Au bar des amis

img_1746Aujourd’hui à l’atelier skriban, Gwenaêlle nous propose d’écrire une anecdote à propos de la Friterie-bar Brunetti que nous décrit Pierre Autin-Grenier dans son livre éponyme.

Mais elle nous propose d’y ajouter les mots suivants :

– zèbre

– mastroquet

– pistache

– tambouille

– vareuse

– bigoudis

– panaché

– manuscrit

– tintin

– marionnette

Voici ma participation :

L’ambiance était conviviale à La Friterie-bar Brunetti. On se saoulait généreusement sous l’œil bienveillant du mastroquet. Les tournées de 421 à l’heure de l’apéritif animaient le comptoir et si le p’tit jaune coulait à flots, c’était de bon aloi aurait dit le docte maître Capello. Les cacahouètes offertes par le patron n’étaient qu’un souvenir, maintenant il fallait mettre la pièce dans un distributeur pour avoit quelques pistaches n’en ayant que l’apparence.

Parfois l’odeur de tambouille prenait aux narines et les quelques clients amateurs de bonne chère déguerpissaient en courant. Il faut dire que la mère Michel, le fichu sur la tête pour cacher ses bigoudis, mélangeait des choses parfois imbouffables.

L’après-midi était plus calme, seul un vieux sur la terrasse buvait un panaché en feuilletant les pages d’un vieux tintin très abîmé, aux couleurs passées.

Le père Michel recopiait au coin du bar, ses brèves de comptoir. Une grande maison d’édition attendait son manuscrit, soi-disant. L’idée faisait sourire tout le village, rien qu’à l’entendre parler on imaginait le travail de titan d’un relecteur.

La Friterie-bar n’avait plus que le nom, les rares fois où des frites remplissaient les assiettes, c’étaient des surgelés. La maison centenaire avait perdu sa notoriété, les moules frites servies aujourd’hui n’étaient qu’un ersatz de ce que le père et la mère Brunetti faisaient. Ne restait ici que le décor : le tableau d’un zèbre, pâle copie de l’art naïf et dans le couloir menant vers la tinette, une veille vareuse accrochée au portemanteau occupait les mites depuis les lustres.

Le patron un lyonnais exilé, avait apporté ses marionnettes de Guignol et Gnafron qu’au début il manipulait devant les clients esbaudis, mais avec le temps…

Cependant, il faisait bon vivre à la Friterie.

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2 réflexions au sujet de « Au bar des amis »

  1. Ce thème m’avait inspirée mais hélas trop tard et avec les orages, je n’ai pas finalisé mon texte ! 😦 Et le lundi ce n’est plus pareil ! Le tien est très réussi, on y sent l’odeur des frites !!! 😆

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    1. Tu as du nez Aspho, on connaissait celui de Cléopâtre, maintenant…
      L’atelier n’a pas rencontré le succès escompté, je pense que les préparatifs de noël ont pris le dessus ou alors des orages « gréleux » ont coupé l’électricité. 🙂

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