Challenge Coréen avec Decrescenzo editeurs

km-3J’ai été approché par Decrescenzo éditeurs il y a plus d’un an, après la sortie d’un nouveau livre de Lee Seung-u auteur de La vie rêvée des plantes que j’avais chroniqué sur mon blog, livre qui m’avait particulièrement touché et que je conseille à tout un chacun de lire.
Franck de Crescenzo m’a contacté et m’a proposé de m’envoyer un nouveau livre de ce même auteur, ce que j’ai accepté illico presto.
Decrescenzo éditeurs est le premier éditeur de livres coréens en France. Franck en assure la direction.
Jean-Claude, de la même famille, est Maître de Conférences en civilisation de la Corée à l’Université d’Aix-Marseille.
Hye-gyeong Kim-de Crescenzo, femme de Jean-Claude est bien entendu Maître de Conférences en langue coréenne dans la même université et traductrice pour les éditions.
Qui mieux qu’eux (devrai-je écrire en Hangeul ?) pourrait traduire et nous faire connaître la littérature du pays du Matin Calme mieux qu’ils ne le font ?
Decrescenzo publie aussi une revue trimestrielle du nom de Keumaldang dans laquelle ils perpétuent la tradition coréenne.
Franck m’a adressé la revue numéro 03 de l’été 2015 intitulée Éloge de la lenteur, que vous pouvez retrouver sur le site de l’éditeur. On y trouve un texte de Haemin, une étude de Lee Kyung-hun et bien d’autres textes ou études permettant de s’imprégner d’une culture différente de la nôtre.
Non content de cela Franck m’a proposé de choisir le livre que j’aurais envie de lire et j’ai opté pour un livre de Han Kang dont le titre est Pars, le vent se lève dont voici la Pars-le-vent-se-lève-1ere-de-couvquatrième de couverture :
« Quelle est la frontière entre la vérité et le mensonge, le présent et les souvenirs qui s’entrechoquent ? Lorsque sa meilleure amie, une jeune femme peintre, meurt dans un accident de voiture, Jeong-hee, la narratrice, est confrontée à un critique d’art qui prétend que la jeune femme, en réalité, s’est suicidée. Jeong-hee ne croit pas à ce suicide et découvre au cours d’une enquête parfois dangereuse et digne d’un détective, la fragilité de son amie et la souffrance dans laquelle elle a vécu.
Cette recherche nous emmène à travers Séoul, dans l’hiver coréen, dans l’intimité du milieu artistique et le lecteur pénètre, par petites touches, dans une société à la fois proche et lointaine.
Pars, le vent se lève est un livre plein de poésie et de tendresse, par lequel l’auteure nous dit que le plus important, c’est de vivre. »
La Corée sera à l’honneur au salon du livre 2016 et bien entendu rencontrer Franck, Jean-Claude et Hye-gyeong sera, en dehors de découvrir les auteurs présents, un des buts de ma visite au salon.

coreelogo2Le blog du challenge est ici : Challenge Coréen

Monster boy : Hwayi

francecoree20152016Hwa-yi_posterHwayi est un jeune garçon, élevé par cinq pères. Où est l’erreur ? En fait il a été kidnappé pour faire pression. Un promoteur guigne l’emplacement de la maison de ses parents sans laquelle il ne peut réaliser ses rêves démentiels. L’enfant a donc été enlevé à ses parents.
Les cinq pères qui l’élèvent ne sont autres qu’un gang de mauvais garçons qui n’hésitent pas à tuer pour de l’argent. Élevé par ses pères extraordinaires Hwayi c’est son nom mais c’est aussi le nom d’une plante, est un tireur exceptionnel mais il a des phobies que ses pères n’arrivent pas à lui faire oublier.
Hwayi tue sans savoir, exhorté par ses pères. Lorsqu’il comprend ce qu’il a fait, ce à quoi il a été poussé il part en croisade contre eux.

Raconter n’est pas dire, si je le faisais ce serait juste gâcher le plaisir. C’est un film de gangster, de vengeance, avec des armes, des pistolets, des couteaux, des poursuites en voiture, du sang, c’est parfois un peu gore. Cependant il n’y a aucune scène de sexe.
Je ne saurai dire ce qui m’a attiré, attiré oui parce que j’ai visionné ce film deux fois. Sûrement parce qu’il m’a plu. Sûrement parce que c’est un bon film d’action. Sûrement parce que l’histoire tient debout.
Sûrement parce qu’il y a une morale à tout.

