L’invention des cendres

L'invention des cendres

Aktar tournait autour d’elle, ses narines frémissaient, la bave s’accumulait au coin de ses lèvres. Aylane était en période de fécondation, il le sentait et ça l’excitait.
Hier soir il avait essayé de la coincer contre les rochers, sans lui faire la cour, s’insinuant entre ses fesses nues. Elle l’avait repoussé d’un coup de gourdin.
Il avait rugi de colère et ses rivaux, Kahar et Cyria, se moquèrent de lui. Eux-mêmes avaient reçu des coups de gourdin la veille.
Aylane était intraitable. À quatorze ans elle n’avait pas encore d’enfant, c’était inconcevable dans le clan. Sa mère la sermonnait et ne comprenait pas pourquoi elle repoussait les mâles en rut.
Shokar le chef de la tribu était courroucé. Aktar, Kahar et Cyria lui avaient rapporté sa mauvaise conduite Une jeune fille devait accepter toutes les sollicitations des fils du clan, c’était la règle.
À l »aide de grognements, de gestes significatifs, le chef avait tenté de faire comprendre à la jeune nubile qu’elle n’avait pas le choix. Le ton monta. Shokar la gifla d’une main arthritique, Aylane se défendit et l’assomma d’un coup de gourdin.
Défier l’autorité du chef de clan était inconcevable. Shokar cria et ses pairs, lances de bois prêtes à transpercer, se précipitèrent. Les conciliabules commencèrent, Shokar voulait mettre la jeune fille au pilori pour insubordination et rébellion, certains étaient contre cette idée et prônaient la tolérance mais le chef de clan n’en démordait pas, elle s’était rebiffée et l’avait même battu.
Ils étaient tous les pères d’Aylane, c’était ainsi dans la tribu, impossible de savoir qui était le géniteur. Cette façon de faire pourrait être à la longue un véritable danger. Chacun suivant le caractère du nouveau-né s’en octroyait la paternité.
Pour l’heure le conseil des sages prenait des allures de champ de bataille. Gestes d’intimidation, cris simiesques, moulinets de bras. Le vieux Rokar excédé fit tourner son bâton dans les cendres et les flammèches brûlèrent une partie du maquillage de ses collatéraux.

« Coupez » beugla Jean-Philippe Ziegler, le réalisateur, puis aussitôt dans le porte-voix appela les pompiers et les maquilleuses. Ce film allait coûter une fortune, les problèmes surgissaient au fur et à mesure. L’adaptation de L’invention des cendres d’après le livre de J-M Hardy était un gouffre financier.
Sa jeune maîtresse dans le rôle d’Aylane était imprévisible.
À l’aube de la soixantaine par intérêt il lui avait donné le rôle, contre l’accord des investisseurs et il se sentait en mauvaise posture.

Texte écrit pour les impromptus littéraires

Monster boy : Hwayi

francecoree20152016Hwa-yi_posterHwayi est un jeune garçon, élevé par cinq pères. Où est l’erreur ? En fait il a été kidnappé pour faire pression. Un promoteur guigne l’emplacement de la maison de ses parents sans laquelle il ne peut réaliser ses rêves démentiels. L’enfant a donc été enlevé à ses parents.
Les cinq pères qui l’élèvent ne sont autres qu’un gang de mauvais garçons qui n’hésitent pas à tuer pour de l’argent. Élevé par ses pères extraordinaires Hwayi c’est son nom mais c’est aussi le nom d’une plante, est un tireur exceptionnel mais il a des phobies que ses pères n’arrivent pas à lui faire oublier.
Hwayi tue sans savoir, exhorté par ses pères. Lorsqu’il comprend ce qu’il a fait, ce à quoi il a été poussé il part en croisade contre eux.

Raconter n’est pas dire, si je le faisais ce serait juste gâcher le plaisir. C’est un film de gangster, de vengeance, avec des armes, des pistolets, des couteaux, des poursuites en voiture, du sang, c’est parfois un peu gore. Cependant il n’y a aucune scène de sexe.
Je ne saurai dire ce qui m’a attiré, attiré oui parce que j’ai visionné ce film deux fois. Sûrement parce qu’il m’a plu. Sûrement parce que c’est un bon film d’action. Sûrement parce que l’histoire tient debout.
Sûrement parce qu’il y a une morale à tout.

