Le lis orangé.

Voici la consigne de la semaine chez Les impromptus littéraires
Après avoir fait votre valise toute la semaine, vous aurez peut-être envie de nous raconter la suite…ou tout autre chose.
Mais la consigne imposée est d’utiliser obligatoirement en démarrage de votre texte l’incipit du poème de Boris Vian « Le temps de vivre », à savoir :

« Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres« 
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« Il a dévalé la colline, Ses pieds faisaient rouler des pierres »
Comme un fou.
Il l’a vue de loin, persuadé que c’était elle. Les cailloux dégringolent sous ses chaussures. Il garde l’équilibre malgré tout. Comme un pantin désarticulé.
Il a un type de femme. Elle correspond. Il en est sûr.
Ses montagnes il les connaît, c’est sa vie. Il attend depuis longtemps celle qui partagera avec lui les matins brumeux ou les soleils se levant derrière le massif. Plus il se rapproche d’elle plus son cœur bat. L’effort ou le coup de foudre.
Elle a entre ses lèvres un lis orangé qui rehausse son teint halé. Elle marche d’un bon pas, le pied sûr. Ses jambes sont bronzées pour ce qu’il en voit. Les pataugas foulent le sol, assurées. Le chapeau à large bord couvre une partie de son visage. Sereine elle tourne néanmoins la tête quand elle l’entend débouler.
Il ralentit son allure de peur du ridicule.
Elle sourit.
Il se sent bête.
Il transpire.
Elle aussi.
Le montagnard qui trouble sa quiétude, l’étonne. Elle le sent animal. Ses traits la troublent. Son visage buriné et pourtant agréable la fascine. Il a l’air gentil. Presque beau.
Il la regarde de ses yeux vert, perturbé. En équilibre sur le sentier pentu. Il est en contrejour, le soleil l’aveugle. Il semble immense. Taillé dans le roc.
Lui ne sait pas quoi dire. Il ne dit rien d’ailleurs.
Elle sort sa gourde et lui tend. La sueur dégouline sur son visage. Il est beau en fait. Il ôte son chapeau et d’un revers de bras s’essuie le front. Elle devine ses muscles sous les manches de sa chemisette.
Il boit sans la quitter des yeux.
Elle ne parle pas non plus. Elle observe.
Il ne sait pas quoi dire, sa langue collée au palais. Seuls ses yeux vifs trahissent son émoi.
Elle réfléchit à cent à l’heure. Lui tourne le dos et reprend sa marche.
Il lui emboîte le pas, se rapproche d’elle quand le sentier le permet.
Ils marchent du même pas.
Plus bas, il sait qu’il y a un trou d’eau dans lequel il est habitué à se rafraîchir. Il espère s’y plonger avec elle.
Il passe devant elle sans un mot. Pour la guider.
Elle s’accroche à son allure. Glisse les pieds dans les cailloux qu’il a foulés. Là où il a laissé son empreinte.
Le soleil les accable.
Elle regarde la sueur mouillé sa chemise. Elle respire ses effluves bestiales.
Le spectacle qu’elle découvre la séduit, le trou d’eau claire, limpide, transparente et la petite cascade l’émerveille.
Elle est inondée de sueur aussi et la baignoire impromptue l’appelle.
Elle le regarde enlever son sac à dos, déboutonner sa chemise puis mettre son torse à nu. Il baisse son short puis plonge la tête la première dans l’eau claire.
Elle a eu le temps de regarder chaque muscle de son corps. Quant au milieu de l’eau, elle le voit se trémousser puis jeter son dernier rempart sur la roche, près d’elle, ses pensées s’agitent.
Elle ne sait pas trop ce qu’elle doit faire. Pourtant elle déboutonne sa chemise, l’enlève. Son soutien-gorge blanc, simple, enserre sa poitrine. Elle descend son short à son tour.
Il ne nage plus. Il la contemple. L’œil désireux.
Elle dégrafe son carcan, lui exhibant ses seins blancs puis se jette à son tour dans l’eau froide.
Comme lui, dans l’eau, elle retire sa culotte qu’elle lance sur les pierres brûlées par le soleil.
Ils nagent ensemble, les fesses hors de l’eau, s’aspergent, s’effleurent, se collent l’un à l’autre, s’embrassent.
Pourtant… le sexe moussu qu’il sent contre lui, le réconforte.
Elle ne lui laisse pas le temps de réfléchir, l’embrasse à pleine bouche pour l’empêcher de se poser des questions inutiles.
Il se laisse faire, surpris par un baiser trop sensuel.
Elle mord ses lèvres, suce sa langue, aspire sa salive, touche sa poitrine, caresse sa virilité. Elle sent sa résistance s’effondrer.
Il n’a jamais été confronté à ce genre de situation. Après l’étonnement, le plaisir le submerge. Ses sens marchent au ralenti. Il la voit encore descendre la montagne. Il sent son cœur tambouriner dans sa poitrine.
Il succombe., s’enfonce dans la sensualité.
Plus tard, étalés au soleil, il lui propose de rencontrer ses parents le soir même.
« Je ne peux pas, réplique-t-elle, mon mari m’attend à la maison mais voyons-nous demain au même endroit. »
Le douche froide a réduit ses ardeurs mais il sera encore là demain.

 

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9 réflexions au sujet de « Le lis orangé. »

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