Le film est mené tambour battant avec tous les poncifs du genre, police corrompue, arts martiaux, fusillades, poursuites, cascades… À cela se mêle quelque chose de surprenant, ces mauvais garçons aiment, protègent, éduquent cet enfant qu’ils ont kidnappé.

C’est un excellent thriller, ça va très vite, pas le temps de s’ennuyer tellement j’ai été pris.

Le film s’appelle Monster Boy : Hwayi. Un titre qui ne me semble pas judicieux. Le film est sorti en 2013 en Corée du Sud et en 2014 en France mais directement en vidéo.

Hwayi c’est Yeo Jin-goo un jeune acteur coréen qui apparemment tourne beaucoup

Yeo Jin-gu

Depuis 2005, il enchaîne films et séries télévisés.

Seok-tae ces’t Kim Yoon-seok , né en 1967 et qui enchaine depuis 1994 films et série tv. C’est un des pères de l’enfant.

Kimb Yoon-seok

C’est un thriller sud-coréen réalisé par Park Joo-suk et produit par Lee Chang-dong qui est un écrivain, scénariste, réalisateur, producteur et fut ministre de la culture en Corée du Sud. J’ai parlé de l’un de ses films Oasis ici

Bad guy de Kim Ki-duk

bad guyBad guy est le 7eme film du réalisateur Sud-Coréen  KIm Ki-duk, tourné en 2001 il est sorti sur les écrans en 2002. Ce dernier comme beaucoup d’autres films de KIm Ki-duk a reçu quelques récompenses internationales, à savoir :

* Le prix du meilleur film au Festival International de Catalogne en 2002

* Le prix de la meilleur actrice pour Seo Won, lors des Grand Bell Awards en 2002.

L’histoire commence ainsi :

Han-gi remarque une jeune fille impatiente assise sur un banc. Il s’assied auprès d’elle et quand son petit ami arrive, Han-gi embrasse la fille. Tabassé par la foule et des militaires, ces derniers lui demandent de s’excuser auprès de la jeune fille, il ne dit pas un mot et la jeune fille, folle de rage, lui crache au visage.
Mais Han-gi est un petit proxénète, il a vite fait de monter une embrouille pour que la jeune fille, Sun Wha, tombe entre ses griffes.

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Dans ce film encore, la prostitution est à l’honneur. Mais aussi étrange que cela puisse paraître Kim Ki-duk nous raconte une histoire d’amour,  et quelle histoire d’amour ! Un histoire aussi facile que celle de Roméo et Juliette.

Comme dans chaque film du réalisateur, ce long métrage comporte des scènes de violence et est filmé de façon à ce qu’un climat glauque domine l’atmosphère du film. C’est bien sûr un excellent film, avec des acteurs fascinants. Kim Ki-duk a la réputation d’être un tyran pour les comédiens parce qu’il attend d’eux des performances exceptionnelles et que certaines scènes ne peuvent être tournées qu’en une seule prise.

La fin du film a été jugée scandaleuse en Corée du Sud, d’ailleurs le metteur en scène a contre lui toutes les organisations féministes qui lui mènent la vie dure dans son pays. La séance confidence que je laisse passer est que le proxénète, Han-gi est autiste. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le film est muet mais que le regard est prépondérant dans ce long métrage, regards de visu, regards derrière une glace sans teint, autant dire que le film possède une force visuelle exceptionnelle.

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Le rôle de Han-gi est assumé par Cho Jae-young avec le crâne rasé dans ce film qui lui donne un vraiment un air de bad guy. Sun Wha, la jeune fille est interprétée par Seo Won qui a reçu une prix d’interprétation.

C’est un film que j’aime beaucoup, je l’ai vu deux fois au cours de ces cinq dernières années. Les acteurs sont fabuleux, ils portent le film par leur jeu puisque les dialogues ne sont pas le point fort. Le film est insupportable parfois, coups, viol, voire choquant mais c’est une histoire extraordinaire au propre sens du terme.

