Maybe in a Bukowski word

 

Je joue avec mon verre et je suis désolé de voir comme il se vide, trop vite. Ça m’inquiète , je ne sors plus que pour acheter du whisky et du vin.

Mai ça me fait du bien de sortir., de quitter ma chambre sale. Mes draps n’ont plus de couleur excepté celles de la crasse dans laquelle je vis. Combien de fois j’ai renversé mon verre ? Combien de fois ma clope les a brûlés ?

Je ne me lave plus, je pue sans doute mais je me suis habitué.

Je bois, je picole à n’en plus finir. Je ne parle plus à personne et personne n’essaye tant je deviens agressif.

S’il fut un temps où je pleurai sur mon sort, il est passé. J’ai pleuré sur moi mais depuis mes glandes lacrymales sont asséchées. Crois-moi mon frère de galère pleurer sans larme est pire que les larmes. Ça brûle, ça donne des nausées.

Ma seule activité est de lever mon verre, d’allumer une cigarette. Je ne mange plus, depuis longtemps seul l’alcool me tient en vie.

À part boire, fumer, cuver, dormir, dégueuler ou chier partout, j’écris. J’écris sur les murs, je gomme, je surcharge. J’ai pas de limite.

Je vais à la boite aux lettres parce que j’attends encore des réponses de mon éditeur, de l’argent. Le dernier courrier reçu, je l’ai lu à moitié puis jeté par la fenêtre.

La nuit dernière j’ai gueulé comme une truie, le voisin a tapé dans les murs jusqu’à ce que je me taise. Mais j’ai monté le son, ce con m’a réveillé. Lorsqu’il est venu cogner dans la porte je lui ai cassé une bouteille sur la tête, une bouteille vide bien sûr.

J’ai regardé le sang coulé, il s’est affalé comme un pantin , sonné. J’ai refermé la porte.

Plus tard les cognes ont tambouriné, j’ai gueulé que la porte était ouverte. Ils m’ont frappé ces salopards, j’ai vomi sur eux. Ils m’ont tabassé plus ort. Ça sentait le dégueulis et le sang dans la chambre.

J’aime pas prendre des coups mais j’aime quand mon sang coule, je le bois. Chargé d’alcool c’est comme une auto-perfusion. Je blasphème « buvez mon sang… »

J’ai un Christ sur le mur sans couleur, j’ai tout léché les soirs de manque, il est tout blanc maintenant.

J’ai plus de fric, j’ai soif, je suis en manque. Je tremble.

Plus un mot sur ma vieille remington, pas de ruban, mais je joue avec les touches, j’écris comme un fou mais la vieille page grise reste blanche .

J’entretiens toujours mon vieux Smith et Wesson 910, datant de la guette du Vietnam comme mon ami, mon frère. La détente sur la tempe, le bruit est impressionnant. Angoissant.

La balle est partie aujourd’hui, j’ai senti le sang couler ou l’alcool. J’ai juste tiré la langue une dernière fois.

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4 réflexions au sujet de « Maybe in a Bukowski word »

  1. Bukowsky ne noie dans les mots comme il se noie dans l’alcool. Il a atteint le summum de la popularité quand il avait dégueulé en plein plateau de télé. Mais ses mots sont trop crus comme un bon cru.

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  2. Tiens, nous parlions de Bukowski avec Bizak, il n’y a pas longtemps…
    L’alcool, oui, mais la beuverie et le crade, j’ai un peu de mal…
    Par contre c’est vrai que ton texte est inspiré !
    Bisous choup
    ¸¸.•*¨*• ☆

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