Le film est mené tambour battant avec tous les poncifs du genre, police corrompue, arts martiaux, fusillades, poursuites, cascades… À cela se mêle quelque chose de surprenant, ces mauvais garçons aiment, protègent, éduquent cet enfant qu’ils ont kidnappé.

C’est un excellent thriller, ça va très vite, pas le temps de s’ennuyer tellement j’ai été pris.

Le film s’appelle Monster Boy : Hwayi. Un titre qui ne me semble pas judicieux. Le film est sorti en 2013 en Corée du Sud et en 2014 en France mais directement en vidéo.

Hwayi c’est Yeo Jin-goo un jeune acteur coréen qui apparemment tourne beaucoup

Yeo Jin-gu

Depuis 2005, il enchaîne films et séries télévisés.

Seok-tae ces’t Kim Yoon-seok , né en 1967 et qui enchaine depuis 1994 films et série tv. C’est un des pères de l’enfant.

Kimb Yoon-seok

C’est un thriller sud-coréen réalisé par Park Joo-suk et produit par Lee Chang-dong qui est un écrivain, scénariste, réalisateur, producteur et fut ministre de la culture en Corée du Sud. J’ai parlé de l’un de ses films Oasis ici

Tokyo fiancée

Tokyo fiancé 1J’ai regardé ce film avec curiosité parce que j’ai lu le bouquin il y a un moment ni d’Eve ni d’Adam d’Amélie Nothomb livre qui m’avait exceptionnellement plu, pourtant je ne suis pas particulièrement attiré par cette auteure.
J’ai trouvé le film plus « sexy que le livre ou bien j’ai occulté ce côté, à la lecture ce qui me semble bien improbable. En tout cas ce film m’a bien intéressé.

Le synopsis  de Allociné :
« La tête pleine de rêves, Amélie, 20 ans, revient dans le Japon de son enfance. Elle propose des cours particuliers de français et rencontre Rinri, son premier et unique élève, un jeune Japonais qui devient bientôt son amant. A travers les surprises, bonheurs et déboires de ce choc culturel drôle et poétique, nous découvrons une Amélie toute en spontanéité et tendresse, qui allie la grâce d’un ikebana à l’espièglerie d’un personnage de manga. »

Film agréable même si a bien des égards on n’a pas tellement l’impression d’être au Japon. Comme par hasard si l’écrivaine est belge née au Japon, le réalisateur est aussi belge et j’ai eu l’impression que ce long métrage manquait un peu de japonisation. Bien sûr, on est dans un décor japonais avec des acteurs japonais mais le réalisateur n’a pas hésité à montrer le tremblement de terre et le tsunami de mars 2011 alors que le le livre fut écrit en 2007 et que les vingt ans de l’auteure datent de 1986. Oui c’est totobiographique !
Personnellement cet anachronisme m’a dérangé même s’il ne faut surtout pas oublier ce terrible cataclysme. En tout cas dans ce film il est mal venu même si l’on peut comprendre l’intenton du cinéaste.
En tout cas le choc culturel est là et bien présent. Amélie n’a pas reçu l’éducation propre aux japonaises, obéissance et servitude à l’égard des samouraïs, mais à l’inverse c’est Rinri qui semble être servile et chaque fois « sorry » à l’égard de sa maîtresse.
La particularité de la culture japonaise est que la femme est soumise à son mari mais la jeune génération refuse cet état de fait. L’homme devant gagner beaucoup d’argent pour entretenir une femme, car la japonaise est vénale, bon nombre de japonais n’ont pas les moyens et préférent vivre seuls. Ce qui a pour conséquence une diminution phéoménale du nombre de mariage et bien entendu une baisse considérable de la natalité. Un certain nombre de japonais ne pratiquent pas le sexe avant 30 ans et les japonaises refusant les codes culturels ancestraux se tournent vers l’homosexualité assouvisant ainsi leurs désirs sexuels. Paradoxalement l’industrie du sexe est hyper développée et les jeunes filles à partir de treize ans se prostituent pour un sac de marque, un téléphone dernier cri… Ainsi va le Japon  et ses contradictions !
Ce long aparté me semblait nécessaire même si ce film pour le moins, le contexte, n’est que le prémisse du du XXI ème siècle.
En tout cas un film agréable, un peu mystérieux, et la jeune belge dans le rôle d’Amélie, non pas Poulain mais Nothomb, n’est pas toujours convaincante, même nue elle s’ennuie. Quant au jeune Rinri (Taichi Inoue) le réalisateur à usé de tous les poncifs, jeune, beau et riche comme tous les asiatiques notamment les Coréens arrangés à coups de bistouri.
Le film est un bon divertissement, le parcours de d’Amélie Nothomb exceptionnel et mis à part le choc des cultures, le réalisateur Stefan Liberski n’en a fait qu’un film pseudo érotique.
À voir pour la plastique de Pauline Etienne (Amélie), à voir Pour la performance de Taichi Inoue qui ne parle pas un mot de français, à voir par curiosité sur la vie d’Amélie Poulain, à voir pour le mont Fuji.
Le véritable attrait de ce film, du livre auparavant, est le choc des cultures.

