Le barman de Suzanne Roy

Résumé

Une rencontre dans un bar de Paris, l’envie de devenir une autre, de franchir ses limites, d’oublier passé. Voilà comment Élisa finira par rencontrer Matt, le barman, avant de le suivre jusqu’à son petit appartement.

À l’aube, elle fuit. Son avion décolle et la ramène vers sa vie. Grâce à cette nuit, elle s’imagine que tout va changer, chez elle. Qu’elle est parvenue à surmonter ses craintes, à prendre le contrôle de sa vie et de son corps. Vraiment ?

Une seule nuit peut-elle nous transformer à ce point ?

Voici le résumé de l’auteure, qu’on ne trouve pas en quatrième de couverture puisque c’est un livre numérique. Elle m’avait dit, lorsque j’avais commencé cette lecture en pdf sur mon ordinateur, arrête c’est de la chick-lit , c’est un livre de femme. Et là, je me suis posé cette simple question : c’est quoi un livre de femme ?

Puisque l’auteure elle-même me mettait en garde, est-ce qu’au contraire elle voulait dire lis-le en éveillant ainsi ma curiosité ?

Ma première réaction fut d’arrêter cette lecture parce que lire sur l’écran du PC n’est pas d’un grand confort et puis comme Idmuse, l’auteure, ne m’y invitait pas.

J’ai donc cessé mais pour mieux reprendre dès l’achat de mon lecteur numérique.

Le livre commence ainsi :

C’était bien ma veine : pour une fois que je sors seule, j’ai l’impression qu’il n’y avait personne d’intéressant dans ce bar. L’endroit était pourtant rempli à craquer! Partout où mes yeux se posaient, il y avait des couples, des vieux, des jeunes – trop jeunes, soit dit en passant. C’est que je sais ce que je cherche : un homme de trente ou trente-cinq ans, bien foutu, qui a un petit quelque chose. Ouais, ok, on cherche toutes quelque chose comme ça, mais moi, ce petit quelque chose doit être innocent. Pas de gars vulgaire, de méchants tatoués ou des petits fils à papa qui se croit tout permis. Ce n’est pas rare dans ce genre d’endroit. Après tout, la drague est ouverte.

Il faut dire qu’on me le rend bien. Depuis que je suis là, personne n’est venu m’aborder. Probablement parce que je détaille les hommes comme s’ils étaient de la marchandise à vendre. Exactement ce que je n’aime pas qu’on me fasse. Si l’un d’entre eux ose me renvoyer la balle, je lui tourne le dos sans attendre. Je sais! Je suis là pour chasser, mais je ne suis pas certaine de vouloir ramener un gibier. Étrange, hein?

En tous les cas, il n’y a bien qu’un seul homme qui remplisse tous mes critères de sélection, mais c’est celui que je ne peux pas ramener chez moi : le barman. Il est là, tout sourire, à servir et à discuter avec tout le monde. Je ne parle pas du midinet blond, non, je parle de l’autre : l’homme avec les cheveux un peu long. Il est plus vieux. Il a même quelques cheveux blancs! Ce qui me plaît chez lui? Sa façon de regarder les gens, de leur sourire aussi.

Il est agréable et doux dans chacun de ses gestes. Beau, bien sûr! Après tout, quand on va à la chasse, on espère rapporter un plat qui nous plaît! Ils sont trois derrière le bar, mais j’attends que celui-ci soit à proximité pour terminer mon verre. Il lève aussitôt les yeux vers moi :

— Autre chose, mademoiselle?

— La même chose, merci.

Je me sens bête comme tout, mais je lui sers quand même mon plus beau sourire. Que puis-je faire d’autre? Il me plaît, je ne vais pas lui cacher ça. Surtout pas ce soir. N’empêche, c’est con! Je n’ai pas du tout envie d’attendre la fermeture du bar pour ramener le barman à mon hôtel. Il n’est que onze heures que, déjà, je m’impatiente. Est-ce qu’on ne pourrait pas en terminer rapidement?

Je le regarde m’enlever mon verre vide et préparer le prochain. C’est simple, quand même : une vodka canneberge, simple à réaliser, mais ça me plaît de le regarder faire. Il a de jolies mains et il chantonne pendant qu’il prépare mon cocktail. Il fredonne la musique qui agresse mes oreilles et je jette machinalement les yeux vers la scène où non pas une, mais deux jolies jeunes filles chantent une chanson de Michaël Jackson. Outre le spectacle qu’elle nous offre, leurs voix m’agressent : aucun rythme, elles hurlent plus qu’elles ne chantent, mais elles semblent s’amuser. Dans tous les cas, les hommes assis sur le devant de la scène, eux, ça leur plaît.

Dès que le barman repose un verre plein devant moi, je sors un billet que je pousse vers lui :

— Gardez la monnaie.

