La route des laves

L’île est volcanique et le piton de la fournaise est un des volcans les plus actifs du monde non pas parce qu’il explose mais par toutes ses coulées de lave qui débordent et recouvrent tout sur leur chemin jusqu’à augmenter la superficie du département.
Si la mer au fil du temps ronge le territoire acquis, la nature reprend ses droits et des arbres repoussent au milieu de nulle part.
C’est féérique voire stellaire.

Sur le départ

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– Alors Pépé t’as réservé ton billet ?
– Ouais gamin j’ai fait ça, un Siège Plus près de la sortie de secours.
– Pourquoi t’as les jetons ?
– P’t’être mais c’est pas pour ça.
– Pourquoi alors ?
– Ben d’abord c’est le seul endroit où t’as pas de siège devant toi, tu peux étendre tes guibolles.
– Haha tu te moques quand t’es assis t’as pas les pieds qui touchent terre.
– Très drôle ! Et puis ces places-là sont près des chiottes.
– T’as peur d’avoir la chiasse malgré tout l’Imodium que tu t’enfiles ?
– L’problème c’est qu’avec ce médicament t’as tout le temps soif et avoir soif devient suspect.
– M’dis pas que tu vas faire la passeur pour payer ton voyage.
– P’tit con !
– Tu veux un ecstasy pour planer ?
– À 36 000 pieds j’en ai pas besoin.
– Mélange pas l’ecstasy et le viagra.
– T’es trop couillon toi.
– J’peux te télécharger la bataille de Pearl Harbor sur ta tablette, ça te filera des sensations en vol.
– Tu connais ça ? T’es sans doute moins con que je pensais !
– Ben oui Pépé avec les jeux vidéos on apprend plein de choses.
– Tu me fais rire. T’as vu les japonais ils fabriquent des poupées gonflables très réalistes.
– Non j’sais pas moi je préfère la chair fraîche.
– Moi j’m’rappelle plus.
– T’es sûr que t’es content de prendre l’avion ?
– Prendre l’avion non ! Partir oui. Si j’aurais su j’aurais pris le bateau.
– Pourquoi tu l’as pas fait ?
– Mal de mer.
– Peut-être que tu devrais continuer à voyager sur Internet, ça coûte moins cher et c’est presque sans risque.
– Trop tard j’ai acheté mon billet pour Saint-Denis.
– Tu vas au stade de france ?
– Non à Roland Garros.
– C’est à la porte d’Auteuil ça !
– Non dans l’Océan Indien, c’est le nom de l’aéroport.
– Mais y a des requins Pépé par-là, fais gaffe !
– Des requins y en a ici aussi.
– Et puis mets de la crème indice 50.
– Pour surfer sur le net ?
– Tu t’arranges pas pépé. T’es sûr que tu vas prendre le bon vol ?
– Ta jalousie te rend acerbe petit.

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Ne lâche pas ma main de Michel Bussi

9782258099944Le 4eme de couve :

Un couple amoureux dans les eaux turquoise de l’île de La Réunion. Farniente, palmiers, soleil.

Un cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar.
Quand Liane disparaît de l’hôtel, son mari, Martial Bellion, devient le suspect n° 1. D’autant qu’il prend la fuite avec leur fille de six ans.
Barrages, hélicoptères… la course-poursuite est lancée au cœur de la population la plus métissée de la planète.
Et si cette chasse à l’homme, ponctuée de cadavres, dissimulait la plus redoutable des manipulations ?

Un thriller qui cogne comme un verre de punch.
A déguster vite, fort et frais.

L’auteur :

Miche Bussy est professeur de géographie à l’université de Rouen. Il a publié en 2011 aux Presses de la Cité Nymphéas noirs (Prix polar Michel Lebrun, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Polar méditerranéen, Prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, Prix Goutte de Sang d’encre de Vienne) Et Un avion sans elle en 2012 (Prix Maison de la Presse et Prix du Roma populaire.

Extraits :

« Dans la glace, j’aperçois la lame brillante dans la main de papa. Aiguisée. Pointue.

Il l’approche de ma nuque, je la sens coupante et froide.

Je me pince les lèvres jusqu’au sang.

Je tremble de peur mais je n‘ose pas prononcer un mot. Papa se tient debout derrière moi. Il doit deviner ma frousse, sentir les frissons, la chair de poule sur toute ma peau.

Papa approche encore la lame. La pointe touche mon cou cette fois. Elle, est glacée. La lame remonte jusqu’à mon oreille gauche.

Je me retiens de faire le moindre geste, je dois juste attendre sans bouger. Sans hurler. Sans paniquer.

Papa pourrait me faire mal.

Me blesser sans le faire exprès.

Mon papa n’est pas très doué.

De nouvelles touffes de cheveux tombent dans le lavabo. »

Mon avis :

Un polar qui va vite, rebondissement garanti tout au long de cette lecture. Je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer, ni celui de dormir avant d’avoir fini, avant de comprendre pourquoi. Je me suis ré-ga-lé. J’ai apprécié de trouver un polar avec des tâches de sang au coin de chaque page. Une excellente lecture, j’ai rêvé de soleil, de trekking mais aussi de trouver ce foutu assassin.

Évidemment on rencontre des choses propres à l’île, un commissaire d’origine indienne, un colonel de gendarmerie muté de métropole, un adjoint métropolitain arrivé là par hasard et qui aime les bédos et les réunionnaises charnues.

On rencontre donc des autochtones en chair, de jolies indiennes et des métropolitaines amoureuses et bafouées et une petite fille attachante. Le tout avec des requins qui surveillent.

Un agréable moment de lecture.

Le blog de l’auteur ici

La binette de l’auteur : Michel Bussy