Tokyo décibels de hitonari Tsuji

J’ai laissé une citation ici à propos de ce livre https://hisvelles.wordpress.com/2011/12/15/jeudi-citation-avec-hitonari-tsuji/

Arata travaille à la mairie de son quartier et relève le bruit dans son arrondissement, à l’aide d’un appareil de mesure. Il trace une carte du bruit et découvre que si le passage d’un camion sur la route fait grimper l’aiguille de son appareilà 75 décibels lorsque le vent souffle dans les arbres, le bruissement des feuilles fait monter l’aiguille jusqu’à 85. Cette constatation est une énorme surprise.

Arata est amoureux de Fumi qu’il connait depuis la Fac et avec qui la rencontre fut un coup de foudre. Seulement Fumi a changé ces temps derniers, elle ne vient presque plus le voir, ni passer des soirées avec lui. Alors la jalousie s’installe et il l’espionne par l’intermédiaire de sa messagerie téléphonique, composant son code secret pour prendre connaissance des messages laissés par d’autres hommes. Qui sont-ils, s’interroge-t-il ?

S’il agit ainsi c’est parce qu’ils partagent de moins en moins de choses, qu’ils ne font plus l’amour, ne s’embrassent même plus et qu’elle vient de moins en moins souvent à son appartement prétextant d’éternels pots d’adieu le soir à son travail.

Dépité il va chez Mariko qui est hôtesse téléphonique et qui ne vend que du temps. Il a la clef pour rentrer, s’installe sur le lit et la regarde alors qu’elle est au téléphone avec son client. Ensuite ils font l’amour et chaque fois Arata s’imagine que Fumi est enfin libérée, et que pour une fois elle jouit dans ses bras.

Mariko sait que Arata espionne Fumi et lui montre sa pièce bourrée d’électronique dans laquelle elle fait des écoutes téléphoniques, lui expliquant que beaucoup de couples s’équipent pour soit surveiller leurs enfants à la sortie de l’école, soit pour vérifier la fidélité du conjoint ou pour d’autres raisons toutes aussi moches.

Que cache Fumi et pourquoi ?

Ce livre de 220 pages publié chez Naîve fictions, se lit facilement et décrit les mœurs de la société nipponne. Arata aime Fumi qu’il espionne mais la trompe avec Mariko, qui elle-même fait l’amour avec Ikuo le copain de fac d’Arata, marié et père de famille, en cours de séparation houleuse.

Ikuo est accordeur de piano et soigne son chagrin dans l’alcool, il ne supporte pas de perdre son fils au quotidien, et d’être rabaissé par sa femme.

Mariko et Arata trouvent leur plaisir dans le sexe et dans les écoutes qu’ils partagent.

Ce livre n’est sans doute qu’un caricature de la société quelque soit l’endroit où l’on vit. On y ressent le mal être et le manque de confiance, en soi mais aussi dans les autres, qui est sans doute le mal du siècle.

Page 51 :

« Chaque fois qu’elle se convulsait de plaisir, la vision de Fumi dans les bras d’un autre venait me tourmenter. En même temps,  étrangement, ce fantasme m’excitait.

Quand ce fut fini, Mariko resta un moment serrée contre moi, les hanches pressées sur mon corps. Elle continuait à faire de petits mouvements de bas en haut, de droite à gauche pour profiter des arrières-vagues du plaisir. Ensuite elle m’embrassa goulûment, en léchant ma sueur. Je ne sais pas pourquoi, après avoir fait l’amour avec Mariko, j’avais toujours envie de m’éloigner d’elle au plus vite. Brusquement son corps me dégoutait. Je n’avais pas envie qu’elle me touche. Et surtout pas qu’elle m’embrasse. Une fois l’orgasme passé, mon désir disparaissait sans laisser de trace ; simultanément la culpabilité ressurgissait en pleine lumière. »

L’auteur : Hitonari Tsuji est né en 1959 au Japon et vit actuellement à Paris. Artiste complet, il est poète, romancier, leader et chanteur d’un groupe de rock japonais, cinéaste et photographe. Ses précédents romans sont sortis au Mercure de France et chez Belfond (En attendant le soleil). Il a obtenu le prix Akutagama (prix littéraire le plus prestigieux au Japon) en 1997 pour L’arbre du voyageur et le prix Femina étranger pour le Bouddha blanc (Mercure de France) en 1999.
Corinne Atlan a été pensionnaire à la Villa Koyoama. Elle a traduit, entre autres, des œuvres de Ryu Murakami, Haruki Murakami, Koji Suzuki et presque tous les romans d’Hitonari Tsuji.

 J’ai déjà parlé de : Le bouddha blanc ici.

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