Le diable chuchotait de Miyabe Miyuki

U9782809703351La quatrième de couverture :

Trois morts à Tôkyô : une jeune fille saute du toit d’un immeuble, une autre se jette sous un train, une troisième est renversée par un taxi, tard dans la nuit. Accidents, suicides ou meurtres ?
Déterminé à aider son oncle, le chauffeur de taxi malheureux, Mamoru, du haut de ses seize ans, entreprend de chercher les réponses à ces questions. Il découvre rapidement que celle que est morte sous les roues de la voiture est impliquée avec trois autres femmes dans une escroquerie. Et, lorsqu’un homme d’affaires éminent apporte un nouveau témoignage qui pourrait disculper son oncle, Mamoru décide qu’il doit aussi sauver la dernière des quatre filles, cible du tueur.
C’est alors que l’assassin le contacte.

Miyabe excelle à instiller des touches de fantastique dans la réalité urbaine et à doser savamment le suspense, en nous attachant aux pas d’un détective adolescent, attirant et original.

Ma façon d’en parler :

Mamoru Kusaka est un adolescent à qui la vie a réservée bien des déboires et lorsque son oncle est mis en garde à vue, il cherche des moyens pour l’aider. C’est un polar inhabituel dans le sens où l’enquête n’est pas menée par des policiers mais par un jeune homme qui veut aider son oncle.

Dans sa quête, il découvrira pourquoi son père, qui l’a abandonné lui est sa mère après avoir vidé les caisses de la mairie, ne lui a pas donné signe de vie. Et ce mystérieux témoin qui se présente pour fournir un alibi à son oncle, est-il crédible et surtout, qui est-il pour être aussi prévenant à l’égard de toute la famille.

Parce que la vie a été difficile, Mamoru est un adolescent aimable et travailleur. Les petites mesquineries que d’autres étudiants lui réservent, il s’en sert contre eux-mêmes. Il travaille le samedi et les vacances dans une librairie et le chef de service, à qui il a confié son lourd passé le soutien dans tout ce qu’il entreprend.

Mamoru réussira-t-il à sortir indemne de cette histoire de manipulation ?

Ce que j’en pense :

J’ai bien aimé lire ce livre dont l’action se passe dans un pays bien différent du nôtre. L’auteure n’a pas hésité à faire des rebondissements pour que l’histoire soit tonique. Son assassin est un personnage étrange par sa démesure.

Miyabe Miyuki raconte ici différentes choses et posent des questions : Qu’est-ce qu’un témoignage fiable ? Est-ce qu’un scientifique est rattrapé par sa science ? Est-ce parce que le père est un voleur que le fils doit suivre le même chemin ?

Et puis, toute cette technique pour ouvrir n’importe quelle serrure, qu’un « vieux fou » enseigne avec passion à Mamoru, technique dont il usera avec discernement mais qu’il apprend comme une philosophie.

Ou encore, ces techniques de vente, théoriquement interdites, que sont les messages subliminaux et qui poussent même à faire des choses irrationnelles comme des achats compulsifs pour certains ou des crises de délirium pour d’autres.

Et même, l’hypnose que l’auteur aborde au travers de l’un de ses personnages clés…

Voilà en tout cas pour toutes ces raisons, j’ai pris plaisir à lire ce livre foisonnant et original.

Un extrait :

« La disparition de son père et le scandale qui avait éclaté ensuite avaient apportés de profondes et désagréables transformations dans la vie quotidienne d’ « enfant » du jeune Mamoru.

Malgré tout, immédiatement après et jusqu’à ce qu’il entre à l’école primaire, la situation était restée supportable. Comme Mamoru lui-même, en effet, les enfants de son âge ne connaissaient pas encore la signification des mots « détournement » et « disparition ». Mamoru trouvait étrange que les parents des enfants chez qui il allait jouer se montrent subitement distants. Ses amis se demandaient pourquoi leur mère leur interdisait de jouer avec le petit Kusaka.

(..) Mamoru, lui, quant il allait jouer chez un ami et qu’on lui disait que ce jour-là celui-ci n’était pas à la maison, le croyait sincèrement et se contentait de s’amuser seul chez lui. Il y croyait encore. »

                                                                                                   Page 98 et 99

                                                                                        Collection : L’Asie en noire

                                                                                        Editions Philippe Picquier

Challenge écrivains japonais 2013
Challenge écrivains japonais 2013

Du sang sur la toile un autre livre de Miyabe Miyuke ici

 

7 réflexions au sujet de « Le diable chuchotait de Miyabe Miyuki »

    1. Coucou Cat les avis sont partagés à propose de ce livre, mais attention ce n’est que Le diable chuchotait si je suis courageux ma chronique de Crossfire sera en ligne demain et c’est aussi un livre qui m’a plu. 🙂

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