Et rester vivant de jean-Philippe Blondel

Dès les premières lignes l’auteur présente les choses :

« Bien sûr, ça m’a déjà traversé l’esprit, d’écrire sur cette période-là. J’ai tourné autour, j’ai effleuré. Mais je me disais que si je me mettais vraiment à raconter ce qui s’était passé, personne ne croirait. Parce qu’il y a des limites à la fiction, mine de rien. Bref je ne l’ai jamais fait. »

Puis un peu plus loin il écrit :

« Personne ne perd son frère et sa mère, puis quatre ans plus tard, son père —à l’âge de vingt deux ans. Ça n’arrive jamais, ce genre de choses. Même dans les romans. Il y a une limite à l’indécence, quand même. »

Pris au dépourvu chez le notaire, à la liquidation de l’héritage, il décide de vendre l’appartement de ses parents.

« Je suis riche. Je suis plus riche que tous ceux de mon âge. Je suis un peu sonné aussi. »

Alors parce qu’il a un peu d’argent, parce que c’est une façon d’oublier, de ne penser à rien, il décide de partir en Californie à Morro Bay avec Laure son ex-petite amie qui est avec Samuel son meilleur ami.

De Morro bay il ne sait rien juste ce qu’en dit Lloyd Cole dans sa chanson « rich » qu’il écoute en boucle.

Ce voyage aux USA est un exutoire, une façon de tourner la page, des rencontres marquantes. Il replonge avec Laure, pour un moment, pour l’oubli, par erreurs, puis le trio continuera son chemin vers le Mexique avant de rentrer en France.

Lorsqu’il écrit vingt ans après, ce roman autobiographique, Jean-Philippe Blondel professeur à Troyes, père de famille a toujours à l’horizon son ami Samuel puis au bout de son clavier son ex-petite amie Laure.

Le livre finit sur ses lignes :

« Je vais rarement au cimetière. Je n’y apporte jamais de fleurs. Parfois un mot, que j’écris à la va-vite, sur un tout petit morceau de papier, que je roule ensuite en boule et que je cale, invisible dans la rainure des tombes. »

 

Mon avis

C’est sûrement un beau livre et le sujet est tellement difficile à traiter que je suis resté en manque. J-P Blondel a pris tellement de recul pour l’écrire, a tellement évité de tomber dans le dramatique qu’il est resté distant de son sujet. J’avais envie de pleurer avec lui, de taper dans les murs, de bousiller la première poubelle sur mon chemin parce que la vie est injuste, trop dégueulasse mais je suis resté sur ma faim.

C’est écrit avec tant de pudeur que j’ai eu l’impression que l’histoire qu’il racontait n’était pas la sienne, trop de finesse dans l’émotion.

Sur l’auteur

Né en 1964, marié, professeur d’Anglais à Sainte-Savine dans l’Aube, Jean-Philippe Blondel est publié depuis 2003.

Seize romans et quelques récompenses jalonnent sa jeune carrière littéraire.

La couverture

Le narrateur a 22 ans lorsqu’il perd son père dans un accident de voiture, après avoir perdu sa mère et son frère dans des circonstances similaires quelques années auparavant. Il décide de vendre l’appartement familial pour partir à Morro Bay, en Californie, pays mythique de Lloyd Cole, en compagnie de deux amis proches, Laure et Samuel.

Les critiques

Le figaro :

Il semble avoir écrit ce roman comme un aveu qui prend des airs de délivrance.

L’Express :

Sobre, drôle, puissant. Il va à l’os. C’est comme une blessure : au début, on ne sent rien. Mais après, quand on a refermé ce livre épatant, alors on déguste.

Les Lectures d’Asphodèles :

Pour restituer au mieux ce livre profond en émotions qui m’ont touchées j’ai laissé décanter, comme un bon vin… ici

Please Mind The Gap :

Ce livres est juste, sincère, émouvant, touchant, parfois drôle et évite le pathos et les jérémiades…

     

 

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11 réflexions au sujet de « Et rester vivant de jean-Philippe Blondel »

  1. Ton point de vue diffère, en effet, de ceux d’Aspho et de MTG. J’ai bien aimé chacun de vos billets. J’avais commenté chez eux, en novembre dernier.
    Encore une enfance qui malmène et laisse des traces indélébiles.
    Alors, du coup, j’en veux encore plus à Frédéric Beigbeder qui n’arrête pas de se plaindre dans son « roman français », de « ses » enfers d’enfant qui n’a eu à subir que le divorce de ses parents…
    Un auteur qui me tente, mais je vais être prudente dans mon choix de lecture pour le découvrir… Je me méfie des auteurs qui écrivent leurs propres autobiographies !
    Bravo pour le choix de tes critiques, après Le Figaro et l’Express, Asphodèle et MTG 😆
    Bises

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  2. J’ai le même avis que Miss Aspho sur ce livre…il est très pudique et très émouvant. C’est aussi un message d’espoir et d’acceptation. Depuis j’ai lu son premier livre « acces direct à la plage » que j’ai aimé aussi et j’ai un troisième en attente…

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    1. Oui j’avais lu le billet d’Asphodèle et le tien avant de m’attaquer à cette lecture mais j’ai une vision un peu divergente, trop pudique mais bien écrit.
      Rien, en tout cas, ne m’empêchera de lire un autre bouquin de cet auteur.

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