Extraits de L’éléphant s’évapore de Haruki Murakami

Quelques extraits issus du livre L’éléphant s’évapore un recueil de nouvelles. Chez Haruki Murakami dans les recueils de nouvelles que j’ai lu, on retrouve souvent un chapitre d’un autre livre, ici Sommeil et Chroniques de l’oiseau à ressort.

Dans le premier recueil de nouvelles que j’ai lu, celui avec lequel j’ai abordé Murakami, on retrouvait déjà des nouvelles extraites de Kafka sur le rivage ou des Chroniques de l’oiseau à ressort, ouvrages que j’ai ensuite découverts.

« Jeudi j’avais couché avec ma petite amie. Elle adorait faire l’amour avec un bandeau sur les yeux. C’est pourquoi elle se baladait toujours avec, dans son petit sac, un de ces bandeaux en tissu qu’on vous donne dans les avions long-courriers.

Moi ce n’est pas vraiment mon truc, mais elle est si mignonne avec son bandeau sur les yeux que je ne fais aucune objection à sa petite manie. On est humain, on a tous nos petites bizarreries, n’est-ce pas ? »

Extrait de La chute de l’empire romain pages 142 aux éditions 10-18

« Un matin d’été on était en début de juillet, je reçus une longue lettre de ma petite amie m’annonçant qu’elle voulait me quitter. Je t’ai toujours aimé, même en ce moment je t’aime toujours, et à l’avenir aussi, etc. Autrement dit, elle me quittait. Elle avait un nouveau petit ami. Je secouai la tête, fumait six cigarettes de suite ; sortis boire une bière, rentrai chez moi, fumai à nouveau. En suite je brisais trois longs crayons à papier posés sur mon bureau. Ce n’est pas que j’étais en colère, mais je ne savais pas quoi faire. Je me changeai et partis travailler. À partir de ce moment-là, pendant quelques temps, tous les gens de mon entourage me firent remarquer mon inhabituelle gaieté. Comme la vie est étrange parfois ! »

Extrait La dernière pelouse de l’après-midi page 340 aux éditions 10-18

« Quand j’entamai ma deuxième semaine de sommeil ininterrompu, une légère angoisse me saisit. C’était tout de même un état anormal. Tout le monde dort, les gens qui ne dorment pas, c’est du jamais vu. J’avais lu un jour quelque part qu’empêcher les gens de dormir était une forme de torture, utilisée notamment par les nazis. Ile enfermaient leurs victimes dans des cellules aux lampes perpétuellement allumées et au vacarme incessant, pour les empêcher de sombrer dans le sommeil. À ce régime, les gens devenaient fous et mourraient rapidement.

Je n’arrivais pas à me souvenir combien de temps mettait un homme privé de sommeil à devenir fou. Trois ou quatre jours peut-être ? Moi cela faisait plus d’une semaine que je ne dormais pas. C’était trop long, beaucoup trop long. Pourtant mon corps ne donnait aucun signe d’affaiblissement, au contraire, je me portais mieux qu’avant. »

Extrait de Sommeil page 122 aux éditions 10-18

Cliquer sur l’image pour suivre le lien chez Catherine
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25 réflexions au sujet de « Extraits de L’éléphant s’évapore de Haruki Murakami »

  1. Extraits bien tentants J’aime particulièrement ses réflexions sur le sommeil : avant de devenir fous quand on en est privés totalement, il paraît que l’on passe par une phase d’euphorie, les endorphines prennent le relais !!! Soi-disant… 😉

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                    1. Quelle doudouille tu fais !!! Pffff, qu’est-ce que je vais faire de toi, allez on remonte, c’est comme une chute de vélo, faut pas s’apitoyer !!! 🙄 Je te passe le baume du tigre et tu arrêtes de chouiner hein !!!

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  2. Bon ça va, je vous laisse en tête à tête.
    J’avais rien à dire, justement, encore un monde à découvrir. Je parle de lecture, bien sûr !
    Ce soir, je suis épuisette aussi, je crois que je vais aller dormir, et hop hop à demain matin de bonne heure et de bonne humeur
    Bon we Jean-Charles & bisous d’O.
    Tu n’as pas écrit pour Olivia ? tu te dégonfles ? t’as eu peur des mots de Lyon ? 😆

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    1. Non miss mais du mercredi au vendredi je n’ai pas le temps, mes journées sont chargées, moi 🙄 je en suis pas au placard. 😀
      Au moins chez miss Aspho c’est du mardi au samedi 4 jours plein pour réfléchir… là j’ai sorti la langue un gros coup de léchouille 🙂 🙂

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    1. j’ai très peu parlé des livres de Murakami je crois en être incapable, tout est dans l’émotion, dans le ressenti, dans le message qu’il transmet. J’ai tout lu ce qui a été publié en langue française. Nadine a fait un très beau billet de mon livre fétiche http://goo.gl/qksMYs
      Bon dimanche Val. 😀

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