Six ans

WordPress m’a rappelé, il y a quelques jours, que mon blog était en activité depuis six ans, je n’y pensais pas à vrai
Certes je l’ai quelques peu laisser-aller ces dernières années mais j’ai toujours la rage d’écrire et j’ai un projet en cours, de longue haleine auquel je me tiens.
Je me suis établi en Outre-Mer, d’abord pour être après de ma fille mais les îles m’attiraient depuis de nombreuses années et j’ai trouvé l’occasion idéale. Aujourd’hui j’ai mon appartement, je suis posé malgré toutes les difficultés qu’on peut rencontrer lorsqu’on recommence sa vie à zéro.Mais j’écris.
J’ai commis un certain nombre de textes ces six années et lorsque je me relis je les trouve soit bons mais soit carrément mauvais cependant j’assume.
Si l’écriture m’est venue à l’esprit, c’est sans doute parce que ma vie s’y est prêtée, je n’ai aucune formation littéraire et la première chose qui m’est venue à l’esprit fut d’écrire ma biographie que je n’ai montré à personne parce qu’elle n’a pas d’intérêt, sauf peut-être à titre posthume et seulement, peut-être, pour mes enfants ou petits-enfants.
Écrire nécessite d’être seul afin de pouvoir y consacrer quelques heures et se soumettre à une certaine régularité, personnellement j’écris à trois heures du matin comme à midi et je sais que m’obliger, me forcer, n’est pas la meilleure méthode.
Mon crédo c’est l’envie.
Je me suis prêté, au cours de ces années, à quelques ateliers d’écriture avec plaisir ; ateliers qui forçaient mon imagination pour lesquels j’ai pond u des textes drôles, sérieux, bons ou mauvais mais qui correspondaient à mon état d’esprit du moment.
Je ne regrette rien.
La blogosphère est une monde difficile qui nécessite beaucoup d’investissement parce qu’il faut rendre ce que l’on nous donne et si une faiblesse quelconque intervient, manque de temps pour commenter les blogs amis, manque de motivation parce que des des problèmes existentiels interfèrent, les lecteurs fondent comme neige au soleil.
En tout cas si ce blog existe toujours c’est grâce à vous, qui passez par ici, la moindre chose est de vous remercier, ce que je fais avec plaisir.

Gen-Pi

Naturisme

Image du net
Image du net

Elle répond au doux nom de Gen-Pi mais quoi qu’il en soit elle vit dans l’hexagone. Tout comme les autres elle aime les caresses et je ne l’en prive pas.
Elle manifeste sa bonne humeur chaque fois que je passe la main sur elle. Elle se redresse ou se laisse aller à ces flatteries.
Quoi qu’il en soit j’aime la flatter et je devine ou ose espérer qu’il en est de même pour elle.
Nos manières d’être ensemble ou nos façons d’y parvenir sont assez naturelles et ne nécessitent pas qu’on les étale.
Mais puisqu’il n’en a jamais été question jusqu’ici autant dire que je l’aime et je m’oblige à croire qu’à toutes les onomatopées qu’elle laisse échapper, le plaisir est partagé.
Je fais en sorte qu’elle soit heureuse et si toute les bousculades que je lui inflige sont parfois un peu rudes, il faut dire que c’est pratique courante dans mon éducation.
Elle a le poil court et rêche, impossible de le prendre à contresens sans en subir les conséquences.
Rien que de la voir vous fuiriez à grandes enjambées. Son poids est conséquent et inutile de parler de ce régime « Comme j’aime » sans qu’elle vous rentre dedans. Ses kilos elle y tient et ils font tout son charme.
Poser ma tête sur son bidon tout rondouillard est un grand moment que je ne partagerai avec personne, tout comme lécher ses tétines.
Lorsque nous sommes sous le jet d’eau après nous être étalés un peu partout, c’est un moment savoureux. Néanmoins toutes nos odeurs nous échappent et c’est regrettable.
Je suis persuadé qu’on aime avec tous les sens : la vue, le toucher, l’odorat, l’ouïe et le goût. Je l’aime à l’aveugle, je la sens sans la voir… et pour le reste je resterai discret.
Je suis un peu plus jeune qu’elle mais chez moi l’adage reste d’actualité : « C’est dans les vieux pots qu’on fait la bonne soupe. »
Lorsque je fourrage entre ses cuisses sa peau toute rose m’escagasse les sens, j’en suis fou. Gen-Pi est une cochonne autant le dire et elle aime se faire désirer. Elle n’hésite pas à me précéder et à balancer sa partie charnue. Elle aime que je la convoite. Elle aime se sentir irrésistible.
J’en suis fou. Elle me rend dingue.
Plus je me conduis comme un cochon plus elle est heureuse, plus elle remue sa queue en tire2cr-bouchon.
Mais j’en ai marre de toutes ces mains qui la caressent au Salon de l’Agriculture.

