Sukkwan Island de David Vann

Jim, le dentiste copain de Rhoda dans Désolations décida d’aller vivre au plus profond de la nature sur l’île de Sukkwan en Alaska. Pour ce faire, il lui voulait emmenr Roy, son fils de treize ans, qu’il arracha à sa mère et sa sœur.

Le garçon n’avait évidemment pas envie de cette aventure, mais il n’avait pas vraiment le choix. Ce que lui proposait son père ne le réjouissait pas. À son âge, il préfèrait la compagnie de des copines surtout qu’il venait de donner son premier baiser et qu’il comptait bien faire d’autres découvertes.

Il obtempéra mais lorsque l’hydravion les déposa, Jim et lui à Sukkwan Island, la nature hostile, le conforta dans ses idées. Lorsqu’il découvrit la seule pièce de la cabane dans laquelle ils allaient vivre pendant un an, il s’inquiéta et qui plus est, les toilettes, entre deux planches « comme un placard » au fond du jardin ne lui rendirent pas le sourire.

« Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. »

C’était la fin de l’été en Alaska, et il y avait maintes choses à faire, comme pécher, chasser pour accumuler les vivres, construire un abri pour protéger le bois, un autre pour conserver la nourriture séchée et fumée. Roy se rendit compte rapidement que son père n’avait pas tout prévu comme il le prétendait et qu’en plus ses décisions étaient aléatoires.

Le froid s’installait et la pluie aussi en cette fin de saison. La cohabitation entre père et fils devint difficile. Roy hésitait à répondre aux sollicitations de son père pour ne pas lui donner matière à controverses.

La promiscuité était pesante pour l’adolescent. Vivre dans cette région hostile ne faisait pas partie de ses rêves et encore moins de ses envies. Il savait que le tête à tête avec son père serait impossible « Cette nuit-là, tard, son père pleura à nouveau. Il parlait tout seul en de petits chuchotis qui ressemblaient à des gémissements » Roy décida de n’en pas parler mais il était surpris. S’occuper à pécher, vider les poissons, préparer les filets ; s’occuper à couper du bois, à construire, à creuser, sous la pluie, le froid, pour ne pas penser, se masturber en rêvant tout éveillé de sa petite amie parce que le désir s’éveillait. Survivre à la nature, survivre à son père.

Si Rhoda avait rompu avec Jim, c’est parce qu’il était infidèle, de façon maladive mais Jim ne supportait pas cette rupture. Il savait qu’il n’était pas l’homme d’une seule femme mais être remplacé par un autre était une situation qu’il n’acceptait pas. Un soir de dispute avec Rhoda, Jim cassa la radio qu’il avait apportée, supprimant ainsi toute communication avec l’extérieur.

Lorsqu’un jour, Roy et Jim revenant bredouilles d’une partie de chasse, retrouveront leur cabane dévastée, les sachets de nourriture lyophilisés déchirés et vidés, leurs duvets éventrés et qu’il ne restait plus rien de ce qu’ils avaient amené, parce qu’un ours avait ravagé les lieux, les deux hommes furent totalement abattus. Cependant Jim parti immédiatement à la poursuite de la bête, pour la tuer. Laissant, oubliant son fils de treize ans, au milieu de nulle part, seul dans la cabane détruite, livré à lui-même. Il ne reviendra que quelques jours plus tard, échevelé, fatigué, prétendant avoir tué la bête.

Roy avait envie de partir comme il dit : « de retrouver mes amis, ma vraie vie. J’ai pas envie de survivre à l’hiver. [..] Il savait que d’horribles malheurs lui tomberaient dessus s’il restait.»

 

Soudain, au détour d’un chapitre, l’horreur survient, inattendue comme un coup de poing en pleine gueule. Et progressivement, parce que le héros n’a pas les épaules pour y faire face, l’horreur perdure jusqu’au bout, jusqu’à ce que, pire encore la fin survienne presque normale, inéluctable, attendue.

