Un poids plume

un-boxeurIl me fallait relever le gant, par devoir plus que par envie. Je n’aimais pas cela. Mais une bande de gaillards enivrés, venait de manquer de respect à Dana. Pour laver son honneur, je devais corriger ces effrontés.

Elle était trop sexy, je le lui avais dit, rien que le vent était son ennemi et je présageais quelques nuages à l’horizon…

Ce qui devait arriver, arriva !

J’allais devoir me colleter avec ces gens-là pour qu’ils apprennent le respect. Ils avaient commis un acte que je condamnais, bien que ce ne soit pas un crime  une punition s’imposait.

Ce soir évidemment j’étais en costume, mon costume de pingouin, réveillon oblige, et donner une correction à cette fraternité d’agitateurs me dérangeait. J’aimais me battre bien sûr mais avec des gens qui connaissaient les règles du jeu.

Comme chaque fois, j’avais peur lorsque je rencontrais un adversaire mais je collectionnais les combats sur le ring comme dans la rue. La peur est une adrénaline sournoise qui met la vie en danger.

Mon nom, Vlad Martinescu, n’éveillait rien pour eux. Dans la catégorie des poids plume, dans laquelle j’évoluais, j’étais un tueur. Je remportais mes batailles par K.O. avant le troisième round.

Ils cherchaient l’action quelle que soit l’issue toutefois je ne leur devais qu’une correction, pas question de sortir mon arme fatale : cet uppercut qui, comme un chuchotement atteignait mes adversaires au menton puis leur faisait perdre l’équilibre.

Dans la salle la clameur enflait, cadencée par les coups de talons sur le plancher. Les trois garçons, plus bourrés d’alcool que de vantardise, le tee-shirt en étendard, à la manière de « La liberté guidant le peuple » scandait « The show must go on »

La musique et  Dana les excitaient.

J’envisageais de demander le divorce, fatigué de devoir répondre chaque fois à ses provocations. Je n’étais pas très fier de cette décision mais entre prendre des coups pour gagner de l’argent ou pour satisfaire l’égo de ma femme, la balance penchait.

Sur le ring, si mauvais coups il y avait, ce n’était rien à côté des armes blanches qui surgissaient d’une poche, d’un pantalon. Le combat dans une salle était un affrontement sportif alors que le combat de rue était celui de la survie.

Toutes amarres lâchées la vie n’avait pas plus d’importance que celle d’un bateau à la dérive. Je n’avais pas le choix moi qui aspirais à la tranquillité.Les plumes

 

Écrire une histoire est facile si l’on sait comment la finir, mais ce soir c’est le vide, mes souvenirs s’envolent, ma raison m’échappe.

J’ai cru que j’étais le plus fort et quand Dana m’a quitté, je me suis écroulé. J’aimais la regarder, j’aimais la désirer, j’aimais me battre pour elle.

Seul, j’ai perdu mes titres de boxeurs. Je me suis fait esquinter dans la rue. Mes jambes ont perdu leur talent et mes muscles leur tonicité, même mon histoire me fuit.    

Les mots choisis pour ce dernier atelier chez Asphodèle sont : Choix, devoir, se battre, crime, pingouin, amarres, divorce, étendard, vent, nuage, écrire, aspirer, s’envoler, s’évader, fraternité et  cascade, clameur, Chuchotement(s). 

 

  

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38 réflexions au sujet de « Un poids plume »

  1. ah, on reconnait bien là la JC Touch ! 🙂 Tu as vraiment ton univers et style, très masculin ! 🙂 avec des femmes qui s’en vont irrémédiablement..
    Avec toutes tes admiratrices de blog, cela devrait compenser non ? 🙂 bisous

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  2. Faut se méfier des p’tits secs et nerveux 😆
    Si la Femme n’existait pas, Jean-Charles, tu l’aurais inventée !
    Ce monde m’est inconnu mais ton texte est fort et différent. Encore une belle démostration d’écriture 😆
    Bon we & bisous d’O.

