Ecrire ou …

Jack daniels, бутылка, спиртное, виски,, 1920x1080Putain ! Tu ne tiens plus sur ton siège tellement ta tête tourne. Ça peut te sembler étonnant si t’as jamais bu. Les lettres sur le clavier te font des clins d’œil et puis s’échappent.

Tu n’as rien à vendre, rien à dire, tout à été dit. Tu ne pleures pas sur toi-même. Tu bois parce que tu as soif. Il n’y a rien à oublier, pas de ratage. Un verre suit l’autre jusqu’à ce que la bouteille soit vide et la bouteille va rejoindre les cadavres sur le sol. Comme des trophées au pied du lit.

Tes yeux sont chassieux par manque de sommeil ou peut-être pour avoir trop dormi. Tu ne sais pas. Tu as déjà essayé de comparer les cadavres à la longueur de tes nuits, sans succès.

La bave au coin des lèvres, le visage éraflé pour t’être trop approché du mur. Tu n’as plus de conscience, pas de regrets. Tu regardes tes mains gonflées par l’alcool, tâchées par les ans. Les deux phalanges qui te manquent, à ma main gauche, échangées contre une bouteille d’alcool, t’élancent ce soir.

À jeun la vie est dure, t’essayes de tenir droit contre le mur mais le papier à fleurs se décolle. Rien ne t’arrête, tu craches sur la colle, respires les effluves et vas jusqu’à lécher le vieux papier affaissé.

Tu sais que la vie est infecte, t’en veux à personne.

Tes histoires sont restées dans ta tête et l’alcool est resté dans ton corps. Tu vises le A avant de l’atteindre et tu regardes à l’écran ce putain de Z qui te nargue. Comment veux-tu écrire ! Les lettres défilent, te provoquent.

Les histoires ne débordent pas de tes rêves. Quand Paris-Soir t’a envoyé un mandat pour une histoire qu’il n’a pas publiée, c’est un don qu’il t’a fait. En mémoire du temps où tu n’étais pas une épave.

TU ECRIVAIS.

Tu es tombé de ta chaise ce soir et tu tutoies la colonie de cafards qui s’agite sous ton lit. Tu crois que tu vas pouvoir te lever pour les écraser. Même ça tu n’en n’es plus capable. C’est dans ta tête que t’entends la carapace se briser sous ta peau.

Cette nuit le cafard te grimpe dessus, tu sens les antennes dans tes trous de nez et les pattes qui jouent avec tes cils. Tu tentes de les repousser en expirant violemment. Le cafard s’est accroché, ce n’est qu’une poussière un peu grasse qui est sortie de ton nez.

Tu sens les six pattes qui, une à une, pénètrent tes narines. Tu voudrais crier. Le supplice est immonde. Tu éternues, croyant que le bête se meurt, et que cette humeur qui s’écoule… mais c’est ton sang mon frère, un vaisseau pété qui libère l’humus.

Le sang et le whisky coulent à flots ce soir.

Tu as bu plus que de raison. Tu tentes de te relever mais l’effort est vain. En te tournant violemment tu te cognes sur le pied du lit. Tu l’as eu ce cafard sans le faire exprès. Tu as entendu sa carapace craquer sous le choc.

Tu portes ton index noir de crasse sous les ailes de ton nez mais tu ne sais pas si ce qui en sort est de la morve ou un orthoptéroïdé. Pourtant l’odeur ferrugineuse et la texture auraient dû te guider. Il est cassé, ça fait mal, mais peut-être que le cafard est mort.

Tu vomis. Le liquide répugnant te brule l’estomac au passage. Allongé sur le dos, la lave dégouline de ta joue jusqu’à dans ton cou. Tu sens comme une trainée en fusion descendre sur ta peau.

Incapable d’écrire, tu récites un Notre Père plein de colère parce qu’il est facile de s’en prendre à ce qui n’existe pas. Tu le sais n’est-ce pas !

Tu mélanges tout. Tu crois que l’alcool t’aide à écrire. Tu crois que ta violence est plus forte, plus marquante. Que l’écrit atteint son but.

Regarde-toi !

Tu crèves seul sous ton lit. Étouffé par tes vomissures. Tu as beau régurgiter la bile et tes vomissures, elles t’étouffent.

Tu restes le roi de l’inachevé.

Publicités

14 réflexions au sujet de « Ecrire ou … »

  1. J’ose espérer que ce n’est pas autobiographique parce que ça fait pas envie ! 😦 Mais on est vraiment dans la peau de l’épave dont tu parles et ça c’est plutôt très bien ! 🙂 Percutant, juste et bien écrit, comme j’aime ! 😉 Mais arrête de boire hein ! 😆 Bises Choupi ! De toutes façons l’alcool a fait plus de mal aux bons écrivains qu’autre chose ! Regarde Fitzgerald, il aurait pu écrire le double (et de qualité) s’il n’avait pas été saoûl du matin au soir à une époque , après c’était juste le matin ou juste le soir mais à 44 ans c’était fini… Dommage non ?

    J'aime

    1. Mais tu as oublié de dormir cette nuit où tu attendais le match d’ouverture du Mondial. 😀
      J’avais envie d’écrire de cette manière, de me mettre dans la peau d’un Bukowski car c’est à lui que je pensais en écrivant. 😡 Chacun ses références 😛

      J'aime

  2. L’image du cafard dans les trous de nez va me hanter toute la journée…c’est malin!
    Mais remarquablement bien écrit . Pour un prince de l’inachevé, tu m’as achevée, là! 😉

    J'aime

    1. C’est un image forte Célestine que celle du cafard dans les trous de nez mais moins que celle de la carapace qui éclate sous la dent et fait gicler ses humeurs sur les lèvres et la langue. 😀
      Enfin voilà ce qu’on écrit les nuits d’orage. 😦

      J'aime

  3. Ouf! Tu m’as quand même fait un peu peur avec ces histoires de débandade et de Whiskey. Je lis que tu t’es mis dans la peau d’un Bukowski. Alors me voilà rassurée! Je pourrai dormir sur mes deux oreilles (en fait, c’est impossible de dormir sur les deux en même temps, je n’ai jamais compris le sens de cette expression mdr…..). Bisous

    J'aime

  4. L’inachevé est hélas le propre de la vie et de l’être humain.
    Beaucoup de grands écrivains étaient des alcooliques, des drogués, des dépressifs et des suicidaires…
    Joli texte, on ressent bien le dégoût que ressent ton personnage pour ce qu’il est devenu, joli bestiaire avec les cafards…

    J'aime

    1. Les cafards m’ont plu et j’espère que Célestine en a rêvé (joke)
      Effectivement, une grand nombre d’écrivains buvaient peut-être, parce que leur vie n’était pas aussi belle qu’ils le souhaitaient ou encore que l’alcool était nécessaire à la noirceur de leurs écrits…où… enfin je n’en sais rien.
      L’alcool libère certainement un potentiel de colère rentrée !

      J'aime

À vous de jouer, quelques lignes pour vous exprimer :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s