Je suis resté quoi en fermant ce bouquin, avec l’impression d’avoir déjà lu la même chose dans le précédent livre de David Vann. Une île au milieu de l’Alaska, des choses insoutenables qui surgissent avec le froid, la neige, le climat difficile en toile de fond et puis l’horreur qui grimpe crescendo.

Dire que je me suis ennuyé dans cette lecture ne serait pas exact, reconnaître que je n’ai pas été surpris en milieu du livre serait mentir mais le cheminement reste le même c’est ce qui m’a gêné le plus. En, contrairement à Désolations il y a très peu de personnages dans ce roman, c’est presqu’un huis clos.

Je ne peux pas ne pas recommander cette lecture mais… 

Le dos du bouquin :

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin

 

Ce qu’en pense Asphodèle ou Hélène ou liliba et ausautdulivre        

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31 réflexions au sujet de « Sukkwan Island de David Vann »

  1. Oui alors effectivement ça ne me tente pas, j’ai eu froid en lisant ce résumé d’histoire 😆 j’ai bien l’impression d’imaginer ce qu’il va se passer, ça me tente pas du tout 😀
    bonne journée Jean-Charles 😉

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        1. J’ai lu tous les billets que tu présentes et cela met forcément un très grand doute car a priori il écrit vraiment bien mais la deuxième partie a vraiment déplu à certaines personnes… arf je le note quand même. Après peut-être que Désolations est mieux à lire …

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  2. Quel beau billet ! Et chacun a le droit d’aimer ou pas, d’être déçu aussi car on en attend beaucoup quand on a lu beaucoup de billets ! J’essaie (hors rentrée littéraire ou autre) de lire un livre encensé un an après tout le monde quand j’ai oublié les billets justement et parfois c’est mieux ! 😆 De toutes façons David Vann amène souvent des avis tranchés : on aime ou pas ! Bises 🙂

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  3. J’ai trouvé ce livre totalement dénué d’intérêt, je n’y ai vu aucune exploration de l’âme humaine, quant au rebondissement dont tu parles il était on ne peu plus prévisible…c’était ça ou le contraire de toute manière…bref comme je l’avais dit à Miss Aspho qui a beaucoup aimé, ce livre est pour moi une vraie désolation…

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      1. Je crois pourtant que l’on doit chroniquer le bon comme le mauvais sinon on ne trouve que les avis de ceux qui ont aimé, ce qui fausse la donne.
        Je ne sais pas si tu participes à un quelconque match de la rentrée littéraire mais tu peux avoir choisi quelque chose qui ne te plaise pas et dans ce cas que fais-tu ?

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  4. David Vann aborde dans ce récit l’impossible relation entre un père, Jim, et son fils de 13 ans, Roy. En retraite volontaire pour un an, les deux héros sont sur Sukkwan Island, une île paumée en Alaska, se battant quotidiennement pour survivre sur ce territoire hostile. Jim pense que ce sont les conditions idéales pour renouer avec son fils et ainsi le connaître un peu mieux. Pour Roy, ce séjour est vécu comme une punition ; pourtant il n’arrive pas à le dire à son père. Le drame est installé dans cette forêt impénétrable, comme l’est Jim, un père égoïste, à tendance bipolaire, tourmenté par sa vie remplie d’échecs et de divorces. L’écriture porte en elle une puissance sombre, les personnages sont poignants en même temps qu’ils « agacent » le lecteur par leur silence et leur incompréhension mutuels. Cette relation filiale perverse, faite de manipulations et de chantage affectif, est vouée à détruire tôt ou tard les deux protagonistes et, bizarrement, dès les premières pages, le lecteur le sait, le sent. Toutefois cela n’empêche pas de dévorer ce roman passionnant jusqu’à la dernière ligne. Une bonne découverte et un auteur américain prometteur dont la carrière sera à suivre.

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