Un paradis idyllique ?

Bohol : Alona beach
Bohol : Alona beach

Elle s’appelle Evita, vous ne pouvez pas la connaître, c’est le vent qui l’a poussée jusqu’à moi comme une bouteille à la mer échouée dans l’océan de mes pensées.  Elle vit dans un endroit dont on rêve tous dès l’instant où le soleil réchauffe le sable blanc. Les plages sont grandes, désertes et les palmiers baignent leurs racines, tranquillement.

Pourtant le beau temps passé, c’est le chaos. Le ciel se déchaîne et lorsque la pluie débarque, ce n’est pas celle que l’on connaît dans nos régions qui ressemble à un pipi d’ange,  c’est comme une guerre que se livrent le ciel et la terre, l’un déversant ses trombes d’eau que l’autre refoule à grand-peine.

A tel point que le pays est immobilisé, exsangue et se relève dans la douleur après chaque manifestation climatique.

Mais fort de cela les volcans veillent et n’hésitent pas à se réveiller, le pays dénombre près de 55 volcans sous haute surveillance dont l’un s’est manifesté récemment. Les noms sont exotiques : le Jolo, le Taal, le Pinatubo, le Patoc, le Cancanajag ou bien le Batalukan, qui propulsent leur lave sur des kilomètres à la ronde.

Pas moins de Sept mille cent sept îles, trois cents ans de colonisation espagnole, un pays catholique avec une foi à toute épreuve. Dans le sillage des Espagnols, les Américains y ont installé leurs bases militaires pour surveiller l’expansionniste Japon, qui guerroyait dans tout l’Asie.

Le Mayon en 1984
Le Mayon en 1984

Mais que m’importe ce passé que je connais, que je n’ignore pas, dont nous ne sommes pas responsables.  Si nos ancêtres ont combattu, quelles que soient notre origine et notre couleur nous n’en serons jamais coupables.
Mais Evita qu’a-t-elle à voir dans tout cela ? Et moi ? Suis-je l’amiral aux commandes d’un bateau qui déambule en pleine mer de Chine ?  

L’Evita dont je parle n’est pas l’illustre Sud-Américaine à laquelle vous pourriez penser. Elle n’est autre que celle qui fait battre mon cœur par delà les continents.

L’endroit où elle est née, son passé génétique, n’a d’attrait que pour moi. Les sentiments que j’éprouve pour elle, vous surprendraient.

Je la sais droite, sans faille, indéfectible, fidèle, amoureuse, belle, lascive. Mais je ne voudrais pas vous faire rêver, elle m’appartient, elle est à moi. Mon âme est en perdition depuis que je la connais, je flotte au-dessus de la réalité. Elle a une telle emprise sur moi que je suis comme un compteur électrique en surcharge qui disjoncte dès qu’elle s’absente.

Je deviens comme elle, jaloux de ce qui n’est pas, érigeant une muraille entre elle et les autres. Mon corps brûle quand il fait trop chaud sur son île et tremble quand les typhons se déchaînent.

Typhon Bopha en 2012
Typhon Bopha en 2012

Quelques fois lors d’éruptions volcaniques, la lave s’écoule et charrie sur son passage tout ce qu’elle rencontre, l’emmène et l’immerge sous les flots. J’ai peur pour elle. On est si loin. Les îles comme celles-ci sont dangereuses mais à l’abri  des icebergs qui fondent à des milliers de miles de ces tropiques.

Evita est comme Myrthe, une déesse, une patronne.  Son pouvoir érotique est tel qu’à 12 000 kilomètres d’elle j’en ressens les décharges sensuelles.

Je suis malhabile pour parler d’elle pourtant la Pinay est extraordinaire quand elle vous aime, d’une fidélité à toute épreuve mais aussi d’une jalousie excessive, elle fait table rase et  aucune femme n’entre dans le périmètre qu’elle a fixé.

Par contre, elle met sa sensualité en avant et parée de tous ces atours elle sait se rendre inoubliable.

Mon Evita est irrésistible et je ne peux plus me passer d’elle. C’est pourquoi dès l’hiver prochain, je mets le cap sur Les Philippines.     

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-comLes mots qu’il fallait utiliser :

espérer, flotter, perdition, cap, sillage, bouteille, iceberg, vent, déambuler, bateau, continent, flots, amiral, génétique, sentiment, débarquer, faille et myrte, malhabile, muraille

28 réflexions au sujet de « Un paradis idyllique ? »

  1. Un paradis un peu effrayant par certains côtés. Cette intensité qui le caractérise le rend attrayant et en même temps invite à la prudence. Mais l’amour se fiche de la prudence, pas vrai ?
    Un très beau texte…

    J'aime

  2. Un pouvoir érotique à douze mille kilomètres de distance, voilà qui met définitivement une claque au vieil aphorisme dépassé: « loin des yeux, loin du coeur »…
    Son nom, c’est Evita Pinay? y a pas d’astuce? 😉

    J'aime

    1. 😆 tu as le don de m’faire rire… Pinay c’est ainsi qu’on appelle les filles des Philippines ( PInoy pour les hommes); non , non y’a pas d’astuce.
      Mais qui est loin des yeux maintenant avec internet ?

      J'aime

      1. c’est gentil de penser à Bobby après ce commentaire, mais tu me fais rougir, je ne lui arrive pas à la plante des pieds!
        c’est vrai qu’on a des coups de cœur inexplicables et des rencontres inévitables
        sois heureux

        J'aime

  3. On te la laisse Evita, fait trop chaud là-bas !!! Désolée, pas eu le temps de lire ton texte avant, je me devais de le faire avant de partir, il est très réussi, on avance bien !!! 😉 Bises choupi !

    J'aime

  4. Hello Jean-Charles,
    De ma tour, je n’ai pas pu poser mon com 😥
    Tu me rassures, l’envie est dans ta tête. Une histoire d’amour, aussi belle soit elle, ne résiste pas longtemps à 12 000 kms 🙄
    Un billet fiction se mêlant à une documentation géographique très étudiée le rend plus vrai, et j’ai bien aimé 😆
    Bonne fin de semaine (on y est presque :wink:)
    Gros bisous d’O.

    J'aime

    1. Hello Ni…Soène,
      Tu n’imagines à quel point je voyage sur internet et je deviens tellement moins c.., j’veux dire plus cultivé, l’un n’empêche pas l’autre. 😀
      J’ai une grande passion pour certains pays d’Asie comme le Japon, le Vietnam et les Philippines et maintenant le Bhouthan. Oui, oui ! Cherche sur la carte, un tout petit pays de moins d’un million d’habitants situé sur les contreforts de l’Hymalaya. Ils n’ont la télé que depuis 1999. Ils possèdent des temples magnifiques accrochés à la montagne. Les habitants portent toujours le costume traditionnel tant à l’école qu’au travail (c’est la loi) et parlent anglais qu’ils apprennent dès l’école primaire. C’est déroutant.
      La capacité des Asiatiques à se relever est impressionnante. . Enfin je suis soulant à ce propos. 😛
      Bises d’en dessous les barres de fer de Gustave.

      J'aime

À vous de jouer, quelques lignes pour vous exprimer :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s