Écrit pour les Impromptus Littéraires

Le thème de la semaine :

Mettez un coup de projecteur sur l’animal de votre choix. 
Qu’il soit à poils ou à plumes, à deux, quatre ou mille pattes, à chair froide ou chaude, sauvage ou de compagnie, réel ou imaginaire, donnez-lui le premier rôle, le bon ou le mauvais. 
Vous opterez pour le style et le genre littéraire de votre choix.
Montaigne disait : « Il se trouve plus de différence de tel homme à tel homme que de tel animal à tel homme. » ; La Fontaine en a fait son œuvre…

Le fusil de chasse de Yasushi Inoue

Le livre commence ainsi :
9782253059011-TUn jour, il m’arriva de donner au Compagnon du Chasseur (cette modeste revue publiée par la Société des Chasseurs du Japon) un poème intitulé Le fusil de chasse.
Ce poème parle d’un homme que le narrateur a croisé. Il s’attend à quelques commentaires, en vain  Que diriez-vous si je vous avouais que l’homme dont vous avez parlé dans votre poème  n’est personne d’autre que moi […] Aujourd’hui, pour la première fois, j’admire profondément la perspicacité peu commune des poètes.
Puis il ajoute ,
J’ai ici trois lettres qui me furent adressées. J’avais l’intention de les brûler, mais, après avoir lu votre excellent poème, j’ai cru devoir vous les montrer […] je serai heureux que vous les lisiez à loisir. Je ne vous demande que de les lire. Je ne désire rien de plus.

La première lettre qui lui fut adressée est celle de Shoko. Elle apprend à Misugi qu’elle a lu le journal intime de sa mère juste avant sa mort et qu’elle a découvert la relation qu’il entretenait avec elle.
Si je devais vous dire ceci de vive voix, comme cela me serait difficile ! Sans compter ce que ma tentative pourrait avoir de pénible.
Puis elle continue
Ce que je sais de votre relation avec Mère montre qu’il s’agissait d’un amour que nul n’approuve et que nul ne saurait approuver.
Misugi est marié avec Midori, qui accompagne Saïko la mère de Shoko jusqu’à la mort. Si Shoko remercie Josuke de s’être occupé de toutes les formalités pour les obsèques de sa mère, elle les prie, lui et Midori, de disparaître de sa vie.

La seconde lettre est de Midori, femme de Misagi, qui sans détour lui propose
Quand nous jetons un regard sur le passé, notre mariage, qui n’existe que de nom, semble avoir duré trop longtemps, n’est-ce pas ? Alors n’as-tu pas envie d’en finir une fois pour toutes ?
Mais si elle lui parle de sa vie dissolue elle l’informe qu’elle n’ignore rien de sa liaison avec Saïko depuis qu’elle les a surpris treize ans plus tôt
Je me rappelle t’avoir aperçu, dans ton costume gris, sur une falaise, en contrebas de ma chambre […] Quelle fut ma douleur lorsque ce haori de soie, orné de chardons brillants, frappa mon regard. Celle qui portait ce vêtement, une grande et belle femme, s’est approchée de toi. Je ne m’étais pas attendue à ce que mon pressentiment se vérifiât aussi exactement… »

Le dernier geste qu’elle aura pour son mari sera d’assortir ses cravates à ses costumes avant de quitter la maison.

La troisième lettre, celle de Saïko, sa maîtresse, commence ainsi :
Quand tu liras ces mots, je ne serai plus.[…] Quelle étrange chose qu’une lettre posthume ! Même si la vie enfermée dans cette lettre ne doit durer que quinze ou vingt minutes, oui, même si cette vie doit avoir cette brièveté…
Puis elle se souvient
Quand tu m’as dit : « Ne veux-tu pas m’empêcher de tromper Midori aussi longtemps que nous vivrons ? », je t’ai répondu sans hésiter : « Puisque nous ne pouvons éviter d’être des pêcheurs, soyons au moins de grands pêcheurs. Et aussi longtemps que nous vivrons, nous tromperons non seulement Midori mais encore tout le monde.»
Puis elle raconte que lorsque Midori est venue l’après-midi, elle portait le haori de soie et qu’elle dit
C’est le haori que vous portiez quand vous vous trouviez avec Misugi, à Atami n’est-ce pas ? Je vous ai vus tous deux ce jour là

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Que dire d’autre ? C’est écrit dans le plus pur style japonais. C’est un livre jouissif pour ne pas dire un chef d’œuvre.  Une conte de la vie, magnifiquement écrit. Les japonais ont un art de l’amour, une science du sexe assez peu égalée dans le monde. Ce livre d’une centaine de page est un bijou de a littérature japonaise.