C’est une réplique idiote, mais que ferais-je de la monnaie? Demain, je prends l’avion, je retourne chez moi. Ce soir, c’est tout ce qu’il me reste. Deux semaines que je tourne en rond, dans les bars de Paris, à espérer avoir le courage de ramener quelqu’un à mon hôtel. Deux semaines que j’envoie balader tout le monde, que j’angoisse en sachant que je vais rentrer bredouille. Je m’imagine déjà Frann et Isa en train de se ficher de moi. Pas parce que je vais rentrer bredouille, non, parce que j’ai cru que j’y arriverais. Merde. C’est affreux comme je me sens bête. Je sens le découragement me saisir et je me demande même si je ne vais pas laisser mon verre là pour filer en douce.

— Vous chantez?

Oui elle chante, et même plus que cela puisqu’à Montréal elle travaille à Nightfolks, un studio d’enregistrement créé par Paul Boisvert, qui n’est autre que son père. Et Frann et Isa sont les deux membres de son équipe, lui est gay tandis qu’elle croque tous les mâles qui passent à sa portée. Dans cette équipe il existe une règle primordiale : tout se dire.

Elisa a été violentée auparavant puis chaque fois qu’elle entame une relation avec un homme, ça fait le tour du studio, c’est amplifié, déformé. À tel point qu’elle cesse tout commerce charnel et qu’elle finit par penser être frigide.

En attendant elle caresse un doux rêve celui de travailler avec Thias Bryant Un compositeur extraordinaire. Mes trois chansons favorites avaient toutes été composées par lui.

J’ai bien aimé le ton de cette lecture, c’est bien écrit avec plein d’accents canadiens qu’on entend même en lisant. Le livre prend quelques heures pour en faire le tour, l’avantage ou l’inconvénient du numérique est que la notion de pages est arbitraire. Toujours utile est-il qu’Elisa nous tient en haleine jusqu’au bout. Restera-t-elle une vierge de marbre ?

Euh… c’est quoi la chick-lit ? J’hausse les épaules comme elle écrit de façon récurrente.

Pour trouver l’auteur c’est ici IdMuse (Suzanne Roy)

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13 réflexions au sujet de « Le barman de Suzanne Roy »

  1. Ah ! Je suis contente de pas être la seule à « entendre » l’accent des personnages quand ils parlent ! (je croyais que c’était une illusion parce que je savais l’auteur québécoise)

    C’est pas une histoire de fille ! C’est une histoire d’amour et que je sache, l’amour, ça touche aussi les hommes 😉
    Après, c’est sûr qu’il n’y a pas de meurtre horrible ou d’action (quoi que, ça commence assez chaudement, faut pas le nier 😛 )
    J’invite à le lire parce que c’est un bon auteur qui écrit bien et que c’est une histoire romantique (avec tout ce qui dégouline de romantisme…) mais comme l’héroïne fait tout pour que ça soit pas romantique, ça n’est pas nunuche du tout.

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    1. Si je dis une histoire de fille c’est que l’auteure elle-même me le disait sur twitter. Mais en tout cas ça ne m’a pas empêché de le lire. 😀
      Suivra bien sûr un billet à propos de dons et malédictions que j’ai terminé depuis au moins trois semaines.
      Ravi de te voir par ici 😛

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  2. Bon, ben, bof !
    J’espère que l’histoire ne tourne pas juste sur cette nuit…
    Y’a combien de pages ? + ou – 210 ? 😉
    Heureusement que je ne fais pas le swap d’Aspho avec toi, tu aurais été capable de me l’envoyer roulé dans un beau papier cadeau 😆

    Et toi aussi tu dis « auteurE »…
    Bises quand même !

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  3. Moi aussi j’ai lu ce roman il n’y a pas longtemps! Beaucoup aimé aussi, même si on voit que ça n’a pas été édité… 😉
    Selon moi ce n’est pas qu’une histoire d’amour (et non, ça ne tourne pas du tout qu’autour de « cette nuit », d’ailleurs je ne suis pas d’accord avec Jean-Charles concernant la question qui nous tient en haleine…), c’est une histoire de femme, racontée d’un point de vue de femme, avec un vécu de femme. Et cela intéresse moins les hommes de manière générale, même s’il n’y a aucune raison a priori!

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    1. Certes non ! Je suis bien d’accord avec toi puisque je l’ai lu ce livre. Et comme je le dis c’est IdMuse elle-même qui me disait : c’est un livre de femme. 😛
      Et j’ai apprécié.
      J’ai aussi lu dons et malédictions dont je parlerai plus tard.
      Mais oui les hommes peuvent le lire, la preuve ! 😀

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  4. Bah oui, pas de raison même si certaines subtilités typiquement féminines peuvent « échapper » aux hommes… Mais sans liseuse, je ne vais pas le lire en PDF, c’est sûr ! Dommage, l’extrait que tu en montres est intéressant ! 😉

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