Coming home de Zhan Yimou

023282Coming Home est un film chinois de Zhang Yimou sorti en 2014.
Lu Yanshi est un dissident chinois incarcéré pendant la révolution culturelle. Lorsqu’il réussit à s’échapper, il cherche à rejoindre sa femme Feng Wanyu et sa fille de 13 ans qu’il n’a pas vu grandir.
Danseuse, la Dan dan aurait pu avoir le premier rôle dans un ballet. Elle convoitait ce rôle que le Parti ne lui accorde pas à cause de son père. Évidemment elle hait ce père qu’elle n’a pas connu à tel point qu’elle découpe son image sur chaque photo.
Lorsque Lu Yanshi son père s’évade de prison, la milice se rend au domicile conjugal et force la famille à les prévenir s’il se présente au domicile mais Feng Wanyu refuse de dénoncer celui qu’elle aime toujours. Un milicien veille en bas de l’immeuble au cas où l’évadé se présenterait.
Par les toits Lu Yanshi parvient à se rendre au domicile de sa femme et lui glisse un mot

sous la porte lui donnant rendez-vous à la gare le lendemain. Mais il a croisé sa fille dans l’escalier, elle découvre ce père qui l’a abandonnée.
Le milicien promet à Dandan qu’elle aura le rôle de danseuse étoile si elle dénonce son père. Ce qu’elle fait.

Le lendemain le Parti interpelle Lu Yanshi et le reconduit en prison. Feng Wanyu est blessée lors de l’interpellation de son mari. Elle perdra la mémoire après ce choc. Elle bannira sa fille de sa vie.
Trois ans après c’est la fin de la Révolution Culturelle.
Lu Yanshi est réhabilité et rentre chez lui. Sa femme qui n’a plus toute sa tête ne le reconnaît pas et le chasse.
Lu Yanshi va tout essayer pour qu’elle se rappelle de lui. Sa fille l’aidera.
Réussiront-ils ?

Quel film !

Gong Li is Feng Wanyu
Gong Li is Feng Wanyu

Gong Li (Feng Wanyu) née en 1965 est une actrice reconnue avec une sacrée filmographie. Muse de Zhang Yimou il l’a dirigée dans 8 de ses films. Elle eut une liaison avec lui. Elle fut l’actrice de son premier film et il lança sa carrière.
Talent sûr, elle reçut bien des distinctions et fut nominée souvent. Pour couronner sa réputation elle fut présidente du Festival de Cannes ensuite du Festival de Tokyo puis de celui de Shangaï. De plus à Cannes elle fut 2 fois membre du jury.
Sa filmographie entre autre : La cité interdite, Mémoires d’une geisha, Miami vice, Hannibal Lecter. Épouses et Concubines, Vivre… plus de 33 films.

Chen Daoming is Lu Yanshi
Chen Daoming is Lu Yanshi

Chen Daoming (Lu Yanshi, le père) né en 1955 a aussi un palmarès intéressant. J’ai particulièrement aimé sa prestation dans la peau de ce dissident qui aime sa femme à tout prix. Il est convaincant. Il a derrière lui une belle carrière mais je n’avais jusqu’à ce jour vu aucun de ces films. Il est aussi et surtout un acteur de télévision.

Zhang Huiwen (Dandan la fille) est née en 1993. Elle obtint en 2014 son diplôme de la

Zang Huiwen is Dandan
Zang Huiwen is Dandan

Beijin Dance Academy. Zhang Yimou lui offre ici son premier rôle, un peu ingrat certes mais dont elle se sort avec brio. En plus d’être jolie elle est expressive. Suite à cette prestation remarquable elle a enchaîné par un film en 2015 puis un autre en 2016. Sera-t-elle la nouvelle muse de Zhang Yimou ?

