année, c’est le début de l’hiver et la température est plutôt basse avoisinant les 0° Celsius tandis qu’ici à 10 heures du matin, elle frise les 30°C.

Donc de me baigner ce 25 décembre est exceptionnel voire presque symbolique.

À tous je souhaite un joyeux Noël et vous envoie quelques rayons de soleil.

Rester

Voilà l’avion a décollé sans moi hier, d’ailleurs je croyais que c’était aujourd’hui le départ. Le choix est donc fait par envie ou par oubli !

Je cherche un appartement mais c’est presque fait. Je ne sais pas comment je dois envisager l’avenir. Je suis content mais interrogatif. Prendre un appartement signifie racheter tout de la petite cuillère à l’armoire mais de toute façon je n’avais plus rien.

Alors l’avenir est devant moi.

L’ile des Le Kervadec

183256-ile-anglo-normande-herm-situeeJ’étais en nage pourtant il ne faisait pas chaud. Le travail que je venais d’accomplir n’était pas une sinécure, je venais de reboucher la sépulture de mon père.

Enfin !

J’avais charrié la terre toute la journée et j’étais épuisé. Mes cheveux couleur carotte étaient collés à mon crâne, entre transpiration, poussière et morve que j’essuyais d’un tour de bras.

Le vieux était mort sur son île à soixante-dix kilomètres du continent. Hubert Paul Le Kervadec s’était éteint il y a deux jours, à soixante-cinq ans. Une crise cardiaque l’avait stoppé dans son élan alors qu’une fois encore il allait me frapper.

J’avais quarante deux ans, sept mois et dix-huit jours et je subissais sa tyrannie depuis autant de temps. Étendu sur le carrelage, face au sol, je le relevais avec méfiance. Il avait déjà fait ce genre de comédie auparavant. Ses yeux fixes m’intimidaient. Je cherchais un souffle d’air s’échappant de son nez ou de sa bouche, en vain. Je dégrafais sa camisole pour poser mon oreille contre son cœur mais rien de plus.

Il puait le bougre.

Je me laissai aller à rire, à rire. Une crise de folie m’agita soudain. Ce que j’avais espéré depuis tant d’années se réalisait. Je pleurai pour cette délivrance. Puis je sortis me réfugier en haut de la colline, sous mon arbre effeuillé, battu par les vents. Je passai la nuit accroché à ses racines, partageant avec lui, mes secrets de famille.       

J’avais contacté la gendarmerie par télégraphe le lendemain. Mon père n’avait pas bougé. Sa raideur m’angoissait. Je me signai hâtivement pour conjurer le mauvais sort, persuadé que depuis l’au-delà, il pourrait encore me maltraiter. Cette conviction était ancrée au plus profond de moi.

Je regardais les cloportes l’escalader. De fines pattes s’agitaient dans ses oreilles tandis que d’autres bataillaient parmi les poils touffus de son nez. J’étais intrigué.

La raison n’était pas ma principale préoccupation et des rires intempestifs jaillissaient de mes entrailles. Je n’allais plus être l’esclave de cet horrible bonhomme et cette pensée si elle me réjouissait résonnait sur les murs de la bâtisse. J’étais seul, en serai-je heureux !  

Mon frère Bertrand, de cinq ans mon aîné, s’enfui vingt ans plus tôt. Il ne supportait pas notre père mais lui, contrairement à moi, ne le craignait pas. S’il était parti c’est parce qu’il avait peur que son tempérament brave l’interdit. La barque à l’eau, il erra sur l’océan jusqu’à ce qu’un navire irlandais croise sa dérive. Aux dernières nouvelles il vivait encore là-bas. Son départ me brisa le cœur, ce fut comme un arrachement. J’avais encore plus mal supporté son abandon que la mort de ma mère.

Je connaissais mieux les souterrains que mon père, ou alors il avait oublié les chatières dans lesquelles je me réfugiais mais j’entendais sa voix de stentor m’appeler et je tremblais. Il m’en souvenait, que dans mes juvéniles années la peur me faisait m’oublier dans mes pantalons que je lavais à la source avant de provoquer un inutile courroux.

Hubert Paul Le Kervadec, mon géniteur, était un rustre, un butor qui me violentait depuis toujours. Il avait fait de moi sa chose, et je subissais ce que ma mère lui refusait. Pour elle, l’isolement auquel il l’avait contraint, sur le territoire de ses ancêtres, était comme un noviciat. Elle avait préféré ignoré, détourné les yeux et se protéger plutôt que m’aider.

Elle avait peur.

Mes aïeux du côté de mon père, avait fait commerce du gingembre, important ce rhizome d’Asie. La culture de la plante avait échouée sur notre sol aride. C’était au retour d’Inde, que l’un d’entre eux croisa cette terre au milieu de nulle part, qu’il s’appropria sans que personne ne lui contesta. Marin, cet ilot battu par les vagues était son joyau en même temps que son cimetière.