Tokyo fiancé 2PS : Concernant ma digression à propos du Japon, elle rassemble tout ce que j’ai pu lire sur le net, je n’y suis personnellement jamais allé.

Le moine film de Dominik Moll

Le moine
Le moine

Le jeune Ambrosio est abandonné à sa naissance devant un monastère. Il est recueilli et élevé par les moines et devient au fil du temps un prêcheur exemplaire.  Ses prêches sont écoutés, son jugement est implacable. Il dénonce une jeune nonne – auprès de la mère supérieure du couvent – venue se confesser parce qu’elle a commis le péché de chair. La décision est inhumaine, la nonne sera mise au cachot sans eau ni pain jusqu’à la mort ainsi que celle de l’enfant qu’elle porte.

Un jeune homme, défiguré, Valério, souhaite se cloîtrer au monastère. Il n’est autre, qu’une jeune femme éperdue d’amour pour le père Ambrosio.

À son tour l’ecclésiastique succombera au péché de chair entre les bras de ce moinillon.  Mais il sera surpris par un moine qui menace de le dénoncer dès le lendemain à toute la confrérie, celui-ci perdra la vie – après avoir proféré sa menace – assommé par une gargouille qui s’est détachée de l’édifice.
Non content de péché, le Père Ambrosio veut posséder la jeuen Antonia, qui lui a demandé d’aider sa mère…

LeMoineLe moine est un film franco-espagnol de Dominik Moll. C’est une adaptation du roman de Matthew G. Lewis écrit en 1796.
Vincent Cassel est excellent dans ce rôle, c’est une prestation énAUrme, un rôle en or aussi singulier que celui de son père, Jean-Pierre, dans « Le mouton enragé » (film de Michel Deville en 1974).
Je n’ai pas reconnu Géraldine Chaplin dans le rôle de la Mère Supérieure qui condamne la nonne Agnès au cachot.
Sergi Lopez est un diabolique dans ce film. c’est vrai qu’il a un gros passif de prestation à connotation sexuelle.

Allociné raconte que : « Dès sa parution en 1796, Le Moine provoque un scandale. Alors âgé de 19 ans, Matthew G. Lewis livre un roman dans la pure tradition gothique et règle au passage ses comptes avec l’Eglise catholique en évoquant le parcours d’un Frère Capucin qui cède à ses pulsions sexuelles. Le succès est tel que le roman va influencer bon nombre d’auteurs, aussi bien les romantiques (Hugo, E.T.A. Hoffmann), que les surréalistes (Breton). »

19752385.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxC’est un film de 2011 que j’ai eu envie de visionner après avoir lu un billet chez Rebecca.

Si j’en parle c’est parce que c’est un film que j’ai trouvé excellent, une prestation grandiose de Vincent Cassel, des critiques assez bonnes dans l’ensemble de la presse et des téléspectateurs.

Et comme j’ai un vocabulaire d’enfer je dirai que j’ai été scotché par l’atmosphère de la mise en scène.

