L’empire des sens de Nagisa Oshima

INTERDIT AU MOINS DE 16 ANS 

En 1936, au Japon, Sada ancienne prostituée entre au service de la femme de Kichi Celui-ci se met aussitôt en quête de séduire la jeune femme et insiste jusqu’à obtenir, facilement, ses faveurs.

Leurs vies ne deviennent que parties de sexe. L’un et l’autre ne pensent plus qu’à faire l’amour, à jouir, ensemble. Kichi est en perpétuelle condition et Sada est follement éprise de ce sexe toujours majestueux. Elle passe des nuits sans dormir entre les cuisses de l’homme à regarder cet organe qui la fascine, à le câliner, à le tenir, à l’embrasser.

D’hôtel en hôtel, ils font l’amour, nuits et jours, sans manger, ne buvant que du saké et chaque fois durant trois ou quatre jours à l’affilé, pendant qu’une geisha leur chante des airs traditionnels.

Ils sont extraordinairement épris, leur amour est passionnel, follement passionnel. Ensemble ils franchissent toutes les étapes des rapports sexuels. Leurs moments d’intimité ne sont que surenchère pour atteindre le plaisir. Quand ils se séparent pour Sada c’est le déchirement, elle est jalouse à la folie, jalouse de la femme de Kichi, à tel point qu’elle lui fait promettre de ne plus honorer sa femme, sinon !

Sinon elle l’emasculera avec le grand couteau de cuisine qu’elle a acheté pour ce faire. Elle considère que le sexe de Kichi lui appartient.

Dans un des hôtels où ils s’ébattent aucune geisha ne veut venir chanter pour eux au prétexte qu’ils sont vicieux disent-elles toutes. En fait, elles reprochent à Sada d’être toujours en train de s’occuper de la virilité de Kichi.

De jour en jour l’escalade n’a plus aucune barrière. Kichi et Sada s’étranglent à mains nues, à tour de rôle, à la quête d’un plaisir dont ils repoussent les limites. Puis les mains sont remplacées par une ceinture de kimono. Ces jeux dangereux les mettent dans les transes sexuelles qu’ils recherchent et Sada l’étranglera si fort, à sa demande et sous ses injonctions, qu’il aura beaucoup de mal à s’en remettre.

Mais elle veut encore et encore. Alors Kichi lui dira si tu m’étrangles encore, tues-moi, c’est trop douloureux de revenir à la vie.

À califourchon sur lui, sexe dans sexe, Sada l’étranglera en prenant un plaisir pervers puis elle l’émasculera pour conserver cette partie de lui, qu’elle adore.

Elle errera trois jours dans Tokyo avant d’être arrêtée par la police, le sexe de Kichi sur elle.

Ce film est l’adaptation de la véritable histoire d’Abe Sada, née en 1905 qui défraya la chronique en 1936 au Japon. Sada par passion, tua l’homme qu’elle aimait. Arrêtée et Abe Sada lors de son arrestation en 1936jugée, elle plaida la passion, et n’écopa que de six années de prison. Sous une autre identité elle continua sa vie comme tenancière d’un bar dans la capitale jusqu’aux années1970 ou sa trace fut perdue.

C’est le crime passionnel le plus connu au Japon. L’histoire est ici

L’histoire de ce film est originale. C’est un producteur français qui a commandé un film érotique à Nagisa Oshima, réalisateur japonais. Celui-ci proposa cette histoire, adaptée d’un fait divers.

Le tournage eut lieu au Japon, sans qu’aucun journaliste ne puisse assister au tournage. Le choix des acteurs fut la partie la plus difficile. Eiko Matsuda (Abe Sada) était à l’époque une jeune actrice de théâtre lorsqu’on lui proposa le rôle. Trouver l’homme capable d’entrer dans la peau de Kichi fut beaucoup plus difficile. Dans les acteurs pressentis, certains refusèrent parce que trop audacieux,  d’autres furent incapables de tenir une érection devant la caméra, finalement ce fut Tatsuya Fuji, un acteur de série qui endossa ce rôle.

Nagisa Oshima fut poursuivi pour obscénités par la Cour de Justice du Japon qui ne maintiendra pas ses poursuites après avoir auditionné le réalisateur.

Le film est sorti en 1976 en France.

Mon avis :

Ce long métrage est un film passionnant, voire captivant, réalisé avec talent. Cette histoire d’amour extraordinaire n’est pas le film pornographique que l’on croît. Les scènes de sexe existent, elles sont réelles et indispensables au film. Elles ne sont ni vulgaires, ni obscènes et ne sont là que pour démontrer l’escalade de cette passion qui n’a pas de limite.

J’avais vu ce film il y a très longtemps mais j’avais un telle envie de le revoir que lorsque l’occasion s’est présentée, j’ai foncé et je l’ai regardé d’un autre œil.

L’image est magnifique, l’amour et la violence sont en toile de fond.

  • Titre original : Ai no corrida
  • Scénario et Réalisation : Nagisa Oshima
  • Musique :  Minoru Miki et chants traditionnels japonais.
  • Photographie : Hideo Ito
  • Production : Anatole Dauman pour Argos Films (France) ; Oshima Productions(Japon)
  • Langue : japonais
  • Durée : 1 h 45 mn
  • Genre : drame, film érotique
  • Film interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie en France.
  • Date de sortie : 1976                                                       Wikipedia
Le trailer : 

 J’ai revu ce film pour mon plaisir mais aussi dans le cadre du challenge dragon 2012

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4 réflexions au sujet de « L’empire des sens de Nagisa Oshima »

  1. Quel billet mon cher ! Quel billet sur ce film pas vraiment facile à chroniquer… Sans tomber dans la facilité !^^ Je l’ai vu il y a longtemps, j’avais aimé, bien qu’un peu choquée mais sans plus car le fait qu’il soit japonais en ôte toute vulgarité ou indécence (même si l’histoire l’est un peu (indécente^^)!). Je ne savais pas en revanche, qu’il était tiré d’une histoire vraie… Je parfais ma culture ici ! 😆

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    1. Merci : je viens de lire quelques répétitions d’ailleurs qu’il me faudrait changer. C’est un film extraordinaire dans le sens premier du mot comme l’histoire l’est. Une telle passion ne peut être que destructrice et réaliser ce film sans fausse pudeur est plus que courageux.
      Si, si c’est une histoire réelle, un crime passionnel bien connu parait-il au Japon. 😀

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