 J’étais las. Les gendarmes m’avaient conseillé de l’enterrer après maints palabres. Ils n’envisageaient pas de prendre la mer pour faire les constations d’usage. Ils me laissaient seul avec mon fardeau.

Je respectais la généalogie, piochant à côté de la tombe de son père, les femmes étaient sur l’autre versant, était-ce une coutume rapportée de l’autre bout du monde ?

J’avais creusé sa tombe avec plus de facilité que je ne l’avais rebouchée. Heureusement qu’il n’y avait pas de pépérite partout. J’étais Seigneur de Bretagne à sa place, dans sa lignée et je devais de nouveau planter les armes de mes ascendants. Regarder la flamme battre au vent espérant que mon frère aurait une lignée pour reprendre cet héritage.

Les rires se mêlèrent aux larmes, ma vision se troublait. Malgré le couchant et dans le ciel bas j’aperçus ma mère, debout sur l’océan, couverte d’un linceul blanc. Elle me tendait les bras. Mon frère à ses côtés, tous deux m’imploraient de les rejoindre. Je lâchais ma pelle et descendis sur la grève. Mon cœur battait la chamade. L’eau froide n’eut aucun impact sur moi. Je nageais vers eux sans jamais les rattraper, essoufflé, je ne sentis même pas ce bras qui me tirait vers le fond. C’était mon père qui m’entraînait encore une fois.        

Ma participation à l’atelier d’écriture logo-plumes2-lylouanne-tumblr-comLes mots qu’il fallait utiliser :

carotte, arbre, cheveux, famille, ancrer, arrachement, généalogie, ancêtre, souterrain, culture, terre, île, gingembre, planter, source, esclave, jaillir, juvénile, joyau.

Battle royale de Kinji Fukasaku

Synopsis :

Dans un Japon imaginaire, les adultes redoutent les adolescents enclins à la violence et à la désobéissance. Une loi est votée du nom de Battle Royale. Elle fonctionne comme un jeu : Une classe de troisième est envoyée chaque année sur une île sur laquelle les élèves doivent s’entretuer. Il ne doit rester qu’un survivant qui pourra rentrer chez lui à l’issue du jeu.

Bien entendu les élèves y sont conduits à leur insu et les règles ne leurs sont exposées que sur place. Le professeur Kitano tue deux élèves en expliquant le fonctionnement de cette chasse à l’homme. Chacun est lâché dans l’île avec son propre bagage auquel s’ajoute un bagage un kit de survie contenant de l’eau, du pain et une arme.

Cette année deux joueurs supplémentaires participent. Le gagnant du Battle Royale d’une année antérieure et un volontaire, qui n’est là que pour tuer.

Le film :

Film japonais réalisé par Kenji Fukasaku sorti en 2001, adapté librement d’un roman de Koshun Takashi, best seller nippon.

Huit mille participants se présentèrent au casting pour être l’un des quarante deux élèves. Le célèbre réalisateur-acteur Takeshi kitano endosse le rôle du professeur Kitano.

Conflit de génération dans le film, le réalisateur et le scénariste, père et fils se sont affrontés comme chiens et chats.

Mon avis :

Quand on arrive à faire abstraction du sang le film est regardable. Il est construit comme un jeu vidéo, qui existe d’ailleurs. Chaque meurtre est original mais prévisible et ils s’enchaînent sans interruption

Un bon film pour les amateurs de violence gratuite ou un film à voir avec beaucoup de recul.

Film culte, il paraît

La presse :

« En maintenant habilement l’équilibre entre ironie et réalisme, Kinji Fukasaku livre un chef-d’oeuvre d’humour noir. » Le monde

« …d’une impeccable cruauté. »  Le parisien

« C’est évidemment original, mais le discours sur la violence l’est bien moins : la fable ne trouve pas, sur ce point quand même crucial, sa bonne mesure. » Télérama

Vu par envie et pour le Challenge du dragon 2012  

Une séparation bien utile

J’étais surpris. En rentrant la maison était déserte. Il n’y avait personne. Pas même le chat pour venir se frotter entre mes jambes en quête de ses habituelles caresses.

Sur la table de la salle à manger un petit mot écrit au feutre rouge « Nos relations sont devenues invivables, je pars. »

Je m’assis sur une des chaises autour de la table, les jambes coupées. Abasourdi. Ahuri ! Essayant de comprendre. Un vertige me prit.

– Émilie, Émilie, hurlai-je alors, en tanguant vers la chambre de ma fille. Rien, il n’y avait plus rien dans la chambre, ni son lit d’enfant, ni son coffre à jouets, ni ses peluches rien que le néant et quelques barbouillages sur les murs. La pièce renvoyait mon cri dans un écho, comme un chant tantrique qui n’en finissait pas de me percer le cœur. Émilieeeeeeeeeeeee. Lire la suite