Kim Ki-duk est un réalisateur Sud-Coréen au parcours atypique. Il est né en 1960 et vit dans un village de montagne. Il quitte ses montagnes pour entrer au lycée de Séoul à 9 ans qu’il quittera à 17 ans pour être ouvrier agricole, travail qu’il fera durant 3 ans.  Ensuite il s’engage 5 ans dans la marine. Après ces cinq années de vie militaire, il passe 2 ans dans un monastère pour être moine suivies d’un exil pendant un an en France. De retour en Corée du Sud en 1993, il sortira son premier film en 1996.

À ce joir, Kim Ki-duk à réalisé 19 films.

Kim-Ki-Duk

Le trailer :

L’excellente musique du générique :

Samaria de Kim Ki-duk

Drame Sud-Coréen de Kim Ki-duk

Drame de 95 mn

Sortie sur les écrans en 2004.

 Samaria

 Synopsis DVD :

Yéo-jin, une adolescente, vit seule avec son père et aide sa meilleure amie Jae-young, qui se prostitue, à gérer sa clientèle. L’objectif des 2 jeunes filles : réunir assez d’argent pour s’offrir un voyage en Europe. Mais Jae-young s’attache facilement aux hommes qu’elle rencontre, ce qui déplait vivement à Yéo-jin. Au final, rien ne se déroulera comme elle l’avait prévu.

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 Comme à son habitude Kim Ki-duk dénonce, il s’agit ici de la prostitution des mineures. Le film est dérangeant voire assez violent, comme bon nombre de films de Kim Ki-duk.

Le film se déroule en trois parties avec trois personnages principaux.

– Dans la première Jae-young va à l’hôtel avec ses clients tandis que Yéo-jin guette la police qui traque les prostituées mineures. Jeune fille angélique au sourire pervers Jae-young vend son corps à des hommes mûrs. Le thème de cette partie est la prostitution et la pédophilie.

– Dans la deuxième Yéo-jin recherche tous les clients de Jae-young leur offre son corps et leur rend l’argent amassé, le côté bon samaritain qui donne le titre au film. Dans cette partie le thème abordé est la rédemption tant celle de la jeune prostituée que celle des clients.   

– Dans la troisième partie, le père poursuit sa fille lorsqu’il découvre son activité. La vengeance se met en route, le père est catholique et ne pardonne à personne.      

Le père

Évidemment raconté de la sorte ce film peut sembler étrangement inintéressant mais faire autrement serait ôter une certaine saveur au long métrage. La fin est inattendue, violente, impensable.

Comme souvent chez Kim Ki-duk le film est lent. Kim Ki duk

Pour Fréderic Strauss dans Télérama : « Le film termine dans un no man’s land, décor parfait pour une histoire qui refuse les repères et joue sur l’indéfinissable. Son propos est en partie indécidable, même s’il est d’abord question de la difficulté de quitter l’enfance. C’est dit avec presque trop de retenue. Mais dans une atmosphère entêtante. »

Le fim est un film petit budget tourné en 10 jours, caméra sur l’épaule. Kim ki-duk en dehors de la réalisation est monteur, chef décorateur et producteur exécutif du film. Les actrices sont de jeunes actrices et Yéo-jin a réellement pleuré sur le tournage notamment la scène de l’hôpital parce que le rôle était très difficile, dixit le bonus du film.

À noter, la prostitution est un sujet taboue en Corée du sud, il n’y a pas d’éducation sexuelle dans ce pays. Kim Ki-duk avec le regard qu’il porte sur les femmes est détesté par toutes les féministes de son pays. D’ailleurs sa notoriété en Corée n’est due qu’à la reconnaissance internationale du réalisateur.

La prostitution et la pédophilie sont des thèmes qu’il aborde aussi dans Bad guy (2001) et dans L’arc (2005) deux de ses autres films.

 

 

Le film a reçu l’Ours d’Argent pour le meilleur réalisateur au Festival international du film de Berlin en 2004.

 Ici mon avis sur l’excellent film de Kil Ki-duk : Printemps, été, automne, hiver …et printemps

Film entrant dans le challenge Printemps coréen

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Oasis de Lee Chang-dong

Oasis-2002-K-MovieOasis est un film de Lee Chang-dong sorti sur les écrans en 2002. C’est pour moi l’un des plus beaux films jamais vu. C’est la troisième fois que je le visionne en 10 ans et chaque ce film me laisse complètement médusé.

