1Q84 Livre 3 de Haruki Murakami

J’ai parlé ici du Livre 1 et 2.

Le début : « POURRIEZ-VOUS ABSTENIR DE FUMER, monsieur Ushikawa ? » dit l’homme le plus petit.

Ushikawa regarda un moment le visage de son interlocuteur qui lui faisait face de l’autre côté du bureau, puis ses yeux se reportèrent sur la cigarette Seven Stars qu’il tenait entre les doigts. Elle n’était pas allumée.

« Excusez-nous », ajouta l’homme d’un ton très protocolaire. »

Par ces mots le livre 3 de la saga 1Q84 commence. Ushikawa est un élément extérieur à la secte des précurseurs. Il règle pour un certain nombre de problèmes dont la secte ne peut s’occuper directement. C’est un personnage plutôt antipathique que l’on a rencontré dans les livres précédents auprès de Tengo et qui a enquêté sur Aomamé pour le compte de la secte.

Aomamé n’a pas respecté l’engagement donné au Leader de la secte, elle recherche toujours et même 20 ans après Tengo, qu’elle aime toujours. Tengo, lui aussi la recherche, parce qu’une fameuse nuit d’orage un évènement important les lie et les rapproche encore.

Aomamé se cache près de Tengo sans le savoir mais Uschikawa surveille.

Mon avis :Les 350 premières pages de ce dernier opus de la trilogie franco-française m’ont paru un peu longues, rébarbatives et j’ai même failli abandonner. Ce qui m’a surpris c’est la construction et la régularité des chapitres qui se suivent, tour à tour Aomamé, Tengo et Ushikawa nous racontent, se racontent.

Pour la petite histoire, le livre serait sorti au Japon et aux Etats-Unis d’un seul tenant. Belfond en a fait trois « tomes » pourquoi ?

Six mois se sont écoulés entre la sortie du livre 1 et 2 (septembre 2011) et le livre 3 (mars 2012) et ses six mois sont préjudiciables à l’histoire. Nous ne sommes pas chez les Rougon-Macquart dont les 20 volumes peuvent se lire indépendamment les uns des autres, sans altérer la compréhension.

Ici les six mois sont préjudiciables et nuisent au plaisir de lire, merci monsieur l’éditeur.

Haruki Murakami aura signé une œuvre de près de 1 600 pages avec un style qui est lui est propre, clair, simple et toujours accompagné de références à d’autres écrivains ainsi qu’à des compositeurs classiques.

Si cette histoire des mondes parallèles entre l’année 1984 et ce monde irréel de 1Q84 est parfois déroutante, saluons l’imagination et la faculté de l’auteur à nous entrainer dans son sillage. Les personnages, Aomamé et Tengo, avec des parcours atypiques, sont attachants et humains.

S’il n’existe qu’une porte pour sortir de cette histoire la clé n’est délivrée qu’avec l’apparition des mots : fin du Livre 3.

 

Des extraits :

« En réalité le temps n’est pas rectiligne. Il n’a même aucune forme. C’est quelque chose qui, dans tous les sens du terme, ne possède pas de forme. Mais comme nous ne sommes pas capables de concevoir des choses qui n’ont pas de forme, nous le figurons sous l’apparence d’une ligne droite, par commodité. » Page 58

« Ushikawa savait que les Témoins éduquaient les enfants avec beaucoup de sévérité. Cela s’accompagnait très souvent de châtiments corporels. Si réellement il y a eu violence, ce genre d’expérience éprouvée dans la première enfance laisse à coup sûr des plaies profondes au cœur. Conduit-elle pour autant un individu à tuer quelqu’un ? « Page 128

Un soir (..) Aomane s’aperçut brusquement qu’elle croyait en Dieu. Ce fut pour elle une découverte inattendue. (..) Ce fut une prise de conscience totalement imprévue, accompagnée d’un sentiment d’incompréhension. Du plus loin qu’elle s’en souvienne, elle n’avait cessé de haïr tout ce qui s’apparentait à dieu. » Page 240

La couverture :

Ils ne le savaient pas alors, mais c’était là l’unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n’être pas aux couleurs de la solitude. Le Livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d’Ushikawa. Et pose d’autres questions : quel est ce père qui sans cesse revient frapper à notre porte ? La réalité est-elle jamais véritable ? Et le temps, cette illusion, à jamais perdu ? Sous les deux lunes de 1Q84, Aomamé et Tengo ne sont plus seuls.

