Sexy polar

24 mots sur le thème Polar

Chapeau, rue, pluie, pavé, attendre, voiture, décolleté, costume, nostalgie, enfant,
rigoler, pleurer, danser, sentir, puer, rouge, noir, joyeux, pauvre, fatigué, souriant, blesser,
tatoué, noyé.

La fille était allongée sur le pavé
Sa robe noire sexy relevée
Découvrait ses fesses rebondies
Seul un string rouge transparent
Dissimilait à peine un sexe imberbe
De son décolleté vertigineux
Un sein s’était échappé
La pose était obscène
Beny, l’inspecteur des mœurs
Chargé de l’enquête, le chapeau vissé sur la tête
S’agenouilla
Pour examiner la plaie au ventre
Du sang suintait encore
Lorsque Suzelle la légiste se pointa
Talons aiguilles et robe ultra-courte
Il ne put s’empêcher de rigoler
La toisant de bas en haut
– Ben quoi beugla-t-elle, j’étais allé danser
Il attendait ses conclusions qu’elle débita d’une voix monocorde
Si elle sentait le Chanel n°5
Son haleine puait le whisky
Il eut un flash fulgurant : enfant dans les bras de sa mère alcoolique
Une pluie diluvienne les surprit
Détrempant son costume de lin beige
Moulant son entrejambe
Suzelle le fixa en souriant
– T’es pas un peu nécrophile lança-t-elle
Il se releva tentant de cacher son indécence
Avec les pans de sa veste
– C’est de ta faute connasse, t’as oublié de mettre ta culotte
– J’ai pas oublié répondit-elle d’un air joyeux
Exhibant son entrecuisse délicatement épilée
– Je veux ton rapport demain matin dit-il
En se détournant
Remontant la rue jusqu’à sa voiture
Son adjoint lui déclina l’identité du cadavre
Mary, 32 ans, une pute du Tatoué
C’est certainement une correction qui a mal tourné
– Laisse tomber pour ce soir je suis fatigué
Il démarra en trombe
La voiture dérapa sur l’asphalte détrempé
Il corrigea la trajectoire
Il savait qu’à son tour il allait noyé son chagrin dans l’alcool
Suzelle le rendait dingue
Elle osait tout pour le séduire
Sans succès
Avant de s’encanailler dans le whisky
Il avait organisé la perquiz au domicile du Tatoué
Ils le cueillirent au petit matin dans sa boite de strip-tease
Une mineure assise sur ses genoux qu’il pelotait allègrement
Il la repoussa violemment
Elle percuta la table de poker
Et se blessa au visage
– Sale traînée hurla le suspect
Alors que la pauvre fille hébétée
Se mit à pleurer
– Aller on embarque tour le monde
À son adjoint il ordonna de conduire la gamine à l’hôpital
Au sous-sol du 36
Les coups de bottin sur la tronche
Les uppercuts à l’estomac
Les décharges de courant électrique
Eurent raison de la volonté du proxénète
Il lâcha le morceau
Déféré au parquet dans la journée
Le salopard croupit en prison
En l’attente de son procès.

En fait c’est moi qui ai proposé ce challenge et je me suis vautré pour deux raisons.
L’une parce que il y a un mot que je n’ai pas utilisé et l’autre parce que cela aurait dû être en rimes ou en vers.

Mais j’assume.

Un rêve

24 mots à caser sur le thème :
mélodie, colère, atmosphère, page, couleur, vertige, guide, audace, piano, chambre, éblouir, tisser, grandir, émouvoir, hanter, attendre, résister, ardu, imprudent, efficace, héroïque, blanc ( blanche), solitaire, gracieux ( gracieuse)

De ma fenêt’ je r’gardais la mer en colère
Les vagues s’écrasaient, bruyantes, sur le sable blanc
J’étais fasciné, ébloui. Loup solitaire
Je me repaîtrais de ce spectacle jubilant.

L’atmosphère était lourde, le ciel sombre, imprudent
Je décidais d’escalader les rocs ardus
Le basalte m’éraflait, me griffait, inconscient
Je résistais sans m’émouvoir tel l’éphèbe nu.

Enfin mal assis, héroïque proie des embruns
La marée montante tissait sa toile autour de moi
Mon espace vital se rétrécissait. Les mains
Réunies, le cœur battant comme un tambourin.

La peur du squale me hanta soudain, aileron
Tournoyant dans une mélodie trop lancinante
L’angoisse grandit, je n’faisais plus le fanfaron
Le requin se rapprochait, vision inquiétante.

J’eus beaucoup de mal à retrouver mes esprits
L’audace n’étant pas ma qualité primordiale.
Trop de vertiges devant la page blanche. Ahuri,
Déplorant mon imagination trop banale.

Allongé dans ma chambre aux couleurs de la nuit
Sorti de ce rêve avorté, un concerto pour piano
En fond sonore, seul un moustique crevait d’ennui.
Une page me narguait encore vierge d’aucun mot.

