Une autre personnalité

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Tout était en déséquilibre, j’avais du mal à le croire. Personne ne connaissait la vérité. Je m’étais inventée une double vie, des parents riches loin de l’université où j’étudiais.
Soudain tout chavira.
Mon père était un entrepreneur que la crise économique avait mis sur la paille. La liquidation de son entreprise avait été prononcée par le Tribunal de Commerce et en tant que dirigeant il était poursuivi par ses créanciers.
C’était un homme fini et d’après maman il se conduisait de façon étrange depuis quelques temps. Il buvait plus que d’ordinaire et disparaissait plusieurs jours d’affilée.
Je m’étais inventé une vie pour parader comme mes camarades de 5ème année de cette Université de province, une vie de riche héritière pour donner le change. J’étais capable de rire, d’offrir le champagne et de m’afficher dans les restaurants les plus huppés.
Mais le château de cartes s’écroula.
Un grand coup de fatigue suffit pour que ma vigilance se relâchât. Pour financer mes études je m’improvisai Escort et déposai une annonce sur un site spécialisé. Dès la parution mon email regorgea de propositions toutes plus indécentes et lucratives les unes que les autres. Il me fallut réfléchir encore et encore parce que si dîner au restaurant avec des hommes de l’âge de mon père ne me posait pas de problèmes les suivre à l’hôtel me semblait plus délicat, Je franchis le pas, autant par provocation que par intérêt financier, mes études étaient ma survie.
Pour compenser ce que mon père ne m’envoyait plus, je monnayais donc mes charmes parmi l’élite de la bourgeoisie provinciale.
J’appris à dissocier mon corps de mon esprit. Tant et si bien que de me retrouver dans le lit de notables pervers ne me posait plus de problème pourvu que les billets jaunes ou violets affluassent.
Mon corps jouissait certes mais moins que mon cerveau et l’argent dont ils me gratifiaient n’entachait pas ma raison. J’étais leur poupée bien sûr mais personne ne s’en plaignait. Ma vie d’étudiante comme celle de demi-mondaine me comblaient.
J’avais des comptes dans les plus grands commerces locaux. Je dînais dans les restaurants étoilés. Je possédais une voiture de luxe et pour l’ordinaire je payais le loyer de mon studio, mon quotidien, mes frais d’inscription à l’Université et j’arrosais copieusement mes amis étudiants qui me faisaient une cour effrénée.
Pour être franche j’avais plus de plaisir à faire l’amour qu’à étudier. Et plus mon niveau de vie s’en ressentait plus j’étais efficace. Partant du principe que toute peine mérite salaire, plus je me livrais plus les liasses de billets remplissaient mon tiroir.
Mais il y a des écueils qui font chavirer même la plus solide des embarcations.
L’amour. L’amour de ceux qui veulent plus que ce que vous leur donnez. La jalousie de ceux qui vous veulent exclusivement. Mes prestations étaient sans limite, j’acceptais tout. Trop peut-être.
Un célèbre psychiatre de réputation internationale voulait m’enfermer dans une prison dorée. Je ne le vis pas venir pourtant je résistais autant que faire se peut à sa jalousie. Il me couvrait de tout, argent comme perversion. Son imagination et sa méchanceté me faisaient peur. Je ne voulais pas céder à son chantage.
Mon père reçut une première photo de moi dans une position sans équivoque. Il en fut blessé et voulut comprendre.
L’enfant qu’il avait élevé ne pouvait être celui-là. Toutefois les photos que le maître-chanteur lui envoya, l’atterraient.
Son fils ne pouvait être devenu cette fille-là, C’était impossible… Il n’avait pas de mots tellement cette découverte le traumatisa. C’est pourquoi il me pista, me pourchassa, prit des tonnes de photos de mon tyran et moi.
Le pot aux roses n’était que trop évident, j’étais involontairement soumis. Il traquaa le praticien, l’agressa, le poussa dans le fleuve le regardant se noyer puis se rendit au commissariat.
Chaque fois que je me déplace au parloir de la prison, il ne vient pas. J’ai besoin qu’il me crie sa peine pour vivre ou mourir.

La consigne des Impromptus Littéraires 

Une consigne d’écriture vous demandant de démarrer obligatoirement votre texte par l’incipit suivant :
« Tout était en déséquilibre ».
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2 réflexions au sujet de « Une autre personnalité »

  1. Un texte fort, et brillant.
    Je ne connaissais pas l’anecdote sur la Miss trans.
    Les mentalités n’évoluent pas très vite en ce domaine…Si le monde des miss est aussi coincé là-bas qu’en France, c’est pas gagné.
    Bisous célestes
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Merci Célestine .
      Il n’y a que dans les pays d’Asie ou les transs sont acceptées. C’est un peu le 3eme sexe en Thaïlande.
      Ce pays est passé maître dans l’art de pratiquer ce genre d’opérations parce que lorsque les femmes apprennent que leur mari les trompent elles ont tendance à couper l’objet du délit. et bon nombre sont arrivés aux Urgences avec leur sexe dans la main.
      Voilà une bonne raison !

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