Le thème est une histoire d’amour un peu particulière entre Jong-Du, un délinquant simplet au passé trouble, sortant de prison et Jong-Ju une jeune fille paralysée.

Tout d’abord un coup de chapeau à la performance exceptionnelle des acteurs, notamment à Moon So-Ri qui joue ce rôle d’une fille paralysée, c’est « énorme » comme on dit maintenant. Une préparation de plus de 2 mois pour endosser un rôle inhabituel, une mise en danger dans une carrière sans doute, mais QUEL TALENT. Je suis chaque fois bouleversé par la justesse de son interprétation.

Quant à l’acteur masculin Sol Kyung-Gu sa performance est aussi à saluer. Il dit dans le bonus, avoir eu du mal à entrer dans ce rôle parce qu’il était à des années lumières de ce qu’il est et qu’il avait du mal à l’imaginer. Mais sous la direction de Lee Chang-Dong la performance est fantastique.

Lee Chang-Dong à la réputation d’être un metteur tyrannique parce qu’il recherche l’excellence dans ses films et que pour tirer le meilleur parti de ses acteurs, il est obligé de refaire les scènes plusieurs fois tant qu’il n’en a pas tiré la performance de ses comédiens. Ce réalisateur a commis un certain nombre de film dont on parle parce qu’ils sont toujours inhabituels.

Oasis est une histoire d’amour entre un garçon, Jong-Du, récidiviste, qui sort de prison, 2 ans et demi passés derrière les barreaux pour avoir tué quelqu’un dans un accident de voiture et s’être enfui. Son casier judiciaire n’était pas vierge. Il écope de prison ferme.

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Et cette demoiselle paralysée, Jong-Ju, qui n’est autre que la fille de l’homme que Jong-Du à tué dans l’accident.

Les 2 familles sont évidemment contre cette relation hors du commun mais l’une et l’autre profitent de la condition des deux protagonistes pour tirer les ficelles d’une manière un peu honteuse.

Je n’entrerai pas dans les détails parce qu’il faut laisser à chacun le plaisir de découvrir mais ce dont traite ce film et un peu immoral, un triste constat de la société en général.

C’est la particularité de Lee Chang-Dong de traiter de sujets différents des autres dans ses œuvres.

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Synopsis de Allociné :

A peine sorti de prison, Jong-Du, un délinquant récidiviste, se retrouve à nouveau au poste de police pour ne pas avoir payé une note de restaurant. Sa famille paie sa caution et le ramène à la maison. Il est bientôt embauché et logé par son frère aîné Jong-Il, qui tient un garage. Jong-Du a été incarcéré à la place de Jong-Il qui, en état d’ébriété, a écrasé un homme et pris la fuite.
Voulant rendre visite à la famille du balayeur victime de l’accident pour lequel il a été arrêté, Jong-Du aperçoit la fille de ce dernier. Bien que paralysée cérébrale, celle-ci est abandonnée par son frère, qui déménage en la laissant seule dans un modeste appartement, sous la surveillance de voisins. Fasciné par la jeune handicapée, Jong-Du lui rend visite en cachette.

Lee Chang-Dong est né en 1954 d’avoir écrivain de pièce de théâtre, puis metteur, puis ministre de la Culture il est aussi l’auteur de Secret Sunshine dont je parlerai sans doute plus tard.

Au festival de Venise (2002) le film a obtenu :

– Le prix de la mise en scène

– Le prix Marcello Mastroianni pour Moon So-ri meilleure jeune actrice

– Le prix de la critique Internationale.

Ce film entre dans le Challenge : Printemps Coréen

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La vie rêvée des plantes de Lee Seung-U

lee-seung-u-la-vie-revee-des-plantesQuatrième de couverture :

Énigmatique et pénétrante, l’atmosphère de La vie rêvée des plantes irradie d’un mélange déroutant d’infinie délicatesse et de violence extrême.
Comme dans le jeune cinéma coréen, l’audace narrative l’emporte ; on est pris à la gorge. Contraint d’espionner sa propre mère pour un mystérieux commanditaire, Kihyon est confronté à d’obscurs secrets de famille. Par tous les moyens, il tente de réparer les blessures du passé, entre une mère au comportement étrange, un père réfugié dans la culture des plantes et un grand frère adoré et haï, amputé des deux

jambes à l’armée.
La folle passion de Kihyon pour l’ancienne petite amie de son frère n’arrange en rien la situation. Dès lors, sa confession, lourde de silence et de résignation, de culpabilité et d’espoir insensé, nous plonge dans les formes les plus crues et les plus élevées de l’amour.