L’auteur : Né en 1949 à Kôbe, Haruki Murakami est le fils d’un enseignant de collège de littérature japonaise, il opte pour les arts théâtraux et souhaite devenir scénariste de cinéma, sans avoir encore rien à raconter.

Après ses études universitaires à l’Université, il est pendant huit ans responsable d’un bar de jazz à Tōkyō. Haruki Murakami reste un passionné des chats, ses seuls véritables amis pendant une enfance solitaire, cette amitié explique la présence invariable de cet animal dans sa littérature.

Cette expérience le nourrit à son insu et lui permet d’écrire son premier roman Écoute le chant du vent publié au Japon en 1979, pour lequel il reçoit le prix Gunzō.

Une fois sa renommée établie après plusieurs romans à succès, il part vivre à l’étranger : tout d’abord au sud de l’Europe (Italie et Grèce), puis aux États-Unis. Il enseigne la littérature japonaise à l’université de Princeton où Scott Fitzgerald fut étudiant.

Il revient vivre au Japon en 1995, marqué par le tremblement de terre de Kōbe et l’attentat au gaz sarin de la secte Aum dans le métro de Tôkyô. Ces tragédies inspirent le recueil de nouvelles Après le tremblement de terre.

Haruki Murakami est également traducteur en japonais de plusieurs écrivains anglo-saxons (parmi lesquels Scott Fitzgerald, John Irving ou encore Raymond Carver, à propos duquel il déclare, à sa mort survenue en 1987 : « Raymond Carver a été sans le moindre doute, le professeur le plus important de mon existence ainsi que mon plus grand ami en littérature »). Murakami est aussi un grand amateur de jazz auquel de nombreuses références sont faites dans ses romans.

Ses écrits sont fréquemment fantastiques, ancrés dans une quotidienneté qui, subtilement, sort des rails de la normalité. Ayant vécu dans le sud de l’Europe puis aux États-Unis, l’influence occidentale est assez perceptible dans ses œuvres. Cela fait de lui un écrivain plus international que d’autres avec des références de la culture populaire mondiale tout en gardant un vécu japonais contemporain à ses personnages.

Les ouvrages de Murakami révèlent une forme de surréalisme très rafraîchissante qui, en se fondant sur une mélancolique banalité quotidienne, arrivent à former des récits originaux. Il utilise cette idée du lien qui relie dans la pensée asiatique (bouddhisme, shintoïsme) tous les événements et les êtres. Une action provoque même de façon lointaine et indirecte une réaction dans l’instant, dans la réalité ou ailleurs, dans un autre monde que Murakami sait parfaitement rendre.

Au fil de ses romans, on retrouve des personnages étonnants tels que l’Homme Mouton blogL’âme humaine y est décortiquée, dans ses recoins parfois les plus intimes, de façon à ce que le lecteur soit emporté pour un voyage en lui-même, mais dans un cadre parfois loufoque.(source WIKIPEDIA)

Ce livre entre dans le challenge du dragon 2012  chez Catherine sur le blog : La culture se partage  

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12 réflexions au sujet de « 1Q84 Livre 3 de Haruki Murakami »

  1. Merci pour cette note de lecture dans le challenge.
    Les avis sont partagés pour ce tome 3.
    En fait, je suis contente de ne pas avoir commencé la trilogie, comme ça lorsque je la commencerai, je lirai les 3 tomes à la suite !
    Bonne semaine et à bientôt.

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  2. Comment ça la terre n’est plus plate ???^^ J’attendais aussi d’avoir les trois tomes sous la main, mais vu la longueur, je ne sais pas quand… Quand je referai une « crise » asiatique peut-être ! Pour cette parution en deux fois, hormis le marketing je ne vois pas ! 😉
    Contente de te revoir !!! 😀

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  3. Je suis à la recherche de Ru sur ton blog, et voilà que je tombe sur cette trilogie de Murakami. Autant en profiter pour dire à quel point j’ai adoré ces livres. J’attends avec impatience ce nouvel opus, dont tu m’as parlé…

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    1. Kafka ? Si tu tapes sur la barre de recherche tu trouveras des citations. Je n’ai jamais été capable de faire un résumé à ma façon pourtant je l’ai lu 2 fois. Je pense à toi pour les couchers de soleil mais j’ai honte ils ne sont pas très jolis. C U 😉

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  4. Tous les couchers de soleil sont beaux, parce qu’ils sont uniques… 🙂
    Sur mon blog l’autre jour tu parlais d’un nouvel opus de myrakami à venir en France en septembre. Je me réjouis d’avance…
    Tu ne dors pas?
    Nuit blanche d’un samedi soir?

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