Vous avez dit maboule ?

logoPlongée dans ses rêves elle sourit béatement. Son imaginaire lui permet de vivre une vie différente, déconnectée de la réalité. Elle se laisse guider, s’immerge, se noie dans ses illusions.
Si son quotidien est sombre, bouché ou noir, lorsqu’elle s’allonge sur le lit, que le sommeil la gagne, ses nuits deviennent des jours heureux emplis de soleil, d’un jaune rayonnant.
Parfois elle sursaute, s’éveille, crie à la farce et replonge dans sa léthargie sans demi-teinte.
Les médicaments l’abrutissent, ses hallucinations la poursuivent, l’obsèdent.
Elle sait chaque matin qu’elle a dépassé les bornes, que les ors auxquels elle songe ne sont que chimères mais c’est aussi vital pour elle qu’une bonne inspiration.
Elle a construit sa vie autour d’elle, fermant les portes, condamnant les issues, tout ça à cause d’un crétin.
Il l’a blessée, humiliée, avilie.
Elle l’aimait bien sûr mais ne comprenait pas qu’il lui renvoie ce sentiment. Elle se trouvait moche et quelconque. Elle fut surprise de son attention, s’est laissée séduire comme une idiote.
Rien qu’une bague anodine, une espèce de jonc de pacotille, même pas la facture d’un joaillier et elle s’est donnée à lui. Pire qu’une putain pense-t-elle.
Quelle honte !
Elle ne fit pas de crêpage de chignon, c’était inutile.
Elle s’est conduite comme une dinde, elle peut le dire maintenant avec le recul.
En plus il n’était ni attentionné ni particulièrement doué. Elle a souffert de son indélicatesse.
Il a eu beaucoup de mal à la soulever de son fauteuil roulant pour la déposer sur le lit, elle en rit encore aujourd’hui.
Il hurla lorsqu’elle l’étrangla.
L’infirmier passe la tête dans le regard, c’est la première fois qu’ils ont une handicapée dans ce service psychiatrique.

 Écrit pour l’atelier des mots, une histoire d’Olivia Billington

Les mot qu’il fallait utiliser : jaune – or – joailler – bague – jonc – surprise – farce – dinde – idiote – crétin – crêpage – rêve – sommeil – lit

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Oasis de Lee Chang-dong

Oasis-2002-K-MovieOasis est un film de Lee Chang-dong sorti sur les écrans en 2002. C’est pour moi l’un des plus beaux films jamais vu. C’est la troisième fois que je le visionne en 10 ans et chaque ce film me laisse complètement médusé.

Le thème est une histoire d’amour un peu particulière entre Jong-Du, un délinquant simplet au passé trouble, sortant de prison et Jong-Ju une jeune fille paralysée.

Tout d’abord un coup de chapeau à la performance exceptionnelle des acteurs, notamment à Moon So-Ri qui joue ce rôle d’une fille paralysée, c’est « énorme » comme on dit maintenant. Une préparation de plus de 2 mois pour endosser un rôle inhabituel, une mise en danger dans une carrière sans doute, mais QUEL TALENT. Je suis chaque fois bouleversé par la justesse de son interprétation.

Quant à l’acteur masculin Sol Kyung-Gu sa performance est aussi à saluer. Il dit dans le bonus, avoir eu du mal à entrer dans ce rôle parce qu’il était à des années lumières de ce qu’il est et qu’il avait du mal à l’imaginer. Mais sous la direction de Lee Chang-Dong la performance est fantastique.

Lee Chang-Dong à la réputation d’être un metteur tyrannique parce qu’il recherche l’excellence dans ses films et que pour tirer le meilleur parti de ses acteurs, il est obligé de refaire les scènes plusieurs fois tant qu’il n’en a pas tiré la performance de ses comédiens. Ce réalisateur a commis un certain nombre de film dont on parle parce qu’ils sont toujours inhabituels.

Oasis est une histoire d’amour entre un garçon, Jong-Du, récidiviste, qui sort de prison, 2 ans et demi passés derrière les barreaux pour avoir tué quelqu’un dans un accident de voiture et s’être enfui. Son casier judiciaire n’était pas vierge. Il écope de prison ferme.

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Et cette demoiselle paralysée, Jong-Ju, qui n’est autre que la fille de l’homme que Jong-Du à tué dans l’accident.

Les 2 familles sont évidemment contre cette relation hors du commun mais l’une et l’autre profitent de la condition des deux protagonistes pour tirer les ficelles d’une manière un peu honteuse.

Je n’entrerai pas dans les détails parce qu’il faut laisser à chacun le plaisir de découvrir mais ce dont traite ce film et un peu immoral, un triste constat de la société en général.

C’est la particularité de Lee Chang-Dong de traiter de sujets différents des autres dans ses œuvres.

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Synopsis de Allociné :

A peine sorti de prison, Jong-Du, un délinquant récidiviste, se retrouve à nouveau au poste de police pour ne pas avoir payé une note de restaurant. Sa famille paie sa caution et le ramène à la maison. Il est bientôt embauché et logé par son frère aîné Jong-Il, qui tient un garage. Jong-Du a été incarcéré à la place de Jong-Il qui, en état d’ébriété, a écrasé un homme et pris la fuite.
Voulant rendre visite à la famille du balayeur victime de l’accident pour lequel il a été arrêté, Jong-Du aperçoit la fille de ce dernier. Bien que paralysée cérébrale, celle-ci est abandonnée par son frère, qui déménage en la laissant seule dans un modeste appartement, sous la surveillance de voisins. Fasciné par la jeune handicapée, Jong-Du lui rend visite en cachette.

Lee Chang-Dong est né en 1954 d’avoir écrivain de pièce de théâtre, puis metteur, puis ministre de la Culture il est aussi l’auteur de Secret Sunshine dont je parlerai sans doute plus tard.

Au festival de Venise (2002) le film a obtenu :

– Le prix de la mise en scène

– Le prix Marcello Mastroianni pour Moon So-ri meilleure jeune actrice

– Le prix de la critique Internationale.

Ce film entre dans le Challenge : Printemps Coréen

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