Le père-Noël est

7786139975_le-pere-noel-est-une-ordure-est-diffuse-le-6-decembre-sur-france-2Presque un an que nous attendions Noël, mon frère et moi mais là, consignés dans notre chambre parce que nous étions trop agités, bien évidemment nous avons fini par nous chamailler, ce qui entraîna rapidement la colère de nos parents.

De toute façon l’ambiance n’était pas à la fête cette année, impossible de savoir pourquoi.
Il fallait avant tout passer par la traditionnelle messe de minuit et sortir dans le froid glacial pour se rendre dans une église pas très chaude, c’était un calvaire.

Nous étions allés nous confesser quelques jours avant pour confier nos péchés au curé caché derrière sa grille en bois. Ça paraissait impossible de mentir, ça n’entrait pas dans notre éducation mais le moment était ennuyeux et l’on savait que la sentence pour obtenir le pardon était proportionnelle à l’importance de nos méfaits. En tout cas si nous débitions notre acte de contrition avec facilité, avouer ses fautes surtout lorsqu’elles paraissaient anodines relevait de l’exploit.

Comme d’habitude les quelques prières qui nous étaient alloués pour racheter nos fautes, étaient exécutées à genoux sur le prie-Dieu à la vitesse du vent du vent d’hiver. Savoir si nous avions le cœur plus léger après qu’avant n’avait pas d’importance, nous nous étions soumis aux traditions.

Ce soir-là la lente procession des chrétiens se rendant à l’Office avait un air de fête, emmitouflés dans les manteaux la tête couverte, la neige s’était invitée au rendez-vous sacré. Les flocons étaient gros, les trottoirs se couvraient de poudre blanche, impossible pour mon frère et moi de ne pas essayer de glisser, de ne pas ramasser la neige pour en faire des boules qui nous servaient de projectile.

Le rappel à l’ordre fut immédiat et nous interpella.

Dans l’église pleine à craquer nous esquissions quelques gestes d’amitié vers nos amis présents également. Nous chantions les psaumes que le prêtre nous indiquait avec une ferveur qui plaisait à nos parents, nous aurions pu débiter nos tables de multiplication avec la même facilité mais l’endroit se voulait solennel.

Pendant le sermon de l’officiant, si quelques vieux usés par le temps s’endormaient, mon frère et moi regardions pour un peu partout pour nous occuper. Ce que le prêtre déclamait d’une voix de stentor ne pénétrait pas dans notre cerveau. Nous attendions la bénédiction pour rentrer nous coucher.

Les cadeaux n’étaient distribués que le lendemain matin. La nuit fut longue parce que nous étions impatients et que le sommeil s’était enfui. Cachés sous les draps mon frère et moi papotions, incapables de dormir , excités par la découverte que nous recevrons un peu plus tard. Les paris allaient bon train. La liste que nous avions adressée au père-Noël était sans fin et lui laissait un choix considérable.

Il s’agissait d’être le premier au réveil pour découvrir les cadeaux, à cette idée nos cœurs battaient la chamade. L’un réveillait l’autre, c’était une habitude, et ensemble nous arrachions les papiers avec la plus grande fébrilité.

Ce matin là il n’y avait qu’une mandarine et quelques crottes de chocolat, nos parents restèrent enfermés dans leur chambre.

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6 réflexions au sujet de « Le père-Noël est »

  1. Bonjour Jean Charles
    Dans beaucoup de foyers c’était comme ça…
    Je me souviens quand j’ai avoué à ma mère que j’avais des doutes sur le père Noël, j’ai été accueillie par un ouf de soulagement… l’année suivante j’ai eu droit à un manteau (en novembre) et un dictionnaire le lendemain matin du réveillon (repas amélioré quand même)…
    Souvenirs souvenirs…
    Joyeuses fêtes de fin d’année à vous et à vos proches
    🎅🌲🎄🎁

    Aimé par 1 personne

  2. Coucou Jean-Charles,
    Très bel article. Le passage concernant le confessionnal que tu décris si bien me fait penser à ce que raconte Frank Mc Court dans on roman « Les Cendres d’Angéla ».
    Je te souhaite de belles fêtes de fin d’année.

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  3. Difficile de trouver le juste milieu entre l’orange et les crottes de chocolat, et puis l’avalanche indécente de cadeaux sous laquelle croulent certains enfants de nos jours…
    C’est ce que j’ai essayé de faire, et je suis assez contente du résultat cette année.
    Bisettes, ton billet m’a mouillé les yeux.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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