Bad guy de Kim Ki-duk

bad guyBad guy est le 7eme film du réalisateur Sud-Coréen  KIm Ki-duk, tourné en 2001 il est sorti sur les écrans en 2002. Ce dernier comme beaucoup d’autres films de KIm Ki-duk a reçu quelques récompenses internationales, à savoir :

* Le prix du meilleur film au Festival International de Catalogne en 2002

* Le prix de la meilleur actrice pour Seo Won, lors des Grand Bell Awards en 2002.

L’histoire commence ainsi :

Han-gi remarque une jeune fille impatiente assise sur un banc. Il s’assied auprès d’elle et quand son petit ami arrive, Han-gi embrasse la fille. Tabassé par la foule et des militaires, ces derniers lui demandent de s’excuser auprès de la jeune fille, il ne dit pas un mot et la jeune fille, folle de rage, lui crache au visage.
Mais Han-gi est un petit proxénète, il a vite fait de monter une embrouille pour que la jeune fille, Sun Wha, tombe entre ses griffes.

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Dans ce film encore, la prostitution est à l’honneur. Mais aussi étrange que cela puisse paraître Kim Ki-duk nous raconte une histoire d’amour,  et quelle histoire d’amour ! Un histoire aussi facile que celle de Roméo et Juliette.

Comme dans chaque film du réalisateur, ce long métrage comporte des scènes de violence et est filmé de façon à ce qu’un climat glauque domine l’atmosphère du film. C’est bien sûr un excellent film, avec des acteurs fascinants. Kim Ki-duk a la réputation d’être un tyran pour les comédiens parce qu’il attend d’eux des performances exceptionnelles et que certaines scènes ne peuvent être tournées qu’en une seule prise.

La fin du film a été jugée scandaleuse en Corée du Sud, d’ailleurs le metteur en scène a contre lui toutes les organisations féministes qui lui mènent la vie dure dans son pays. La séance confidence que je laisse passer est que le proxénète, Han-gi est autiste. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le film est muet mais que le regard est prépondérant dans ce long métrage, regards de visu, regards derrière une glace sans teint, autant dire que le film possède une force visuelle exceptionnelle.

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Le rôle de Han-gi est assumé par Cho Jae-young avec le crâne rasé dans ce film qui lui donne un vraiment un air de bad guy. Sun Wha, la jeune fille est interprétée par Seo Won qui a reçu une prix d’interprétation.

C’est un film que j’aime beaucoup, je l’ai vu deux fois au cours de ces cinq dernières années. Les acteurs sont fabuleux, ils portent le film par leur jeu puisque les dialogues ne sont pas le point fort. Le film est insupportable parfois, coups, viol, voire choquant mais c’est une histoire extraordinaire au propre sens du terme.

Kim Ki-duk est un réalisateur Sud-Coréen au parcours atypique. Il est né en 1960 et vit dans un village de montagne. Il quitte ses montagnes pour entrer au lycée de Séoul à 9 ans qu’il quittera à 17 ans pour être ouvrier agricole, travail qu’il fera durant 3 ans.  Ensuite il s’engage 5 ans dans la marine. Après ces cinq années de vie militaire, il passe 2 ans dans un monastère pour être moine suivies d’un exil pendant un an en France. De retour en Corée du Sud en 1993, il sortira son premier film en 1996.

À ce joir, Kim Ki-duk à réalisé 19 films.

Kim-Ki-Duk

Le trailer :

L’excellente musique du générique :

Divagation

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-comLe serpent venimeux était à ses pieds, la tête dressée surveillant le danger. La Reine gémissait devant son miroir essayant de repousser les atteintes du temps. La nature lui avait légué un corps sulfureux que l’âge reprenait peu à peu malgré ses efforts.

Pour elle, la beauté se mesurait au nombre de conquêtes dont elle abusait. Sentir sur son corps, les mains ensorceleuses de ses amants éphémères, était un plaisir indicible dont elle ne savait se passer.

Sur un signe d’elle, le reptile sacrifiait le soupirant. Comme une déesse guerrière, elle regardait la vie quitter sa proie. La morsure rouge virait au noir, la victime convulsait alors que la vie s’enfuyait.

