Coffee de Edgar Sekloka

CoffeeAbedi est un coureur de jupons et trompe sa femme avec ses secrétaires. Madeleine  l’attend et cuisine pour lui : « La table proposait le plat préféré de son homme : un mafé au poulet servi avec des alokos pilés en boule. Il la comblait au lit, quand il mangeait bien. Quand il ne soupait pas, il ne la touchait pas. »

Lorsque Koffi nait, Madeleine espère voir son mari revenir à la maison, mais il ne rentrera plus jamais. Alors qu’Abedi fricote avec ses secrétaires, Madeleine noie son chagrin dans l’alcool et les hommes deviennent son quotidien.

Koffi s’élève seul, alors que sa mère ivre s’endort dans le salon. Jamais elle ne s’endormira dans la chambre nuptiale en état d’ébriété. Quant à Koffi, c’est un enfant solitaire, renfermé qui ne parle à personne. Tout le temps de sa scolarité aucun professeur ne rencontrera ses parents. Mais le jeune homme travaille bien.

C’est dans l’amphithéâtre de l’université, qu’il éprouve le besoin de « copiner » avec Wladimir, un curieux antillais au prénom issu de l’est. Wlad c’est l’ami de l’extérieur, qu’il ne fera jamais venir chez lui, jamais rentrer dans sa vie. Une confidence lâchée, sa mère à l’hôpital et Wlad foncera pour la rencontrer. Il se fera éconduire par Madeleine qui succombe d’une cirrhose du foie. Lorsqu’il le saura, Koffi bannira l’antillais de ses amis.

Lise croise sa vie, Lise est blanche. Avec Lise, les engueulades fusent mais chaque fois les choses s’arrangent sur l’oreiller. C’est l’escalade plus les divergences sont violentes plus les réconciliations sont exceptionnelles. « Alors ils s’embrassaient avec fougue, dans le dos des gens. Alors ils faisaient l’amour dans des endroits incongrus, pour l’adrénaline. Ne pas être vus des gens les excitait. Ils ne se faisaient jamais prendre. »

Lorsque Lise s’envole au Canada pour un an de formation, Koffi, qui ne veut pas perdre son travail d’animateur de banlieue ne la suivra pas.

Il succombera à une danseuse centrafricaine « Belle et noire, Celia répondait à certains besoins pour Koffi. Il n’avait jamais couché qu’avec Lise. Il lui fallait connaître une lionne. » Mais c’est sans issue.

C’est avec Lise qu’il se marie. C’est avec Lise avec qu’il aura une fille. Lise ne connaîtra jamais sa famille dont il ne parle jamais. Koffi est persuadé qu’il sait s’occuper des enfants et ne sera jamais comme ses parents.

Pourtant, quand Efua nait le cycle se reproduit.

Mon avis :

C’est un bouquin de la collection Exprim’ pour adolescents que j’ai lu par hasard. Un livre de 147 pages jamais ennuyeux. Un livre écrit par un slameur, écrit comme une chanson. Le livre commence en 1974 pour se finir en 2034.

Est-ce un plaidoyer pour dénoncer les mauvaises conditions des africains de deuxième génération, nés ici ? Je n’ai pas eu cette impression.

L’écriture est agréable, les quatorze chapitres se lisent les uns après les autres quand soudain tout s’arrête.

C’est écrit avec pudeur, c’est raconté comme du vécu. Un premier livre prometteur.

Le quatrième de couve :

Mon père, avant c’était un numéro de magicien, le coup de la pièce qui sort de l’oreille. Après, c’est devenu un numéro de compte. Et maintenant, c’est un numéro de téléphone. Je suis un chiffre. Papa et maman sont ma racine carrée. Je suis leur numéro commun. Un, un, un : trois fois le même, je suis comme eux, sans personne.
À sept ans, Koffi bordait sa mère soûle, tandis que son père couchait avec sa secrétaire.
«Nègre blanc» sans racines, entre l’Afrique fantasmée et l’Occident de chute, il grandit en se blindant contre l’extérieur – la violence des sentiments.
Dix ans, vingt ans, trente ans, cinquante ans : Koffi évolue à l’image du monde qui l’entoure, toujours plus dur et plus fermé.

Quelle échappatoire ?

Edgar-Sekloka

L’auteur :

Edgar Sekloka est né à Paris, de parents originaires du Cameroun et du Bénin. Il a grandi à Puteaux et suivi un cursus du spectacle.

Avec la formation ‘chant d’encre » il slame.

Coffee est son premier roman.

Ce post peut entrer dans le Défi premier roman sur le blog Des mots et des notes

Defi-PR1

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