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    1. Je suis très surpris, à vrai dire, ce texte ne me satisfait qu’à moitié et j’étais prêt à ne pas le publier. J’aimes les femmes Soène et vivre avec elles ou sans elles, c’est toujours difficile. 😀 😆

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  3. Très chouette texte et j’ai adoré « toutes amarres lâchées la vie n’avait plus d’importance que celle d’un bateau à la dérive » 🙂 tu t’en douterais non ? 😉
    Arf ces femmes… elles ont la vie dure avec toi hein 😆 nous sommes cruelles 😀 (enfin pas toutes j’espère ! 😆 )
    bonne journée 🙂

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    1. Je maltraite les femmes, je ne m’en étais pas rendu compte 😛
      J’aime avoir cette phrase, de temps en temps j’ai un poète qui pousse en moi. 😀
      Et une bretonne qui largue les amarres, pas bien ça, c’est un mâle qui doit faire ça. 😆 😀

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  4. Pas facile de boxer en costume de pingouin 😉 Ton personnage est attachant : un peu vantard mais fragile aussi, j’ai bien aimé quand il avoue avoir peur « Comme chaque fois, j’avais peur lorsque je rencontrais un adversaire mais je collectionnais les combats sur le ring comme dans la rue »
    Mais si Dana le quitte, que va t il devenir ?

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    1. C’est surprenant, je ne suis pas fier de ce texte, il est un peu bâclé, je ne savais d’ailleurs pas comment m’en sortir.
      L’après Dana n’existe toujours pas, c’est toujours difficile de sortir d’une histoire trop forte.

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  5. Un thème surprenant (j’aime bien les surprises), que tu as eu raison de choisir car ton histoire est très bien écrite. Un homme obligé de se battre systématiquement pour sa belle… Mais quel milieu et quels endroits fréquente-t-il ? La fin montre à quel point l’être humain est complexe. On regrette ce que l’on croyait détester…

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    1. L’on veut toujours ce que l’on a pas et l’on regrette toujours ce l’on perd lorsque ce n’est pas de sa propre initiative.
      Pour le choix du thème, je ne sais jamais au moment où je « copie-colle » l »es mots choisis. Mes doigts m’emmènent.

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  6. Très beau texte choupi, un univers qui fait mâle (warf) mais qui te va bien ! Finalement même les gros durs ne sont que des petites chochotes quand ils se font larguer, !! Nous ne sommes rien les uns sans les autres mais nous n’arrivons pas à rester ensemble, c’est quand même un monde !!! 😆 Bises Moi aussi j’adore l’uppercut qui chuchote, on ne le voit pas venir !!! 😀

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    1. Merci Choupinette cependant « Univers qui fait mâle mais qui te va bien » je me demande ce que je dois en penser. 😆
      La relation homme-femme est toujours difficile et nous prenons la liberté de la rompre plutôt que de la laisser empirer. La vie à 2 n’est-elle pas un combat ?
      Bon je t’ai à l’oeil toi.
      Et quand tu iras mieux n’oublie pas de lire « sans ponctuation. » 🙂

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      1. Mais prends-le bien, c’était un compliment !!! 😉 Non la vie à deux n’est pas forcément un combat, Dieu merci mais bon, après il y a un fort potentiel de personnes aptes à « composer » et à « hypocirter » pour rester ensemble, chacun sa tasse de thé, ce n’est pas la mienne non plus !!! 😀

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  7. Ton texte entre dans l’anthologie littéraire de la boxe,haut la main,ou haut le poing.Quant aux amours qui vont,qui viennent et vont plus qu’ils ne viennent je crois que ça concerne toute les catégories des poids mouche aux superlourds.

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  8. J’adorerais te voir combattre en costume de pingouin, ça doit valoir le détour. 😆 Remarque pour un poids plume, ça n’a peut-être rien d’extraordinaire. 😉 😆 Ton texte est un touchdown à l’uppercut bien placé. 😀 J’adooore ! 😀

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