Une histoire sans fin

    Femme nue de dos            Modigliani
Femme nue de dos
Modigliani

Elle me hantait quoi que je fisse mes pensées étaient toujours dirigées vers elle. Je ne cessais de penser à elle tout le temps.
Elle vivait dans ma tête. J’étais incroyablement épris sans que cela ne soit partagé.
Je me sentais plutôt idiot mais sortir de son emprise me semblait impossible. Pour l’heure j’en étais tout simplement incapable.
Elle m’habitait.
J’essayais toujours d’imaginer ce qu’elle pouvait faire. Certaines choses m’étaient insupportables.
J’espérais toujours qu’elle fût là. Je réclamais sa présence de tous les pores de ma peau. Je souhaitais presque qu’elle me tourmentât encore.
Pourtant si j’attendais beaucoup d’elle en fait je ne voulais plus rien. J’étais désespéré. Était-ce la vérité ?
Mon cerveau fonctionnait de travers. J’étais fou d’elle et je la détestais.
Quoi qu’elle dise. Quoi qu’elle fasse. Elle m’obnubilait.
Je n’étais plus maître de moi. J’usais d’artifice pour garder mon calme. Même si cela m’affaiblissait, mon obsession restait vivace.
Je me rappelais de tout : nos échanges, nos bagarres sur l’oreiller et la réconciliation dans les bras l’un de l’autre. J’aimais sa façon de me faire l’amour, brutale lorsque le plaisir se déclenchait, douce lorsqu’elle voulait me faire rugir de plaisir. Animale. Je l’aimais, elle me faisait rire. Ses odeurs, son corps en sueur, les effluves de ses aisselles, l’âcreté de son entre fesse, la liqueur de son sexe. J’étais comme une bête reniflant tout d’elle. Je me souvenais de chaque renflement, de chaque creux de son corps, de la rose sur son épaule gauche, de ses cuisses musclées, de ses seins toujours fiers.
J’étais mordu.
Fallait-il perdre quelqu’un pour se rendre compte qu’on l’aime plus que tout ? Ou était-ce le vide laissé par son absence qui décuplait le manque ?
Certes nous fûmes en désaccord sur bien des points. Nos vices nous rapprochaient tandis que nos contradictions nous séparaient.
Bien que nos moments d’intimité fussent sans pareil, elle s’abandonnait totalement. J’appris au fil du temps à faire résonner chaque parcelle d’elle comme un musicien aguerri je devinais quelle serait le cri qui s’échapperait de sa gorge. De son buste la tonalité frisait les graves plus je descendais vers son intimité plus le ton montait vers les aigus. Son corps était une harpe que mon irrésistible désir faisait vibrer comme les cordes d’une harpe.
Plus comblé que moi ça n’existait pas.
Pourtant plus le bonheur était intense plus il devenait douloureux. C’était une vérité que la vie m’avait enseigné.
Être amoureux était une façon de vivre, un état d’esprit. Quelque chose qui figurait un volcan, du souffre qui clapotait au fond des tripes mais qui quelquefois explosait provoquant des dégâts laissant sur son passage une couche de lave invincible, effaçant tout.
J’aimais cette fébrilité qui souvent souvent animait ma vie. J’aimais les rencontres tout en détestant les ruptures. J’étais un amoureux fidèle, je ne rompais jamais une relation. Je m’y installais, m’y complaisais. Mon sixième sens sens ne me trompait jamais. Par habitude je savais mais redoubler d’attention ne servait à rien. Mon père disait toujours que recoller les morceaux laissait place à la fragilité.
Croiser une de mes anciennes amies provoquait une décharge dans mon esprit. Nos meilleurs moments surgissaient. Mon bas-ventre n’oubliait jamais. Sexe et amour, amour et sexe m’étaient indissociables. L’empreinte était gravée à jamais.
Avec elle, oublier était impossible. La cicatrice subsistait. Après l’avoir un peu forcée elle se vengea. Le couteau qu’elle me planta dans l’abdomen ne me provoqua ni douleur ni conséquence, heureusement.
Me contemplant nu au sortir de la douche, je ne pouvais oublier cette marque indélébile. Je ne pouvais admettre jusqu’au jour où elle sonna à ma porte. Nue sur le pallier. J’ouvris la porte un peu surpris, la détaillai regardais ses fesses dandiner quand elle entra…

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4 réflexions au sujet de « Une histoire sans fin »

  1. Les affres de la passion dévorante façon toi. C’est décoiffant !
    Mais qu’est-ce qu’elle fait, toute nue sur le pallier ? C’est ça l’ennui, avec les feuilletons à épisode: il faut attendre ! 😉
    ¸¸.•*¨*• ☆

    Aimé par 1 personne

    1. 😀 Tu me fais rire Celestine. Je vis dans un autre monde.
      Je n’avais pas l’intention d’écrire autre chose… Dans mon petit cerveau en se présentant nue elle voulait revenir. J’ai chercher un titre qui pouvait résumer. 😀
      Comme c’est dommage de ne pas arriver à se faire entendre. 😆

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  2. Oui c’est le grand amour passionnel, je dirais avec une femme fatale. Le sexe seul ne peut remplir l’équilibre dans un couple quand, une des deux parties joue en solo, le reste de la musique et qui n’est pas des moindres.

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