Quelques mots d’Haruki

« Bien sûr, il y a des risques. Mais le risque, c’est ce qui épice la vie. »
« Aimer écrire est la qualité la plus précieuse chez ceux qui visent à devenir écrivains. »
« Le présent, ça se construit à partir d’une accumulation de choses passées. »
« Le romancier n’est pas quelqu’un qui résout les problèmes. C’est quelqu’un qui pose les questions. »
« Il y a des choses que l’on ne peut pas acheter, même avec beaucoup d’argent… La lune, par exemple. »
« Les violences ne prennent pas toujours une forme visible, les plaies ne font pas toujours couler le sang. »
Voici quelques mots tirés d’1Q84 (ici mon billet) d’Haruki Murakami que je vous livre en vrac. C’est mon auteur préféré et bientôt j’aurai presque tout lu comme Maupassant ou Zweig

Le jeudi c’est citation

« Hervé Joncour continua à raconter sa vie comme jamais, de sa vie, il ne l’avait racontée. La jeune fille continuait à le fixer, avec une violence qui arrachait à chacune de ses paroles l’obligation de sonner comme mémorable. La pièce semblait désormais avoir glissé dans une immobilité sans retour quand, tout à coup, et de façon absolument silencieuse, la jeune fille glissa une main hors de son vêtement, et la fit avancer sur la natte, devant elle. Hervé Joncourt vit arriver cette tâche claire en marge de son champ de vision, il la vit effleurer la tasse d’Hara Kei puis, absurdement, continuer sa progression pour aller s’emparer sans hésitation de l’autre tasse, celle dans laquelle il avait bu, la soulever avec légèreté et l’emporter. Hara Kei n’avait pas un seul instant cessé de fixer, sans expression aucune, les lèvres d’Hervé Joncour.

La jeune fille souleva légèrement la tête.

Pour la première fois, elle détacha son regard d’Hervé Joncour, et le posa sur la tasse.

Lentement, elle la tourna, jusqu’à avoir sous es lèvres l’endroit exact où il avait bu.

En fermant à demi les yeux, elle but une gorgée de thé.

Elle écarta la tasse de ses lèvres.

La replaça doucement là où elle l’avait prise.

Fit disparaître sa main sous son vêtement.

Reposa sa tête sur les genoux d’Hara Kei.

Les yeux ouverts, fixés dans ceux d’Hervé Joncour. »

                                                                                                                                               Soie d’Alessandro Barico

Sur une idée de Chiffonnette ICI

Jeudi citation avec Haruki Murakami

Sur une idée de Chiffonnette que j’ai piquée  chez Asphodèle

« En fait elle écrivait avec une facilité déconcertante. L’angoisse de la page blanche lui était totalement étrangère. Elle était capable de mettre en mots chacune des idées qui lui passaient par la tête. Son problème était plutôt qu’elle écrivait trop. Dans ce cas me direz-vous, il suffisait qu’elle élimine le superflu. Seulement ce n’était pas si simple. Sumire avait en effet du mal à distinguer ce qui était utile de ce qui ne l’était pas. Quand elle relisait le lendemain, imprimé, le texte qu’elle avait rédigé la veille, il lui semblait qu’aucune phrase n’était de trop, ou, au contraire, que tout était bon à jeter. Parfois dans une soudaine crise de désespoir, elle déchirait et jetait tout ses manuscrits… »

« Les amants du Spoutnik »

La citation du jour de Mian Mian

Pour moi ce sont les mecs qui ont inventé l’amour. J’ai cru un temps que je serais une de ces femmes qui n’ont pas honte de mourir pour un homme, j’en tirais gloire, même, c’était grandiose et héroïque. J’ai longtemps été une faible femme, dans cet univers de mecs. Si faible, j’avais tellement besoin d’amour que je savais exactement comment me faire plaindre, j’étais très douée pour m’apitoyer sur moi-même et en faire étalage.

                                                                                             Page 138

 

Toute histoire à trois versions : la tienne, la mienne et la vérité.

                                                                                             Page 206

 

Citations issues de : Les bonbons chinois de Main Mian aux Éditions de l’Olivier.

 Sex, drug and rock & roll !!! La jeune génération chinoise rattrape le temps perdu dans sa course à l’occidentalité, pour le meilleur et pour le pire. Chronique des années 1989-1996,Les Bonbons chinois de Mian Mian est le récit d’une adolescente plongeant dans la drogue, l’héroïne plus précisément, qui va transformer sa vie et celle de ses amis en une lente déperdition de soi et une perte totale de repères. Prostitution et délinquance, alcoolisme et cures de désintoxication, le quotidien de la jeune fille s’enfonce dans les cercles de l’enfer avec pour seul espoir : préserver un amour impossible pour un guitariste de rock, du nom de Saining, aussi junky et désabusé qu’elle.

Ces bonbons chinois ont un drôle de goût, plus amers que doux. La pilule a du mal à passer. Après s’être fait connaître du grand public pour son recueil de nouvelles Lalala et avoir flirté avec la censure, Mian Mian, âgée aujourd’hui de 41 ans, livre avec Les Bonbons chinois son premier roman. Surprenant de violence – parfois jusqu’à l’agacement ! – la jeune écrivain parvient à restituer le malaise d’une génération perdue.

Jeudi citation avec Haruki Murakami

Sous l’égide de chiffonnette et repris chez Asphodèle

 

 
« Là où il y a de la lumière, il y a nécessairement de l’ombre, là où il y a de l’ombre, il y a nécessairement de la lumière. Sans lumière il n’y a pas d’ombre, et, sans ombre, pas de lumière. Carl G. Jung a expliqué ces choses-là dans un de ses livres.
Notre ombre, à nous, humains, est d’autant plus mauvaise que nous nous montrons ouverts et positifs. Plus nous nous efforçons de devenir des êtres parfaits, magnifiques, méritants, plus l’ombre s’emploie précisément à rendre sa volonté sombre, mauvaise, destructrice. Que l’homme tente de se diriger vers la perfection, qu’il cherche à aller au-delà de ses capacités, et l’ombre dégringole dans les enfers, devient diabolique. Il est donc tout autant criminel, selon les principes de la nature et ceux de la vérité, de vouloir s’élever au-dessus de soi que de se tenir au-dessous de soi. » 

1Q84

Livre 2

Juillet-septembre