Peine maximum de Gilles Vincent

« S’il n’avait pas bu autant la veille au soir, Charlie aurait pu réagir, c’est sûr. Mais quand la porte se fracassa, il cuvait encore.

À tâtons, il chercha son pistolet, le sentit lui échapper des doigts et l’entendit tomber lourdement sur la terre battue. La porte de la chambre claqua contre le mur.

Trois ans de traque, de fuite…

Fuir, ça n’est pas seulement partir, c’est aussi arriver quelque part.

Ce soir il était arrivé.

Des hommes cagoulés. Un coup de poing en pleine gueule et Charlie projeté contre le sol. Les hurlements de sa femme et la gifle, comme un coup de fusil, qui la fit s’effondrer hors du lit. Elle avait toujours su que ça finirait comme ça, alors elle décida de se taire.

Ils traînèrent Charlie jusqu’à la salle à manger, le hissèrent sur un banc et lui passèrent un nœud autour du coup. Un homme fixa la corde à la clinche d’une porte tandis qu’un autre, sans doute le chef s’avança.

Charlie n’avait jamais eu peur de la mort. Ce n’est pas elle qu’il fuyait depuis des années mais l’Histoire. Son histoire. La guerre, les cris des enfants, des femmes et les craquements des vieux sous les coups. Les familles réveillées dans la nuit, emmenées en autobus, bousculées sur les quais de la gare jusqu’à disparaître derrière les battants des wagons à bestiaux.

Il savait que ces hommes ne parleraient pas. Il y avait longtemps qu’ils l’avaient jugé et n’étaient montés là que pour le pendre. Par la porte restée ouverte, il devina la silhouette confuse des montagnes et songea un court instant, à la géographie accidentée de sa propre vie…

L’homme renversa le banc d’un coup de pied.

Les jambes s’agitèrent dans le vide. Longtemps. Le temps interminable des derniers soubresauts. Quand le corps ne fut plus qu’un balancement tranquille, les hommes laissèrent la porte béante et disparurent sous la neige qui commençait à tomber.

Le Merdaillon ouvrit la porte de sa chambre, dévala les escaliers et courut jusqu’à sa mère.

— Va chercher une couverture sur mon lit !

Quand il revint, son père était allongé sur le dos, immobile sur la terre battue. Sa mère jeta la corde à l’autre bout de la pièce, lui prit la couverture des bras et en recouvra le corps, comme si elle avait peur qu’il prenne froid.

Alors, elle lui passa longuement la main dans les cheveux, doucement, et finit par se laisser aller aux larmes. »

Sébastien Touraine fait la connaissance d’Emma Steiner dans un vernissage. Quadragénaire, divorcée, psychanalyste, elle se lance dans une histoire d’amour avec le détective privé. L’auteur dira « Peut être qu’Emma, à force de vivre seule et d’écouter les autres, avait envie, justement, de se livrer. Ou besoin de parler d’elle tout simplement. »

Elle aidera Sébastien a donner une orientation différente à sa carrière de privé à savoir qu’au lieu de faire des constats d’adultère elle l’invitera à la recherche des personnes disparues. Ainsi au lieu d’annoncer de mauvaises nouvelles il deviendra porteur de nouvelles prometteuses.

Le thriller se déroule à Marseille et l’unité de temps est la semaine.

Le samedi Noël Novella emprisonné depuis vingt et un ans est libéré pour bonne conduite. Il avait écopé de 25 ans de prison pour avoir été pris en flagrant délit chez une vieille dame juive étranglée chez qui il se contentait de voler bijoux et argenterie.

Le lundi un couple de vieux juifs est sauvagement assassiné. Rescapés d’Auschwitz ils faisaient partie des rescapés d’un des trains de la mort.

Le commissaire Moretti est chargé de l’enquête qu’il veut mener sur les chapeaux de roues, parce que c’est sa dernière enquête avant de partir à la retraite. Trouver Touraine sur son chemin, lui déplaît.

