Un café maison de Keigo Higashino

un_cafe_maison_« Ayané regardait les jardinières du balcon depuis l’intérieur de la maison. Les pensées commencent à fleurir. Elles manquent d’eau mais cela n’altère en rien l’éclat de leurs couleurs. Ce ne sont pas des fleurs voyantes, mais elles ont une vigueur extraordinaire. » Telles sont les première lignes de ce roman.

Ayané est mariée avec Yoshikata Mashiba qui lui dit ce jour-là : « Tu ne peux pas prétendre que tu ignorais mon plan de développement personnel ! (..) Un mariage sans enfant n’a aucun sens pour moi. L’amour dans un couple s’amenuise nécessairement avec le temps. Si deux personnes continuent à vivre ensemble, c’est pour fonder une famille. Le mariage transforme ceux qu’il unit en époux. Les époux deviennent des parents en ayant des enfants ensemble. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’ils sont liés pour la vie (..) Par conséquent, je ne peux pas continuer à vivre avec toi si cela ne se fait pas. »

Le deal que met le publicitaire quarantenaire entre les mains de chaque femme qu’il épouse est de lui faire un enfant dans l’année. Si Ayané le savait en se mariant un an plutôt « elle n’a pas imaginé une seule minute qu’il lui tiendrait ce discours. » néanmoins elle lui demande : « Que sont devenus les sentiments que tu avais pour moi ? » Puis « Elle jeta un coup d’œil vers sa coiffeuse en pensant à la poudre blanche cachée au fond du dernier tiroir de droite, dans un sachet en plastique soigneusement fermé. »

Yoshikata est empoisonné à l’arsenic alors qu’Ayané a quitté Tokyo pour rendre visite à ses parents à Sapporo. Avant de partir, elle a laissé les clés de l’appartement à Hiromi Wakayama, qui n’est autre que son assistante mais aussi la maîtresse de Yoshikata, ce qu’elle n’ignore pas.

C’est Hiromi qui découvre le cadavre de son amant au milieu de la salle de séjour alors qu’ils devaient diner au restaurant ensemble.

L’inspecteur Kusanagi mène l’enquête, il est cette fois-ci accompagné d’une coéquipière : Kaoru Utsumi. La police scientifique qui a examiné tout l’appartement, ne trouve aucune preuve qui pourrait confondre Ayané ni même Hiromi. Quant à l’inspecteur lui-même, tombé sous le charme d’Ayané, il la disculpe totalement.

Pourtant Kaoru ne croit pas à  l’innocence de cette femme, elle a l’intime conviction que c’est elle qui assassiné son mari, mais comment et pourquoi ?

C’est du grand art, un crime presque parfait. Mais pour en démonter les rouages il faut le concours et le talent du professeur Yukawa, physicien à l’Université, grand ami de Kusanagi parce que faute des preuves les investigations de la police n‘avance guère. Yukawa a déjà aidé la police à résoudre quelques enquêtes.

Le savant démêlera l’écheveau et répondra à la question : Comment Yoshikata Mashiba, seul chez lui, a-t-il été empoisonné ?

Par qui on le sait mais comment a-t-elle fait ?

« — J’ai l’impression qu’avoir réussi à percer cet énigme est presque un miracle. Tu ne crois…commença-t-il en s’adressant à Kusanagi, sans finir sa phrase.

Kaoru tourna les yeux vers son voisin. Il dormait, la tête penchée en avant.

— Nous avons ruiné ce crime parfait et simultanément brisé son cœur. Rien d’étonnant à ce qu’il soit épuisé. Laissons-le se reposer déclara Yukawa avant de lever son verre. »

Voilà les derniers mots sur lesquels on referme le livre.

 

Mon avis :

Encore un magnifique roman de Keigo Higashino conduit de mains de maitre. Démanteler le crime, suivre l’enquête pas à pas, c’est ce qu’il nous propose au travers des 335 pages de ce livre paru chez Actes Sud dans la collection Actes noirs.

Personnellement j’aime beaucoup ce suspense inversé. En effet, là il ne s’agit pas de savoir qui a commis le crime mais comment il a été commis ? Parce que le mobile et l’assassin on les connait d’entrée de jeu. Et l’on tremble quand on comprend que petit à petit ce sacré physicien va encore découvrir la méthode.

Étonnant de trouver du suspense dans un livre dont on connait déjà tout. Pas de temps mort, juste de l’action, l’action dont il s’agit est celle des méninges qui s’activent.

L’auteur :

Keigo Higashino est né en 1958 à Osaka. C’est un des meilleurs auteurs de polars au Japon.

Malgré une bibliographie importante, seuls trois de ses romans sont traduits en français.

J’ai déjà lu et chroniqué : Le dévouement du suspect x ici

                                       La maison où je suis mort autrefois

Le quatrième de couve :

Dans une maison des beaux quartiers de Tokyo, Yoshitaka Mashiba annonce froidement à son épouse Ayané qu’il va la quitter et qu’elle ne doit pas en être surprise, puisqu’elle n’a pas respecté les conditions du contrat qui les liait en ne lui donnant pas d’enfant. Qui plus est, il a rencontré une autre femme, et il veut reprendre sa liberté. Elle décide alors de partir passer quelques jours chez ses parents, à Sapporo.
Le surlendemain, on retrouve le cadavre de Yoshitaka gisant dans son salon à côté d’une tasse de café renversée. Kusanagi et son équipe sont dépêchés sur les lieux. Prévenue, l’épouse de la victime rentre de Sapporo, et visiblement l’inspecteur n’est pas insensible à ses attraits. Sur le front de l’enquête, il est rapidement établi que le café bu par Mashiba contenait de l’arsenic, mais le meurtre a autrement toutes les apparences du crime parfait. Soupçonnant Ayané Mashiba, la collègue de Kusanagi prend alors contact avec le physicien Yukawa, qui a déjà aidé la police dans le cadre d’affaires apparemment insolubles. Il refuse d’abord de l’aider, mais change d’avis lorsqu’elle lui apprend que les sentiments de Kusanagi pour la suspecte semblent l’égarer.
Keigo Higashino reprend le couple Kusanagi-Yukawa, déjà rencontré dans Le Dévouement du suspect X, et noue une nouvelle fois une énigme pleine de nuances, dans laquelle séduction et déduction se livrent à une joute délicieuse qui fait tout le charme de ce roman, couronné du prix Naoki, l’un des plus prestigieux au Japon.

Un lecture qui entre dans le challenge du dragon 2012 sur le blog de Catherine : la culture se partage ChallengeDragonEau

puis sur le blog d’Adalana : Adalana’s Imaginary World

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22 réflexions au sujet de « Un café maison de Keigo Higashino »

  1. Intéressante l’idée du suspense inversé 😉
    Comme Laure j’ai choisi de lire « La maison où je suis mort autrefois » 😉
    En dehors de cela, je viens de faire une petite piqûre de rappel (comme convenu) pour la lecture du K , fin janvier : J’espère ne pas t’avoir trop piqué au vif 😉
    Bises Jean Charles

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    1. Merci Valentyne…j’ai le livre sous le coude il ne reste plus qu’à ….
      « La maison où je suis mort » est sans nul doute un excellent livre mais qui n’a rien à voir avec les deux autres. 😀 Bonne lecture 🙂

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    1. Maeva , je lis beaucoup de littérature asiatique et principalement japonaise. Quant à cet auteur tu peux le lire les yeux fermés, les avis sont unanimes, les ouvrages traduits (3) sont d’excellentes qualités et tu errer chez moi 😀 😛

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