Pyrokinesie

pissenlit1-300x199La sueur coulait le long de ses joues laissant comme un sillon dans le maquillage. Vu de loin, on pouvait penser qu’elle pleurait mais il n’y avait pas de risque. Seul Râ pouvait espérer quelques réactions. Il chauffait. Durement. Les pieds dans le bassin elle regardait l’eau trouble sans la voir. Ses extrémités étaient au frais et elle en acceptait toutes les sensations. L’eau fraîche remontait le long de ses mollets fatigués et de ses cuisses musclées. Le plaisir. Elle connaissait.

Ses mains encore rouge du sang de son assaillant la firent frissonner.

Le mec en face d’elle, de l’autre côté du bassin, tentait de poser son regard entre ses cuisses. C’est elle qui décidait. Elle savait qu’un imperceptible mouvement de ses jambes était comme un leurre au bout d’une canne à pêche.

Ce con, oserait-il forcer le passage. Elle était en feu. Pas celui déclenché par une quelconque libido mais la haine de ces gars qui tendent leur étendard comme un laissez-passer.

Il la défiait, insistant. Sûr que sa belle gueule était un sésame.

Elle leva la tête vers le soleil ouvrant les yeux au rayon qui l’emplissait. Son cœur battait violemment dans sa poitrine. Elle rechargeait ses batteries. Des frissons de feu l’agitaient. Elle aimait ces moments où son corps se remplissait.

C’était une enfant du soleil échouée ici par hasard. Son corps d’adolescente androgyne fascinait. Elle aimait en jouer et déclencher son bien-être. Disciplinée, elle n’usait de ses particularités qu’à bon escient.

Il osait l’impudent, bouger pour entrevoir ce qu’il ne voyait pas. Une flammèche sur l’eau sale brulait. Elle n’avait pu se contrôler plus mais personne n’avait fait attention.

Elle leva les yeux vers l’astre brillant comme si elle demandait pardon.

Il la défiait l’imbécile. Ses yeux clairs souriaient comme s’il était en territoire conquis. D’un geste acquis il posa sa main sur sa protubérance pour lui signifier…Il n’eut pas le temps de voir les flammes dans ses yeux.

C’était toujours pareil avec les hommes. Leur cerveau n’avait pas de barrière. Elle savait qu’il ne s’arrêterait pas. Ses amants, elle les choisissait elle-même, plutôt par besoin qu’envie. Elle avait une prédilection pour ceux qu’elle sentait faibles, ils ne posaient pas de question. Les mâles dominateurs, trop sûr de leurs atours ne l’intéressaient pas.

Déjà il était à côté d’elle, touchant sa braguette comme s’il aiguisait son couteau. Elle regardait ses pieds brûlant dans l’eau, sachant qu’elle ne pourrait pas faire autrement. Il ne vit pas l’éclair dans ses yeux mais il ôta la main de son entrejambe comme s’il s’était brulé.

Elle ne sourit pas.

Lorsqu’elle se mit debout pour le suivre, il ricana. Elle vit ses yeux verts de bien près. Le sourire qu’il arborait au coin des lèvres l’énervait. Elle sentit le feu bouillir en elle. Il la conduisit vers la ruelle à la sortie du parc, incapable de se maitriser. Elle l’entendit hurler de douleur lorsqu’il retira promptement sa main de ses fesses.

— C’est quoi ce bordel ? meugla-t-il.

— Un piège à cons, dit-elle simplement.

— Tu vas me le payer.

Sa simple assurance la fit éclater de rire. Face à face, chaque pas qu’il tentait se voyait freiné par une boule de feu. Elle ne le touchait pas, les mains sur les hanches, sa concentration faisait le reste.

Trois petits éclairs de feu surchauffèrent les boutons de son Levis. Le visage décomposé il tenta  d’enlever son pantalon. Les yeux pleureurs. Une atteinte à sa virilité provoqua un afflux de larmes dans ses yeux. Elle l’aida, son pantalon ne fut que cendres.

— Merde, Putain c’est quoi ça.

La faiblesse de son langage ne l’étonnait pas. Les mecs deviennent vite vulgaires lorsqu’ils perdent les pédales.

Elle brula son slip CK d’un doigt inquisiteur. Comme une vierge effarouchée il tenta de camoufler sa virilité.

— N’était-ce pas ce que tu voulais me montrer ? demanda-t-elle. Pourtant tu sembles peu vaillant.

— Ta gueule, connasse. Fit-il en se précipitant sur elle.

Une boule de feu le repoussa vivement. Il enleva son t-shirt rapidement, nu devant elle, il avait perdu toute son assurance. Mais pas son agressivité.

Il la surprit, la plaquant au sol et lui assénant des coups au visage comme au menton. Sans réaction sur le moment, elle le repoussa, la flamme qu’elle lui expédia, le fit plier des genoux d’un coup, il se consuma devant elle pour n’être vite qu’un tas de cendres.

Elle retourna glisser ses pieds dans le bassin, accrochant ses yeux au Soleil pour se recharger. Elle n’avait fait que se défendre.

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Pour l’atelier d’écriture de Leiloona.

Fortement inspiré par Crossfire de Miyabe Miyuki.

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