J’attendais vainement un guide efficace, celui
Qui f’rait courir ma main sur le papier bleuit
Par mon stylo. Lettres gracieuses ou fumerolles
Ensevelies, noyées dans mes vapeurs d’alcool.

 

 

Un premier essai en rimes, qui m’a créé bien des soucis

Décision, partir ou rester ?

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Ce paysage magnifique se trouve juste à la sortie d’un centre commercial à l’ouest de Saint-Pierre ; c’est un peu irréel pour un parisien habitué à vivre dans le béton que de voir ça avant de remonter en voiture.
Je pourrai contempler les vagues s’échouer sur les rochers sans m’en lasser et chatouiller le déclencheur de mon appareil photo sans m’ennuyer pour capter LA photo magnifique.
La mer me captive, m’apporte une certaine sérénité, un grand plaisir. Le fait de pouvoir me baigner dans le lagon des heures durant, dans une eau transparente, chaude et de « nageouller » me procure une certaine jouissance.
Sur le sable, je réfléchis, je rêve à mon avenir.
En fait, j’ai l’envie de rester là auprès de ma fille, de voir grandir mon petit-fils, ma fille qui vit ici depuis plus de sept ans et qui m’a profondément manqué toutes ses années. L’idée fait son chemin à tel point point que je suis à la recherche d’un appartement, j’ai le possibilité de me faire rembourser mon billet de retour, le seul « hic » est lié à mes petits problèmes de santé et l’appareil qui m’aide à passer des nuits calmes mais il y a un CHU tout près et je pourrai sûrement être suivi de la même manière.
Si la vie est un peu plus chère ici qu’en métropole, les loyers un peu excessifs, le confort de vie reste une priorité et tous les petits problèmes peuvent voler en éclat au fur et à mesure que j’avance.
La décision n’est pas encore prise à 100 % mais au trois quarts.
Ne pas vivre ici à cause des requins ou des cyclones potentiels qui m’effraient me semble ridicule, chaque année 840 000 réunionnais affrontent les éléments et survivent ensuite. Du fait que ma fille vive à la Réunion je rencontre du monde, je suis invité ici et là, j’ai une vie sociale un plus remplie qu’en Métropole.
Que je reste ici ou que je retourne d’où je viens, il y a un moment où je devrai prendre un appartement et l’équiper complètement parce que deux années auparavant j’ai dû tout déposer sur le trottoir, j’en suis au même point. Alors ici ou là-bas ?
Évidemment le fait de ne plus voir ceux qui me sont chers, ma mère très âgée, mon fils et sa petite famille, mes ex-beaux-parents, mon ami d’enfance et ceux qui m’ont recueilli alors que j’étais à la rue, m’ennuie.
Mais quitte à refaire sa vie, quel est le mieux ?
Quand j’ouvre le frigo et que l’odeur des mangues, des fruits de la passion, des bananes, ravissent mon organe, je craque.

Tempête Carlos

capture-decran-2017-02-07-a-16_30_22J’ai été réveillé à minuit par la pluie, sans doute que mon inquiétude pour le cyclone annoncé depuis quatre jours a fait son œuvre. J’entendais la pluie ruisseler et se déverser par les gouttières dans les containers placés-là volontairement pour récupérer l’eau qui pourrait être précieuse en cas de coupure.

Puis cette pluie s’est intensifiée, violente comme si les nuages s’ouvraient subitement pour déverser leur trop plein d’énergie. Pour éviter d’entendre ce déluge, j’ai allumé la télévision pour focaliser mon attention sur autre chose et masquer le bruit des trombes d’eau que le ciel envoyait.

Dehors c’était le noir absolu, seul le martèlement de l’eau sur le sol parvenait à mes oreilles.

Puis soudain le calme est revenu, un calme angoissant vite troublé par les aboiements d’un chien suivi d’un silence pesant, un de ceux qui présagent que la nature va se manifester encore.

J’ai fini par m’endormir.

Puis à 6 h 34 ce matin la tempête frappa à ma porte de nouveau. Impressionné par la violence de l’orage je me suis levé d’un seul tenant persuadé que la cuisine était complètement inondée, ce qui n’était pas le cas. Derrière les cannisses je contemplai avec stupeur la pluie tomber, le vent pousser cette eau et je surveillai le cours des choses.

L’intensité du cyclone, reclassé en tempête, ne parviendra à son apogée que cette après-midi. J’ai encore quelques heures devant moi à regarder les éléments déchaînés s’abattre sur le bout d’île qui m’héberge.

Pour l’heure à 16h30, heure locale, juste quelques rafales de vent et un ciel à dominante grise mais où est passée ma tempête ?

Je viens de lire qu’à 16h30 la tempête se situe à 109 kilomètres de la Réunion et progresse doucement… alors la nuit va être agitée encore.

P.S.: La différence entre cyclone et tempête est la vitesse des vents. Pour Carlos la vitesse du vent est inférieure à 150 kms/h et le cyclone a donc été reclassé en tempête tropicale.