La musique de « My foolish heart » de Bill Evans le tira de ses rêveries. L’artiste au piano exécutait un de ses morceaux préférés. Lorsqu’il ouvrit les yeux, le générique d’un film défilait, la lumière s’alluma et les gens autour le bousculaient pour se diriger vers la sortie.

Hagard, le temps de retrouver ses esprits il ne bougeait pas.

Il était dans une salle de cinéma et ne se souvenait pas de ce qu’il y faisait ni du film qu’il était censé visionner. Cette histoire de mante religieuse qui lui hantait l’esprit ne l’intéressait en rien. Au gros dur qui lui écrasa le pied sans délicatesse il planta son 45 dans le nombril, la face joufflue vira au rouge tandis que des remugles pestilentiels lui vinrent aux narines.

Etonné il regarda l’arme sans comprendre. Instinctivement il défit le chargeur, deux balles manquaient. Ses propres gestes l’interpellaient. Il suivit le générique jusqu’au bout, lisant chaque nom comme s’il devait lui rappeler quelque chose. Plus personne n’était dans la salle, seul face à l’écran, une main sur les tempes à la recherche de ses souvenirs, il était préoccupé.

Lorsqu’il quitta le Kinorama par un dédale d’escaliers et de couloirs sans fin, la pluie battait son plein, le ruissellement de l’eau dans le caniveau attira son regard, un bouquet de fleurs encore entouré de cellophane gisait par terre, un couple venait de se séparer.

Deux hommes l’encadrèrent, glissèrent un bras dans le sien. De chaque coté du corps, il sentit le canon d’une arme qu’on pressait sur ses chairs, « Suivez-nous »  furent les seuls mots qu’on lui dit. Il n’opposa pas de résistance.

On l’aida à se glisser à l’intérieur de la Peugeot, le véhicule démarra promptement.

Au pied du Palais Présidentiel, Bernadette l’accueillit.

— Jacques voulez-vous faire une promenade nocturne avant d’aller vous reposer ? demanda-t-elle.

— Oui j’aimerai bien voir mes canards avant d’aller dormir.

— Monsieur le Président peut-il me remettre le colt 45 ? demanda avec déférence le garde du corps, tendant la main.

Il s’exécuta un large sourire aux lèvres.

Assis sur un banc plongé dans ses contemplations Jacques ne s’était pas rendu que les anatidés n’étaient pas au rendez-vous.

— Dites-moi Jacques cet après-midi dans la peau d’un amnésique armé vous a ravi ?

— J’ai bien aimé. J’ai senti comme une bouffée d’adrénaline lorsque je faisais la queue au cinéma et puis ce gros con à qui j’ai collé mon flingue dans le bide m’a procuré un plaisir inouï. C’était jouissif.

— Soyez poli Jacques voyons !

— Vous savez Maman j’aimerai bien retourner au Japon pour assister une fois de plus à un combat de Sumos.    

— Sans moi Jacques vous savez cet étalage de bidoche me déplait.

— Mais je vous initierai Maman à cet art. Vous connaissez ma passion pour ce pays.

— Allons dormir Jacques il est temps.

— Est-ce que vous croyez que le petit Nicolas lorsqu’il prendra ma place saura s’occuper de mes canards ?

Elle ne répondit pas. La nuit était plus qu’avancée, la rosée brillait sous la couleur blafarde de la lune. Demain il faudra faire les valises.

Jacques souriait il allait enfin pouvoir regarder les femmes dans la rue depuis la fenêtre de son appartement.

Adieu le protocole, enfin !

Ecrit pour l’atelier d’écriture d’Asphodèle les mots qu’il fallait insérer :

Miroir, nature, nocturne, lumière, vénéneux, délicatesse, piano, contemplation, ensorceleur, temps, bouquet, éphémère, intérieur, sulfureux, déesse, rouge, couleurs, ruissellement, ravir, rosée.

PS: erreur sur le sens du mot vénéneux qui ne figure pas dans ce texte parce que je l’ai remplacé par venimeux suite aux conseils avisés qui m’ont été adressé.