Zhang Yimou
Zhang Yimou

Zhang Yimou, le réalisateur est né en 1951. Son parcours est intéressant. À la révolution culturelle il est obligé de travailler dans une ferme puis dans un atelier de tissage. Peintre et photographe dans l’âme il n’abandonne jamais son but. Il s’inscrit à l’Université du Cinéma en 1978 puis à 27 ans réalise son premier long métrage Le Sorgho rouge avec dans le rôle de la grand-mère, sa compagne de 22 ans Gong Li. Ce film remporte l’Ours d’Or au festival de Berlin en 1988.
Les récompenses tombent nominations puis Ours d’or ou d’argent à Berlin ou Lion d’or ou d’argent à Venise….

Inutile de dire que c’est un film que j’ai aimé. Pour ceux qui ne connaissent que le cinéma chinois au travers de ses films d’action, ce film met une baffe. La justesse du jeu des acteurs, la mise en scène, tout y est. Et l’histoire qu’on ne connaît que de loin.

Bravo !

 

Noir dehors de Valérie Tong Cuong

noirdehorsL’histoire commence ainsi : « Je suis sortie sur le seuil. Des gouttes d’une eau sale s’écoulaient du climatiseur accroché à l’étage et glissaient sur mon front. Je me suis écartée. D’ici, on ne voyait pas à plus de trente mètres : les bâtiments gris et trapus masquaient entièrement l’horizon. On en parlait souvent, de l’horizon, avec Bijou. On supposait qu’ailleurs les choses étaient différentes. On pariait qu’il y avait des plantes vertes, des enfants aux vêtements colorés, des posters de chanteurs à la mode derrière les baies vitré

— Imagine un peu disait Bijou, imagine que les immeubles soient roses de l’autre côté de la rue. »

Les deux filles qui discutent ainsi, sont Naomi et Bijou, deux prostituées captives qui ne sortent jamais de la chambre, au dessus du bar dans lequel elles monnayent leurs charmes pour le compte de Tony, le souteneur et de Gecko son second. Deux petites frappes. Naomi, Tony l’a ramassée toute jeune et l’a menée là, dans ce bar glauque, dans cette chambre, d’où elle n’est jamais sortie. Bijou, plus âgée, se prostituait déjà avant d’atterrir ici. Bijou a servi de mère, de professeur, de confidente, elle a épongé les larmes de la jeune Naomi.

Un jour, la porte de la grille reste ouverte…

 

« L’air du bureau était frais, mais la chaleur dehors si tenace qu’il suffisait de jeter un coup d’œil par les fenêtres pour s’étouffer. Malgré cela, impossible de détacher son regard des tours voisines. Les structures métalliques tremblaient sous le soleil comme de fragiles tiges de caoutchouc. »

C’est le début du deuxième chapitre dans lequel nous faisons connaissance du second protagoniste de ce roman, Simon Schwartz, le plus célèbre et médiatisé avocat de New-York qui a gagné ses galons comme avocat commis d’office, en remportant un procès perdu d’avance celui d’une femme filicide, qui laisse tomber son bébé d’un chambre au dessous des toits.

Les bureaux de Simon sont au 36ème étage d’une tour du Financial District.

 

« Le grand-père aboyait comme toujours. Dans mes fréquents cauchemars, je l’imaginais transformé en chien perpétuellement lancé à mes trousses, la bave aux lèvres et le croc affuté, habité par la seule nécessité de me déchiqueter jusqu’à ce que plus rien ne subsiste de mon pauvre corps, ou tout au moins plus rien d’identifiable. Bien entendu je gardais pour moi mes terreurs nocturnes. Qui aurait osé défier l’autorité de l’Ancêtre dans cette maison, dans cet immeuble, dans cette rue et même dans tout l’odorant quartier de Chinatown»

Le troisième larron c’est Canal, un jeune chinois de Chinatown. Canal c’est le nom que lui a donné le grand-père quand il a trouvé ce bébé sur le pas de la porte. Pourquoi ce drôle de prénom ? Parce que le magasin est situé sur Canal street. L’enfant a été recueilli, non pas adopté, et travaille dans l’immense commerce que le grand-père exploite. Le jeune Canal apprend le Confucianisme et les arts martiaux à travers les livres et les vidéos en vente dans le magasin. En vingt années de vie, il n’est jamais allé plus loin que la porte du magasin, la ville lui est inconnue.