Yasushi Inoue est un écrivain du siècle dernier, 1907 – 1991, fils de chirurgien, élevé par sa grand-mère, une ancienne geisha, peut-être sont-ce là les fondements de son rapport avec les femmes !

C’est un écrivain prolixe et ce petit roman de 88 pages est un bijou que je conseille les yeux fermés.

Espièglerie

Image France Soir Web
Image France Soir Web

La page blanche le tourmentait. Il avait beau se torturer l’esprit les seuls mots qu’il arrivait à coucher sur le papier semblaient insipides, sans signification, sans résonance.

Depuis qu’il se vautrait dans cette vie de noctambule son éditeur le poursuivait. Il lui avait pourtant promis jubilation, allégresse à faire partie de l’élite mais qu’en était-il ?
Certes il engrangea de l’argent, beaucoup d’argent. La découverte de cette nouvelle façon de vivre le séduisit de prime abord. L’argent était synonyme de dépaysement mais aussi et surtout de filles, d’alcool et de nuits d’ivresse. Une vie magnifique certes où des myriades de choses clinquantes scintillaient, où les sourires condescendants s’illuminaient où la recherche des plaisirs débridés était un peu exagérée.
Argent. Maudit argent qui l’avait conduit dans cette fange, dans ce marais dans lequel il se débattait.
Certes il avait des regrets dans ces moments de lucidité mais pas celui d’avoir trop d’argent, il avait simplement l’impression d’avoir vendu son âme au diable, de s’être plongé dans une boue abjecte qui le dégoutait.
L’argent l’avait dégradé.
Il était temps de se remettre en question, de sortir de la tempête. Certainement qu’il avait besoin de repos et qu’il devait tourner le dos à ces débauches d’imprévus.
Un regain de sagesse l’inondait ce matin. Le nez dans la tartine de confiture, il estima qu’il était enfin temps de réagir, las de confondre le soleil et la lune, le bleu du jour ou celui de la nuit, la fille qui était dans son lit ce matin avec celle d’un autre jour.
Il voulait des rêves dans sa vie, des petits riens mis bouts à bouts. Il voulait de l’amour, du sexe désiré. Il voulait encore s’émerveiller devant ces champs d’hélianthes, courir de la mer jusqu’à la montagne, regarder la brume se lever sur l’océan, respirer le même air qu’elle.
Il faisait des bonds sur sa chaise ce matin, il lui fallait vite s’assoir devant sa vieille machine à écrire, enfiler une page blanche qu’il allait remplir de la sorte :
« La roue battait son plein, chaque soir Marla, Bob, Glen taillaient la route pour se rendre sur la dune. La mustang et ses 12 cylindres aspiraient l’asphalte. Le pack de Budweiser entre les jambes Marla distribuait les canettes au fur et à mesure que les
miles défilaient.
Bien sûr qu’elle couchait indifféremment avec l’un où l’autre, ou les deux. Cela avait si peu d’importance. La recherche du plaisir étant la seule alternative ou bien la chasse à l’ennui où la honte.
Même l’église prouvait son indifférence. Le pardon, la tolérance agitaient les esprits pourvu que les âmes soient réceptives et le porte-monnaie généreux »

                                                                                                                      La suite du texte peut être lu mais ce n’est pas une nécessite

Textes écrits pour les plumes de notre amie Asphodèle sur son blog : Les lectures d’Asphodèle…

La liste des mots qu’il fallait utiliser, j’ai utilisé les deux listes à deux mots près :

regrets, engranger, boue, repos, découverte, hélianthe, regain, bond, imprévus, recherche, espièglerie, confiture, allégresse, jubilation, noctambule, brume, respirer, dépaysement, magnifique, bleu, marais, maudit, myriade.

Rien, sourire, montagne, déménagement, soleil, question, sagesse, océan, ivresse, tempête, lune, rêve, emménager, mer