Science fiction

J’ai commencé à écrire ce texte ici mais il peut être lus indépendamment Si on m’avait dit (1) et Police (2) 

continuum-season-2-cover-poster-artworkElle était terrifiée. Au fond de son lit elle n’arrivait pas à dormir. Elle se voyait bien ramasser le cendrier puis frapper sur la tête de Pierre-Henri qui s’écroulait.

Elle sentait encore ses mains poisseuses mais le fait que le corps ait disparu la traumatisait. Elle aurait pu s’en réjouir. Le sommeil pourtant la saisie en un repos lourd, profond, réparateur. Quand elle se réveilla la bouche pâteuse, l’œil collé, l’haleine fétide, elle ne reconnut rien.

D’un mouvement vif, elle se redressa alors que des draps rouge-sang découvraient son corps nu. La texture et le glissement lui plurent mais… La voix de Pierre-Henri résonna dans des hauts parleurs ambiophoniques tandis qu’au plafond des images psychédéliques d’elle, le corps enroulé autour de cet hypothétique amant, s’évanouissaient dans l’infini.

Elle poussa des hurlements stridents renvoyés et décuplés par les murs sonorisés, elle en suivait presque les halos blancs qui rebondissaient ça et là. Inquiétants. Enervants.  Des voix subliminales aux intonations de Pierre-Henri lui susurraient des mots d’amour.

Son corps rageait alors que son cerveau tétanisé consentait déjà. Le ventre alangui elle se laissait aller. Deux, trois, cinq Pierre-Henri l’effleuraient. Chaque caresse précise lui arrachait des cris. Des doigts, des pouces s’affairaient sur elle, en elle. Elle n’avait plus de répulsion, les mots qu’ils lui délivraient à l’oreille, la laissaient pantelante.

Les seins gonflés, les tétons raides que des bouches avides énervaient tel des mûres rouges granuleuses dégorgeaient leurs sucs. 

Le plaisir l’inondait. celui qu’elle croyait avoir tué lui procurait des délices exceptionnels.

Etrange. Elle le sentait sans le sentir. Qu’elle voulut appuyer sur son dos; sur ses fesses, elle touchait son propre ventre. Il n’était qu’enflure, que voix, irréel, pourtant elle succombait.

Plus le cendrier d’onyx s’abattait sur la nuque de Pierre-Henri plus elle haletait sous l’emprise de cet amant virtuel.

Folie que tout cela. Qu’il ahana et elle se jetait au devant de lui, leurs corps s’entrechoquaient, la sueur perlait entre ses seins, sur son nombril.

Fébrile, elle le repoussa encore, le cendrier ferrugineux dégoulinant sur elle, du sang s’étalant sur son abdomen, seule dans son propre lit, elle hurla comme une folle.

Dans le couloir des rires diaboliques l’effrayèrent.   

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14 réflexions au sujet de « Science fiction »

  1. Ben dis donc je ne suis pas sûre d’avoir tout compris, c’est surréaliste !!! 🙄 Elle rêve ou elle est kidnappée par des aliens sadiques ? Ambiance glaçante bien écrite ! Choupinet, des fois tu m’inquiètes tu sais ! Boudin antillais ? Je raye de mes menus à venir !!! ^-^

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    1. Oui j’ai essayé de donner un côté un peu fictionnel à ce polar mais il semble que j’ai fait un flop 😥
      En fait j’essaie d’écrire un texte un peu fictionnel pour les impromptus mais c’est pas gagné 😉

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