Du sable et des regrets

desertDu sable, rien que du sable depuis huit jours. Je suis habillé de la sorte, pour me cacher du soleil, pour me cacher d’elle. J’expie.

Je pensais que l’exil me ferait du bien, me permettrait de réfléchir, de faire le point. Ah que nenni ! Je ressasse. Je tourne mes actes en boucle. Je réfléchis. Je n’explique rien. Je ne comprends rien. Lire la suite

Skoda de Olivier Sillig

Où et pourquoi ça n’a pas d’importance, ce qui est sûr c’est que c’est la guerre. « Stjepan a perdu connaissance qu’un instant minuscule, insignifiant. Malgré ça, il ne se souvient de rien. Ni d’un sifflement ni d’une explosion. »

Si tous ses camarades sont morts, ils ne sont pas les seuls. « À peine plus loin, il y a une voiture. Elle est arrêtée. Une portière est ouverte. (..) Des jambes de femme en dépassent. Elles sont nues. Ces jambes de femme nues et blanches mettent tout à coup Stjepan en colère. (..) Il a envie de demander un peu de décence. (..) Elle est morte, elle aussi. Elle aussi, comme Dragan, Milivoj, Ivan et Ljubo. Elle était en train de nourrir son bébé. » Lire la suite

Sommeil de Haruki Murakami

« Après avoir vérifié que mon mari était endormi, je me rendais au salon, m’asseyais sur le canapé, buvais un verre de cognac et ouvrais un livre. La première semaine, je relus Anna Karénine trois fois de suite. Plus je lisais, plus je faisais de nouvelles découvertes. Ce long roman était plein d’énigmes et de nouveautés. Comme une série de boîtes, chaque monde en contenait un autre plus petit, et ainsi à l’infini. Et tous ensemble ces mondes formaient un univers entier, et cet univers était là, attendant d’être découvert par le lecteur. Autrefois, je n’en avais saisi qu’une infime partie. Mais aujourd’hui mon regard pénétrait clairement au travers, je voyais ce que Tolstoï avait voulu dire, ce qu’il voulait faire comprendre aux lecteurs, avec quelle efficacité il avait cristallisé son message sous forme d’un roman, et en quoi ce roman dépassait finalement l’écrivain lui-même. » Lire la suite