Parce que New-York ce soir là est dans le noir en raison d’une panne électrique, alors que les filles faussent compagnie à leurs geôliers, que Simon descend à pieds ses 36 étages, pas d’électricité, pas d’ascenseurs, la mégapole est plongée dans le plus gros chaos de tous les temps. Des embouteillages monstres, les métros et les trains ne circulent plus, les gens abandonnent leur voiture en plein milieu de la rue r pour essayer de rejoindre leur domicile d’une autre façon.

« Manhattan entier était sans électricité. Le grand-père caressa son bouc de satisfaction : le groupe électrogène qu’il avait acheté allait enfin servir. C’était un petit modèle aux capacités limitées : on devait renoncer aux ventilateurs, mais l’armoire réfrigérée resterait et, sous peu, si on avait la chance que la panne ne soit pas réparée trop vite, la moitié du quartier viendrait ici acheter de quoi se désaltérer. »

Le malheur des uns fait le bonheur des autres.

 

Mais les trois intéressés se retrouvent ce soir-là autour de l’église du père Joachim. « Des gens étaient allongés sur le trottoir d’autres endormis. D’autres discutaient à voix basse sur les marches. » surpris ou stoppés par cet incident extraordinaire. Naomi, la tête sur l’épaule de Bijou se sent de plus en plus mal, le manque de crack lui donne un teint cireux, Gecko lui fournissait sa drogue pour mieux asseoir sa dépendance. Simon dévisage sans arrêt cette Naomi qu’il prend pour Eden la prostituée virtuelle dont il utilise les services. Bijou, elle, prend son passé en pleine figure face à ce magistrat qu’elle reconnaît, quant à Canal, il devra utiliser sa technique de combat apprise dans les livres.

C’est un monde étrange dans lequel nous emmène Valérie Tong Cuong au travers des personnages qu’elle dépeint.

En livre de poche c’est un bouquin de 190 pages qui se lit d’une traite ou presque, par curiosité, parce qu’on a envie de savoir pourquoi une pute, pourquoi un avocat, pourquoi un chinois.

Ce livre m’a plu, aussi peu probable soit-il, et me donne envie de continuer ma quête en lisant d’autres ouvrages de cette auteur prolifique.

« Je lui ai fait part ce cette pensée du maître : seul l’homme honorable sait aimer et haïr comme il convient. »

V.Tuon Cuong

Qui est cette auteur ? Difficile de le savoir, je reprendrai sa propre biographie trouvée sur son blog : Valérie Tong Cuong est née en banlieue parisienne. Après une adolescence chaotique, elle étudie la littérature et les sciences politiques. Elle travaille huit ans dans la communication puis lâche tout pour se consacrer à l’écriture (romans, nouvelles, scénarios) et à la musique.      Le blog  de V. Tong Cuong est ici

Le résumé de son livre, toujours sur son blog est  ainsi que la revue de presse.

Scintillement sur la main de Qiu Huadong

Lecture faite dans le cadre du challenge du dragon 2012 sur le blog la lecture se partage

Deux amis arrivent à Pékin, bien décidés à réussir. Au gré des relations qu’ils noueront dans les milieux artistiques, notamment avec de jeunes femmes, Qiao Ke l’écrivain et Yang Ku l’homme d’affaires découvriront que l’ambition figure au nombre des traits de caractère les mieux partagés. Portrait d’un monde cruel où les doutes accompagnent ce parcours, semé d’embûches et d’interrogations.

 L’auteur

Né en 1969 dans le Xinjiang, Qiu Huadong est diplômé du département de littérature chinoise de l’université de Wuhan en 1992. Ecrivain par vocation, il construit ses histoires sur son expérience personnelle et sa perception de la nouvelle culture urbaine. Qiu Huadong occupe aujourd’hui un poste de rédacteur littéraire dans une revue. De Qiu Huadong, Bleu de Chine a déjà publié Voyage au pays de l’oubli (2002) et Reflets sur la rivière obscure (2003). Lire la suite