Espièglerie

Image France Soir Web
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La page blanche le tourmentait. Il avait beau se torturer l’esprit les seuls mots qu’il arrivait à coucher sur le papier semblaient insipides, sans signification, sans résonance.

Depuis qu’il se vautrait dans cette vie de noctambule son éditeur le poursuivait. Il lui avait pourtant promis jubilation, allégresse à faire partie de l’élite mais qu’en était-il ?
Certes il engrangea de l’argent, beaucoup d’argent. La découverte de cette nouvelle façon de vivre le séduisit de prime abord. L’argent était synonyme de dépaysement mais aussi et surtout de filles, d’alcool et de nuits d’ivresse. Une vie magnifique certes où des myriades de choses clinquantes scintillaient, où les sourires condescendants s’illuminaient où la recherche des plaisirs débridés était un peu exagérée.
Argent. Maudit argent qui l’avait conduit dans cette fange, dans ce marais dans lequel il se débattait.
Certes il avait des regrets dans ces moments de lucidité mais pas celui d’avoir trop d’argent, il avait simplement l’impression d’avoir vendu son âme au diable, de s’être plongé dans une boue abjecte qui le dégoutait.
L’argent l’avait dégradé.
Il était temps de se remettre en question, de sortir de la tempête. Certainement qu’il avait besoin de repos et qu’il devait tourner le dos à ces débauches d’imprévus.
Un regain de sagesse l’inondait ce matin. Le nez dans la tartine de confiture, il estima qu’il était enfin temps de réagir, las de confondre le soleil et la lune, le bleu du jour ou celui de la nuit, la fille qui était dans son lit ce matin avec celle d’un autre jour.
Il voulait des rêves dans sa vie, des petits riens mis bouts à bouts. Il voulait de l’amour, du sexe désiré. Il voulait encore s’émerveiller devant ces champs d’hélianthes, courir de la mer jusqu’à la montagne, regarder la brume se lever sur l’océan, respirer le même air qu’elle.
Il faisait des bonds sur sa chaise ce matin, il lui fallait vite s’assoir devant sa vieille machine à écrire, enfiler une page blanche qu’il allait remplir de la sorte :
« La roue battait son plein, chaque soir Marla, Bob, Glen taillaient la route pour se rendre sur la dune. La mustang et ses 12 cylindres aspiraient l’asphalte. Le pack de Budweiser entre les jambes Marla distribuait les canettes au fur et à mesure que les
miles défilaient.
Bien sûr qu’elle couchait indifféremment avec l’un où l’autre, ou les deux. Cela avait si peu d’importance. La recherche du plaisir étant la seule alternative ou bien la chasse à l’ennui où la honte.
Même l’église prouvait son indifférence. Le pardon, la tolérance agitaient les esprits pourvu que les âmes soient réceptives et le porte-monnaie généreux »

                                                                                                                      La suite du texte peut être lu mais ce n’est pas une nécessite

Textes écrits pour les plumes de notre amie Asphodèle sur son blog : Les lectures d’Asphodèle…

La liste des mots qu’il fallait utiliser, j’ai utilisé les deux listes à deux mots près :

regrets, engranger, boue, repos, découverte, hélianthe, regain, bond, imprévus, recherche, espièglerie, confiture, allégresse, jubilation, noctambule, brume, respirer, dépaysement, magnifique, bleu, marais, maudit, myriade.

Rien, sourire, montagne, déménagement, soleil, question, sagesse, océan, ivresse, tempête, lune, rêve, emménager, mer

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Le journal de Ma Yan

JournalMaYanLa vie quotidienne d’une écolière chinoise

Traduit du mandarin par He Yanping

Le 4eme de couverture :

Ma Yan, fille de paysans pauvres du nord-ouest de la Chine, dans la province du Ningxia, apprend un jour que sa famille n’a plus les moyens de l’envoyer à l’école. Elle a quatorze ans, et tous ses rêves s’effondrent. Pour crier sa révolte, elle écrit à sa mère. Celle-ci, bouleversée par ce désespoir, confie la lettre, ainsi que trois carnets contenant le journal intime de sa fille, à des Français de passage dans ce village du bout du monde. Parmi eux, le journaliste Pierre Haski, correspondant français de Libération à Pékin… La bouteille à la mer est arrivée à bon port !

 

Ma Yan est l’aînée de 3 enfants, qui vivent dans une province du nord de la Chine, très pauvre. Sa famille dispose d’un lopin de terre de 5m² insuffisant pour faire vivre la famille, surtout depuis 5 ans qu’il ne pleut plus. La famille vit avec 470 Yuans par an (2001), bien en dessous du seuil de pauvreté. Ma Yan aime l’école, elle a bien compris que pour s’en sortir, elle doit faire des études et que c’est sa seule et unique chance. Malheureusement, par manque d’argent, sa mère lui apprend un jour qu’elle n’ira plus à l’école, l’enfant est dépitée, d’abord parce qu’elle veut étudier, ensuite parce que ses frère continueront d’y aller mais elle est une fille, « Tu comprendras plus tard » lui dit simplement sa mère.

