Journal d’un tueur sentimental de Luis Sépūlveda

L’auteur nous raconte ici, une semaine de la vie d’un tueur sentimental. Motivé par un chèque à six zéros. Ce professionnel du crime, reconnu, doit rayer de la carte, un individu, qui se met en travers de la route de la mafia de la drogue.

Sélectionné pour son expérience dans ce genre de situation, il se mettra en danger parce qu’il est amoureux et qu’elle l’a éconduit.

Elle le quitte pour un autre homme, ébranlant son pouvoir de réflexion et mettant même, indirectement, sa vie en danger.

Pourtant il la retrouvera sur son chemin, dans des conditions auxquelles il n’aurait même pas pensé.

Petit livre de 82 pages qui se lit en avalant une tasse de café, sur un coin de table. Comment ne pas avoir une pensée au surineur du web, à qui je fais un clin d’œil. Ce livre est finalement assez drôle et sa lecture est réjouissante.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce livre, ce sont les face à face avec lui-même, fait pour réfléchir, pour se motiver. Un brin de polar, un brin de fesse, assaisonné de quelques passages sucCULents.

Luis Sépūlveda est une découverte sympathique que je vais sans doute poursuivre et étayer.

Le livre commence ainsi :

La journée avait mal commencé, ce n’est pas que je sois superstitieux mais je crois qu’il y a des jours comme ça où il vaut mieux ne pas accepter de contrat, même contre un chèque à six zéros, net d’impôts. La journée avait mal commencé et tard, j’avais atterri à Madrid à 6h30, il faisait très chaud et sur le chemin de l’hôtel Palace le taxi s’était obstiné à me faire une conférence sur la Coupe d’Europe de football. J’avais eu envie de lui poser le canon d’un 45 sur la nuque pour qu’il ferme sa gueule, mais je n’avais pas ça sur moi et un professionnel ne fait pas d’histoires avec un crétin, même un taxi.

Quelques pages plus loin :

« Trois ans avec elle. Elle est rapidement devenue une femme, à force de servir ses hanches se sont épanouies, son regard est devenu coquin, elle a compris que le plaisir c’est l’exigence (…) Elle a franchi le pas qui sépare la minette de la chatte. »

Ou encore :

« Et j’ai passé la nuit de cette mauvaise journée, sans ouvrir la bouteille, malgré une terrible envie de me soûler, à parler avec la photo du type que je devais tuer, parce que même cocu, un professionnel est toujours un professionnel. »

Et puis :

« Elle était là-bas au Mexique, elle profitait peut-être des hémorragies de larmes que les mariachis provoquent sur la place Garibaldi. Salauds de mariachis, et tous ceux qui amènent les minettes imprudentes là-bas : ils savent qu’après quelques corridos bien larmoyants il n’y a plus de genoux serrés, ni de culottes qui résistent. »

Sur L’auteur :

Luis Sépūlveda est un écrivain chilien né en 1949. Militant communiste, il est emprisonné pendant deux ans, sous le régime de Pinochet. Il est libéré, grâce à Amnesty International.

Il fera le tour de l’Amérique de Sud avant de s’installer en Espagne. Il a à son actif presque une vingtaine de bouquins, mais il ne sera connu qu’à partir de 2001 avec son roman traduit en trente cinq langues et adapté au cinéma : « Le vieux qui lisait des romans d’amour. »

Un autre avis sur les lectures d’asphodèles

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9 réflexions au sujet de « Journal d’un tueur sentimental de Luis Sépūlveda »

    1. Moi je m’amuse ! J’ai envoyé un mot à tous hier soir et c’est parti ! C’est un peu comme quand tu ramasses le jackpot au casino, tu mets une seule pièce et ça n’arrête pas de tomber… Les folles 😛 😀

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  1. Je n’ai pas lu celui-ci, mais « Le monde du bout du monde » et « Le vieux qui lisait des romans d’amour », en relecture, dernièrement. Un auteur écologiste que j’adore. Celui que tu présentes ici en 82 pages m’attend. Quel auteur ! Il me fascine complètement, je ne saurais te dire pourquoi…
    Je vois qu’Asphodèle t’appelle « crapule », mdrrrrrr qu’est-ce qu’on va bien s’entendre elle et moi! ha ha ha
    Bisous (on dit « becs » ici)

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    1. Voilà je me sens mieux pour répondre à tes commentaires maintenant que j’arrive à accéder à ton blog… Quelle galère ! Je continuerai certainement cet auteur j’ai vu qu’à la médiathèque ils en possèdent plus d’une dizaine. 😀 J’espère que tu vas en baver d’envie. 😉

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