Garden of Love de Marcus Malte

  • — So i turned to the Garden of Love
  • That’s so many flowers bore ;
  • And I saw it was filled with graves

Ce qui se traduit par :

  • — Alors je me tournai vers le Jardin de l’Amour
  • Qui portait tant de fleurs exquises ;
  • Et je vis qu’il était rempli de tombes

Ces vers sont de William Blake, poète et peintre du 18ème siècle. Il est prophétique, halluciné, sachant cela, le ton du livre est donné.

Ce livre de Marcus Malte est un livre dans le livre, une fiction dans la réalité, pour qui aime les romans noirs ou les flics perturbés et alcooliques. C’est une lecture jouissive écrite d’une plume remarquable. Mais attention, c’est un livre à lire d’une traite, ou peu s’en faut, sous peine de s’y perdre et d’abandonner comme je l’ai fait.

À ma première lecture en dilettante, j’ai abandonné au bout de 138 pages parce que je ne comprenais pas, tancé par mon amie Asphodèle qui m’a offert ce bouquin, dont vous trouverez le billet ici, j’ai repris la lecture depuis le début, décidé à m’y plonger en laissant les commentaires s’accumuler sur mon blog ainsi que le téléphone sonner.

ET Waouhhhhhhhhhh, quel livre !

Il est tellement bien que je ne le résumerai pas, il est tellement bien que si je vous en donnais les clés, je vous enlèverais la surprise que j’ai eue moi-même. Il faut suivre, s’accrocher parce que Marcus Malte s’amuse à nous perdre dans les méandres de ses personnages, croise les destins entre sa fiction et sa réalité. Serait-il juste de ma part de vous ôter cette découverte ?

Juste vous dire qu’Astrid est flic, qu’il est marié avec Lena avec laquelle il aura trois enfants, qu’Edouard Dayme s’empare de sa vie. Juste vous dire que Florence est étudiante et pute, qu’Ariel Weiss est Suisse et fils de chirurgien alcoolique mais qu’il n’existe pas. Juste vous dire qu’au café au Temps Perdu on fait des rencontres. Juste vous dire que Titi Carmona et ses acolytes s’envoient conjointement une pute. Vous dire, pour terminer, que Jean-Baptiste Cyrillus, Docteur ès Lettres, honorable professeur d’université aime à se faire enfoncer des bouteilles de Perier dans l’anus. Et vous saurez tout.

Mais je ne vous ai rien dit, si je ne vous dis pas qu’Edouard est élevé dans un manoir près de Genève, qu’une intendante anglaise s’occupe de leur donner des leçons à lui et à sa sœur Jona. Mais je ne vous ai rien dit non plus, si je ne vous dis pas que Matthieu est amoureux de Florence, tout comme Marie l’est certainement d’Astrid.

Il y a la mer, du sexe, de la musique et des armes à feu. Des balles perdues, des nuits noires et celles d’ivresse.

Mais il y a aussi du : « Gin, Get, whisky, vodka, cognac, armagnac, rhum, Cointreau, tequila, curaçao, Malibu, Martini, Marie-Brizard, prune ou poire. (..) et il y a aussi du jus d’orange pour ceux qui préfèrent. »

Le quatrième de couverture :

Il est des jardins vers lesquels, inexorablement, nos pas nous ramènent et dont les allées s’entrecroisent comme autant de possibles destins. À chaque carrefour se dressent des ombres terrifiantes : est-ce l’amour de ce côté? Est-ce la folie qui nous guette? Alexandre Astrid, flic sombre terré dans ses souvenirs, voit sa vie basculer lorsqu’il reçoit un manuscrit anonyme dévoilant des secrets qu’il croyait être le seul à connaître. Qui le force à décrocher les ombres pendues aux branches de son passé? Qui s’est permis de lui tendre ce piège? Autant de questions qui le poussent en de terrifiants jardins où les roses et les ronces, inextricablement, s’entremêlent et dont le gardien a la beauté du diable

Quelques phrases :

« J’aurais dû me douter qu’il y avait qu’un putain de fantôme pour m’envoyer ses vœux. »

« Comme je l’ai déjà dit, je ne crois pas au pur hasard. Non plus qu’à un destin fixé de façon irrévocable, sous forme de fatalité. La vie serait plutôt un subtil mélange des deux. »

« J’avoue qu’à la première lecture ces pages m’on fortement ébranlé. »

  • — So i turned to the Garden of Love
  • That’s so many flowers bore ;
  • And I saw it was filled with graves

 Les peintures sont de Willian Blake 

Challenge thrillers et polars (lien en cliquant sur l’image).

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16 réflexions au sujet de « Garden of Love de Marcus Malte »

  1. Je suis contente que tu aies persévéré et qu’il t’ait plu !!! Tu en parles très très bien, tu me donnerais envie de me remettre dedans ! Je le relirai un jour ce livre… (On se demandait avec Soène où t’étais passé !!! Ba vlà on a la réponse !!!) 😆

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  2. J’adore ton billet, Jean-Charles.
    Difficile en effet de chroniquer ce roman qui sûrement ne le rendrait que plus incompréhensible.
    Il m’a fallu revenir plusieurs fois en arrière car je lis dans mes trajets en bus.
    J’ai dû arriver à la fin pour comprendre la folie d’Edouard… et plus je repense à ce livre, plus je crois que je n’ai pas tout compris…
    Comme je savais qu’Asphodèle l’avait lu, j’ai insisté ! Il faudra que je le relise et prenne des notes pages après pages !
    Bon we & bisous d’O.

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    1. Merci Soène… Je l’ai lu dans le RER mais je me suis plongé dedans. Ce qui est difficile c’est de donner l’envie de le lire sans rien en dire, sans dévoiler quoi que ce soit qui oterait une partie du plaisir.
      Bisous d’ici;

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    1. Tout l’est Soène !
      Qu’il en soit de Florence la femme de Matthieu, ex-ami d’Ariel, comme de cette Florence soeur de coeur d’Edouard, troublantes l’une comme l’autre, et Marcus Malte entretient le suspens comme un virtuose. D’ailleurs la Florence de Matthieu n’est-elle pas la copie de Léna, ex-femme d’Astrid avec ses trois enfants aussi ?
      Quel imbroglio n’est-ce pas ? Quel livre !

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      1. des personnages copiés-collés, on doute, on se perd, mais c’est affreux, je ne peux quand même pas relire les livres que je viens de lire 😆

        au fait, connais-tu John Burdett, auteur de polars asiatiques ?

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        1. Oui j’ai lu un Burdett il n’y a pas si longtemps Bangkok 8 que j’ai bien aimé. L’histoire se passe en Thaïlande où l’auteur a vécu.
          Concernant Marcus Malte c’est d’un imbroglio. J’avais commencé un autre livre de cet auteur (Les harmoniques) que j’ai arrêté au bout de 200 pages sur 369, non que je ne comprenais pas mais je m’ennuyais un peu, trop lent. Comme quoi ! 😀
          Bisous de là.

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