Elle tient un journal, de simples cahiers et elle écrit avec un crayon, et pour se faire elle économise longtemps l’argent que lui donne sa mère. Pour aller à l’école, elle et son frère, parcourent 20 kilomètres à pieds, chaque dimanche pour y aller et chaque vendredi pour en revenir, que ce soit sous la pluie, le vent, la neige ou les 40° au soleil.

Si Ma Yan veut réussir à l’école, c’est parce qu’elle adore sa mère et qu’elle est consciente que sa mère est en mauvaise santé, des mains abîmées, un estomac qui la fait la souffrir, une apparence beaucoup plus vieille qu’elle ne l’est en réalité et puis elle veut réhabiliter son père aux yeux de tous dans le village.

« Aujourd’hui j’ai très mal dans mon cœur. Voulez-vous savoir pourquoi ? Parce que, ce matin, mes parents sont venus me dire : « Quand tu rentreras à la maison, tu donneras à manger au bœuf… » Et j’ai refusé. Aujourd’hui quand je suis rentrée, j’ai tout de même donné à manger au bœuf. À cause de ce travail mes mains sont toutes fissurées, et elles font peur à voir (…) Maman, elle, lui donne à manger tous les jours : c’est ce qui explique pourquoi ses mains sont si enflées. Tout ce qu’elle fait, c’est pour l’avenir de mes frères, et pour le mien. Je suis émue jusqu’à en pleurer. » explique Ma Yan à la page 126.

« Ma grand-mère a les cheveux tout blancs : elle travaille encore pour la famille du cinquième oncle. Mon grand-père aura quatre-vingt ans et travaille aussi. (…) Quand on est vieux c’est le moment de profiter de la vie. (…) Il est indispensable aujourd’hui d’étudier, pour ne jamais ressembler à mes grands-parents qui travaillent jusqu’à leur plus vieil âge. Ils ne profitent jamais du bonheur. » lit-on page 110.

« Pourquoi est-ce que nous vivons ? Les gens riches meurent après avoir connu tous les plaisirs. C’est une mort heureuse. Les gens qui n’ont pas d’argent vivent avec les larmes dans les yeux. S’ils meurent, c’est une mort douloureuse. Voilà la vérité. » Énonce-t-elle page 182.

Vient ensuite le désespoir « Et comment étudier ! Mon cœur est brisé. Ce que je déteste le plus en moi, c’est que j’ai beaucoup de larmes. Je ne veux pas les laisser couler, mais je ne parviens pas à m’arrêter de pleurer. »

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Moi c’est ce qui m’est arrivé en lisant ce livre, une émotion tellement forte que j’ai voulu lire ce livre bouleversant d’une traite. Comment rester insensible à tant de pauvreté, de douleurs, à tant de cris, à tant d’idéaux ? Comment rester tranquillement sur sa chaise alors que d’autres vivent une vie de cauchemar ?

Ma Yan et sa mère sont étonnantes, dotées d’une force de caractère incroyable qui les fait vivre .

Pierre Haski n’a récupéré que 2 ou 3 cahiers parce que le papa de Ma Yan, sans savoir, illettré, arrachait les pages pour rouler ses cigarettes.

Un journal exceptionnel.

Un livre à lire bien entendu.

Bettý de Arnaldur Indridason

« Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s’est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire.

J’ai essayé de comprendre un peu mieux et ça n’a pas été facile. Je ne sais pas, par exemple, quand ça a commencé. » C’est ainsi que commence ce roman noir. La personne qui raconte, le narrateur, est juriste spécialiste en droit international et mène une vie difficile à Reykjavik la capitale de l’Islande se contentant d’éponger ces dettes lorsqu’il est abordé par Bettý.

Bettý est la femme de Tozzi, un riche armateur qui a su profiter de toutes les occasions pour faire fortune, parti de rien pour arriver en haut de l’échelle. Il draine un empire financier conséquent. Bettý aime l’argent, elle voudrait concrétiser leur union par un mariage, Lire la suite

Cyanure de Camilla Läckberg

Martin Molin, flic de son métier, accompagne sa petite amie Lisette à la réunion de famille organisée par Ruben, le grand-père de la jeune femme, sur l’île de Valö. Elle y retrouve son père Harald, fils aîné de Ruben, sa mère Britten et son frère Matte. Sont également présents Gustav son oncle, fils cadet de Ruben, sa tante Vivi et ses cousins Bernard et Miranda. C’est peu avant noël, la tempête fait rage sur l’île et la neige recouvre rapidement les lieux.

Ruben le patriarche est outrageusement riche et lâche les couronnes avec parcimonie selon sa descendance, pourtant… Et chacun souhaiterait pouvoir toucher sa part d’héritage au plus vite. Le père et grand-père est malade, et se déplace en fauteuil roulant. Lire la suite

L’alternance : caissière ou putain !

une histoire à ne pas mettre entre toutes les mains. 

Jeudi, 9 heures du matin, c’est parti pour la demi-journée. Je m’installe derrière la caisse 13, j’entre mon code, déclenche l’ouverture du tiroir-caisse et y glisse le fonds de caisse qui m’a été attribué. Je sens qu’aujourd’hui va être une journée particulière. Je vois les gens grouiller dans les allées. Pourtant, le jeudi est une journée plutôt calme habituellement. Lire la suite