Le mardi Emma est sollicitée par un nouveau patient. Il s’appelle Fonda, nouveau retraité que sa femme a abandonné, il est dépressif et ne dort plus. Il a un rêve récurrent qui le hante et souhaite faire une analyse pour comprendre. Il ne veut que Emma Steiner comme thérapeute. Elle cède devant l’insistance du personnage.

Les crimes plus les uns que les autres atroces s’enchaînent dans des mises en scènes scabreuses. La psychose gagne le milieu juif marseillais et particulièrement les rescapés de ce train de la mort.

Qui est ce monsieur Fonda ? Que fait le commissaire Moretti pour découvrir l’assassin ? Comment Touraine résoudra cette enquête ? Emma l’aidera-t-elle à démasquer le bourreau ?

Mon avis :

Ce livre est agréable à lire, bien écrit et on ne s’y ennuie pas. C’est un excellent thriller  mené tambour battant.

Mais il y a un mais : le mais est que c’est que ce livre est une copie de son autre livre Djebel. En effet comme dans Djebel l’action se situe à Marseille et le héros est un privé : Sébastien Touraine. Mais là ne s’arrêtent pas les ressemblances la toile de fonds de la guerre d’Algérie est remplacée par la deuxième guerre mondiale, le massacre des Algériens est remplacé par l’holocauste des juifs. Dans les rues de Marseille ne sont plus assassinés des sous-officiers de l’armée mais des juifs rescapés des camps d’Auschwitz. Et l’auteur va même pousser son propre plagia en remplaçant l’histoire d’amour avec une algérienne par une histoire d’amour avec une juive.

Ce livre est bien écrit mais l’auteur se moque totalement du lecteur en lui servant une resucée de son autre livre.

Je suis ennuyé parce que ce livre est un bon livre mais il n’est que l’ombre de Djebel. Le procédé est scandaleux. Tout le monde n’est pas Agatha Christie ou Mickael Connelly qui reprennent leur héros et le font évoluer dans d’autres sphères.

Monsieur Gilles Vincent pour votre prochain livre changez de décors, changez d’idées, vous n’avez pas su vous renouveler dans le thriller. Avec votre belle plume lancez-vous dans le roman d’amour pour jeunes filles averties là où peut-être vous serez plus créatif et moins à court d’idées.

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4 réflexions au sujet de « Peine maximum de Gilles Vincent »

  1. Je suis DéçUE mais Déçue ! Effectivement, c’est léger ! Passe encore qu’il garde Marseille en toile de fond mais remplacer un sujet par un autre en le traitant de la même façon c’est mépriser son lectorat ou …faire plaisir à l’éditeur : au choix ! Je m’étonnais qu’après un livre comme Djebel de ne pas le voir plus médiatisé mais effectivement écrire n’est pas recopier ! On a les lecteurs que l’on mérite (et le succès qui va avec).Du coup je voulais lire un livre écrit avant Djébel et un autre avec des « essuie-glaces » dans le titre (nouvelles), j’hésite maintenant !
    Merci de m’avoir épargné un achat décevant 😦

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    1. Le problème c’est que ce bouquin est bon aussi bon que Djebel mais c’est le même. Si j’ai bien lu la biographie de l’auteur, il a écrit trois bouquins avec son privé, donc sorti de cette série tout peut-être différent.
      Je me suis demandé si de la part de l’éditeur ça n’était pas non plus une affaire commerciale que d’éditer ce livre ci ?
      J’ai eu le pot de l’emprunter à la bibliothèque. 😀

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      1. Et la bibliothèque l’a acheté, c’est déjà pas mal, ici je ne sais pas vois-tu ! JJe trouve cela dommage quand même ce copié-collé, car même dans l’extrait que tu as mis, je me suis retrouvée dans cette touffeur de Djébel… Je lui laisserai encore une chance allez ^^ (surtout toi qui a une bonne biblio visiblement !) 🙂

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