Fric, macadam et rendez-vous de Jean-Charles

FricPaul est cyclard à Paris Presse et conduit son engin le téléphone scotché à l’oreille, maintenu par la sangle de son casque. Dans son top case, au fond de la sacoche à rabat une liste qu’il doit remettre à un journaliste d’un grand quotidien national. Le rendez-vous est fixé dans la salle du départ de la gare  de l’Ouest À cette heure-ci la ville est encombrée et Paul doit prendre des risques, la patience n’est pas son fort et il n’hésite pas à griller les stops, à circuler sur les trottoirs. Il roule au galop, animé par le désir de respecter ses engagements.

Virginie est assistante-rédactrice, c’est elle qui doit récupérer le pli à la gare. Elle n’a pas une minute à perdre, ce n’est pas très loin du journal et comme prendre le métro n’est pas plus rapide elle opte pour le pédibus jambus pour se rendre à la gare. C’est une jolie fille avec des airs d’enfant à peine sortie de l’adolescence. Elle saute à cloche-pied ânonnant : « Pan-dé-mo-nium, pan-de-mo-nium ». C’est le sésame qu’elle doit donner en échange d’une enveloppe.          

L’heure tourne. Soudain Paul freine brusquement. Au croisement une jeune fille déboule sur l’avenue. Il a juste le temps d’apercevoir son visage que déjà elle est par terre. Elle a vu ce Zorro des temps modernes, tout de noir vêtu avec son casque sur la tête. Paul arrête sa machine dans un dérapage contrôlé.

Un genou à terre, il enlève son casque pour ne pas l’effrayer. L’appelle : « mademoiselle » sans qu’elle ne bouge d’un seul cheveu. Il ose à peine la toucher, cherche des traces de sang. Ses jambes nues dépassent de son short en jean et paraissent en bon état. Paul sent l’angoisse le saisir, il a un rendez-vous urgent et cette fille inerte sur l’asphalte l’agace. Il l’a à peine bousculée il en est sûr.

Virginie a les yeux ouverts derrière ses paupières closes et regarde le mec penché sur elle. Elle ne voit pas venir la gifle qu’il lui assène dans sa frustration. Elle le regarde avec stupeur, déçue par son geste discourtois. Pour se venger elle le martèle de ses poings et l’abreuve d’un tas de noms d’oiseaux qui ne figurent dans aucun dictionnaire. Dans son élan elle le traite même de pandémonium…

 

Si l’histoire de Paul est Virginie démarre sur le trottoir, elle risque d’être tourmentée. Virginie travaille pour le compte d’un fouille merde en quête de sensation qui s’est mis en tête de révéler l’un des plus gros scandale financier du pays. Les sommes en jeu sont gigantesques et les personnalités impliquées sont nombreuses ; il risque même d’y avoir du sang sur les trottoirs.

Lorsque Paul a remis l’enveloppe à Virginie il avait l’espoir de vivre une belle histoire d’amour. Il n’imaginait pas qu’entre elle et lui il y aurait le fric, le macadam et un rendez-vous incertain.

Un polar GIGANTESQUE mené tambour battant avec des rebondissements surprenants.

                                                            Michel Fling pour la Webzine du Polar.

 

       

N.B. : Je me suis rendu compte bien trop tard que les éditions Asphodèle existent réellement mais j’ai eu la flemme de refaire la couverture. J’espère simplement que mon petit texte ne portera pas préjudice.

Texte écrit dans le cadre des Plumes d’Asphodèle avec les mots suivants à insérer : Départ – salle – téléphone – heure – désir – impatience – minute – frustration – déçu – enfant – pandémonium – liste – angoisse – patience* – espoir – stupeur – galop – gifle – gigantesque

38 réflexions au sujet de « Fric, macadam et rendez-vous de Jean-Charles »

  1. Une drôle de version de Paul et Virginie !!! Sauf qu’une quatrième aussi longue (fut-elle bien écrite), moi je ne vais pas jusqu’au bout !!! 😆 Ta couverture est très belle !!!
    P.S. : j’ai tout lu, je rigooole !!! Pour les éditions Asphodèle, tu m’en bouches un coin, j’irai voir leur catalogue !!! 🙂

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  2. Bon sang, mais on s’y croirait !!! Bravo !
    De mon côté, je n’ai vraiment pas eu le temps d’écrire quelque chose, dommage… à moins que je ne le fasse ce soir et j’aurai du retard…
    Bon weekend !

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  3. Je viens tard pour mon commetaire mais je ne suis pas déçue. J’ai bien ri et j’en ai bien besoin en ce moment ! un bémol moi je ne vais plus écrire quand je vois une telle perfection.
    avec le sourire

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  4. Et les consignes, alors ? 🙄
    C’est bien trop long pour mon agenda, Jean-Charles 😆
    Mais je reviendrai sûrement à l’été 2014, j’aurai plus de temps !
    Bon dimanche et bises d’O.

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  5. Impossible de commenter chez toi depuis ma tour, même en me glissant sous un autre com, comme je suis obligée de la faire chez ta Choupinette !
    499 mots, la limite… tu aimes les limites, mais je constate que cette fois tu ne l’as pas franchie 😆
    C’est une histoire entière mais un résumé.
    Ta photo est belle aussi.
    Bisous d’O.

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    1. Oui je suis bavard des doigts, c’est pour ça que c’est aussi long. 😀
      Je ne suis pas toujours border line si c’est ce que tu voulais dire. 😀
      Bonne journée et surtout ouvre la porte de la tour pour y faire entrer le soleil.

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