Mise en bouche de Kyung-Ran Jo

Mise en boucheJung Jiwon est une femme de 33 ans, cuisinière de son état et follement amoureuse de Seokju architecte de renommée. La science de la cuisine elle l’a apprise avec sa grand-mère, qu’il l’a élevée, et qui vouait une véritable passion à la nourriture.

C’est à 20 ans que Jung Jiwon comprend qu’elle en fera son métier, que tout ce que son aïeule lui a transmis, elle le mettra à disposition des autres.

Ce livre est un hymne à l’amour et un hymne à la nourriture. Il est difficile de ne pas saliver, de ne pas sentir les odeurs, quand Jung Jiwon parle de cuisine, prépare un plat. Chaque aliment lui fait penser au corps de son amant et pour elle, la cuisine est aussi orgasmique que l’amour. La première fois qu’ils se rencontrent, il vient diner au restaurant, elle prépare le plat pour lui. Chez Nove, la cuisine est italienne.

Lui c’est Seokju, un architecte, qui lui promet qu’il créera une cuisine comme elle le souhaite, une maison avec au premier la cuisine de Jung Jiwon, au deuxième la bureau de Seokju et au troisième la chambre avec pour particularité un poteau de descente comme chez les pompiers parce que lorsqu’un plat est prêt il doit être consommé chaud.

Mais quatre ans plus tard lorsque Seokju, la quitte pour vivre avec Seyeon, un mannequin, Jung Jiwon abandonne les cours de cuisine qu’elle donnait chez elle pour reprendre une place de cuisinier chez Nove, le restaurant dans lequel elle travaillait avant d’ouvrir son cours. Chez Nove il n’y a pas moins de sept cuisiniers plus le patron, et tous s’en vont un mois par an parcourir l’Italie, pour découvrir l’aliment, la saveur, le plat, le vin qu’ils rapporteront ou reproduiront à Séoul. Chez Nove la cuisine c’est sérieux.

Jung Jiwon est dépressive depuis le départ de son chéri, et ce n’est pas Pauli le setter qu’il lui a laissé en garde parce que l’autre n’aime pas les chiens, qui la réconfortera. Le chien se sent aussi délaissé qu’elle et l’accompagne dans sa déprime. Mais elle vit, pense et reste persuadée que Seokju lui reviendra et son principal argument pour cela, est le plat qu’elle cuisinera pour lui. Parce que Seokju est un gourmet, amateur de bonne chair, qui aime sentir le sang gicler dans sa bouche lorsqu’il mange un morceau de viande et que Seyeon, le mannequin aux longues jambes, est végétarienne.

Jung Jiwon a son plan pour qu’il mange…

Quelques extraits :

« Quand je vois une maison dont le salon est encore illuminé à minuit, je pense à deux choses. Soit à un couple assis face à face, trinquant avec un verre de vin autour d’une bougie subtilement parfumée soit à un couple prêt à se disputer jusqu’au bout de la nuit. On ne se dispute pas dans l’obscurité. On fai l’amour ou on discute. » page 20

 

« La truffe et l’asperge sont parmi mes préférés, elles poussent seules, du fond de la terre. Je croyais que c’était pareil avec l’amour. » page 25

 

« Les romaines servaient à leur mari des pâtisseries symbolisant un vagin pour manifester leur mécontentement. »

 

« J’attends qu’il croque au moins une bouchée. Celui avec qui on peut manger est aussi celui avec qui on peut coucher, et vice et versa. » page 74

Une réflexion :

Un livre intéressant, qui n’est heureusement pas un livre de recettes, ce qui ne m’aurait pas intéressé. J’aime beaucoup le parallèle entre les aliments et le corps, entre la recette et l’amour.

L’auteure parle de cuisine en toute connaissance, semble-t-il, et la cuisine dont elle parle est la cuisine italienne, dite exotique pour un Coréen.

Je dirai que ce livre est passionnant, surprenant et quelque part un peu gênant. L’écriture est agréable, peuplée de de vérités acides et entre des feuilles de cresson et un verre de vin de Toscane on ne s’ennuie guère.

Kyung-Ran-Jo
Kyung-Ran-Jo

L’auteure :

Kyung-Ran Jo est coréenne comme son nom l’indique ; Quarantenaire le livre est le quatrième qu’elle commet mais le premier traduit en français.

Livre lu dans le cadre du Printemps coréen 2014 chez Catherine

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5 réflexions au sujet de « Mise en bouche de Kyung-Ran Jo »

  1. Ce livre a l’air plutôt original . J’aime le premier extrait que tu cites. Il n’y a paraît-il pas de recettes pour faire que l’amour dure ou tout au moins épanouisse les deux amoureux et ne se termine pas en soufflet.
    Toi aussi tu dis auteurE…j’aime pas, je dis toujours auteur et j’ai l’impression que je suis le seul ou presque.

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        1. « L’amour est une catastrophe magnifique: savoir que l’on fonce dans un mur et accélérer quand même; courir à sa perte, le sourire aux lèvres; attendre avec curiosité le moment où cela va foirer. L’amour est la seule déception programmée, le seul malheur prévisible dont on redemande »

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  2. Merci pour ce roman que je ne connaissais pas, Jean-Charles, je vais me le trouver, et lien noté pour le challenge.
    @ Mind The Gap : j’écris aussi « auteur » au féminin, je trouve que c’est moche avec un « e » et puis auteur, c’est universel (pour ne pas dire neutre), pas de masculin, pas de féminin 😉

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