 

Kihyon est détective privé. Un commanditaire anonyme le paye pour espionner sa mère. Ce faisant il découvrira un certain nombre de secrets de famille.

Le livre commence ainsi :

« -Pourquoi riez-vous ? »

Lorsque, ouvrant des yeux ronds, elle m’a posé la question, moi je songeais à tout autre chose. Rouge à lèvre moiré, short moulant, la fille n’avait pas l’air d’apprécier. Sans doute me prenait-elle pour un client réfractaire. Bien entendu je ne me souciais guère de savoir si elle avait un tant soit peu d’humour. Je me disais seulement que son rouge à lèvres faisait un peu bizarre. Rien de plus.

Le détective est en train de choisir une prostituée dans le quartier chaud de Séoul. Il effectue cette tâche pour son frère ainé, amputé des deux jambes à l’armée. La prostituée est thérapeutique.

Mais avant d’être amputé son frère était photographe, photographe de rue, il saisissait les scènes dérangeantes des manifestations populaires dans cette Corée du Sud d’après guerre dirigée par le dictateur Park Chung-hee.

Non seulement, son frère était un photographe exceptionnel mais il avait la chance d’avoir une copine, Sunmi, magnifique jeune fille, bibliothécaire et accessoirement auteur-compositeur et interprète d’une seule et unique chanson, écrite et chantée pour ce frère dont elle est profondément amoureuse.

Mais Kihyon est aussi amoureux de Sunmi et chaque fois qu’il l’entend chanter cette chanson il enrage. Il aimerait que Sunmi chante pour lui. Quand il entend le rire cristallin de la jeune fille au travers de la cloison, c’est une torture pour lui.

Il vivait tous les quatre. Le père, le mère et les deux garçons. Chacun prenant ses repas séparément, le père parlant à ses plantes et la mère vacant à ses occupations.

Je n’en dirai pas plus à propos de ce livre magnifique. Il y a quelques temps qu’un livre m’avait mis dans des états pareils. D’abord il est dérangeant parce qu’il est cru. Ensuite il est émouvant parce qu’il draine une profusion de sentiments, de l’amour à la haine.

Kihyeon est le fil rouge de cette enquête. On peut le haïr tellement il est vil parce qu’il est amoureux de Sunmi comme on peut l’aimer tellement il bon pour son frère et Sunmi.

C’est la mère de Kihyeon qui lui explique, en parlant longuement, les crises de l’aîné : « Il se masturbe, il se met du sperme partout, c’est affreux. Après ces moments d’agitation, il s’effondre littéralement et s’endort comme une souche. Le psychiatre qu’on est allé voir dit que les pulsions sexuelles sont un exutoire à son trouble mental. Quand la tête perd son équilibre, il paraît qu’on cherche une issue pour ne pas exploser. C’est ce qu’on a refoulé trop longtemps qui surgit dans ces moments-là. Les crises prennent des formes différentes selon chacun, mais pour ton frère, ça se passe ainsi. »

Puis cet autre lorsque Kihyeon va retrouver son père dans le jardin : « Il s’est retourné en posant un doigt sur ses lèvres. Il était accroupi devant un arbuste dont il caressait les feuilles. Je ne comprenais pas pourquoi il me faisait signe de me taire, et, sur le coup, je n’ai pas réussi à lui demander.

Je l’entendais murmurer tout en caressant les feuilles. Aucun doute, il était en train de parler à la plante. Ce qu’il disait était inaudible, et puis les arbres, ma foi, n’ont pas d’oreilles. Celui-là n’entendait pas plus que moi. »

Ce qu’en pense la librairie Mollat :

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Je redirai pour terminer que c’est un livre MAGNIFIQUE.

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 Challenge : Printemps coréen sur le blog : La culture se partage