La petite pièce hexagonale de Yoko Ogawa

Une jeune femme est attirée par une inconnue qu’elle aborde dans les vestiaires de la piscine. Cette jeune femme, secrétaire dans un Centre Hospitalier, est en passe de se fiancer avec Michio un médecin de l’hôpital, futur mariage auquel elle renoncera parce qu’elle finit par ne plus supporter cet aimable compagnon.

Un soir elle suit, aussi discrètement que possible, l’inconnue qui l’emmène dans un quartier de logements sociaux, qu’elles atteindront après avoir franchi un bois touffu et hostile.

Elle découvrira, que cette femme Midori et son fils Yuzuku sont les gardiens d’une petite pièce hexagonale, dans laquelle il n’y a qu’un banc.

Dans cette petite pièce hexagonale chacun entre et raconte ce qu’il a envie, ce qu’il doit ou ce qui lui plait. C’est confidentiel ce qui se dit entre ces parois, personne ne disant à l’autre quoi que ce soit sur son entretien avec lui-même.

La jeune femme attend son tour et pénètre dans ce « sanctuaire. »

Le livre commence ainsi :

«  J’ai beau y réfléchir, je me demande encore par quel miracle je me suis aperçue de son existence. Elle était assise sur le canapé du vestiaire. Son apparence n’était pas particulièrement remarquable, elle ne parlait pas de d’une voix forte au point de lasser tout le monde, et ne ressemblait à personne que j’aurais pu connaître. Elle était simplement assise là, silencieuse, tête baissée. »

Ou encore à propos de Michio :

Nous avions fait connaissance à l’université dans laquelle nous travaillions, et après une relation de deux ans, nous avions rompu à la suite de quelques mois de confusion. J’insistais pour que nous nous séparions, tandis qu’il faisait son possible pour rétablir les choses. Nous avions discuté à plusieurs reprises, ce qui nous amenait invariablement à la même conclusion, si bien qu’à bouts d’arguments, nous en étions réduits à nous revoir, ce qui nous conduisait inévitablement à la dispute. Je me mettais en colère, il s’excusait, ça me fatiguait, il se lamentait. Et ainsi de suite. »

En fait le livre traite de l’incommunicabilité et la petite pièce hexagonale sert, sans doute à canaliser cet état affectif, cette solitude.

J’aime l’écriture de Yoko Ogawa et je me suis donc régaler à lire ce petit livre de 108 pages paru chez Actes Sud.

De Yoko Ogawa j’ai lu :  Parfum de glace et La formule préférée du professeur

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8 réflexions au sujet de « La petite pièce hexagonale de Yoko Ogawa »

  1. « J’insistais pour que nous nous séparions, tandis qu’il faisait son possible pour rétablir les choses. Nous avions discuté à plusieurs reprises, ce qui nous amenait invariablement à la même conclusion, si bien qu’à bouts d’arguments, nous en étions réduits à nous revoir, ce qui nous conduisait inévitablement à la dispute. Je me mettais en colère, il s’excusait, ça me fatiguait, il se lamentait. Et ainsi de suite. »
    😦

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  2. shit, et shit et shit, mon commentaire de 10 lignes n’est pas passé, je suis dégoûtée ! Juste le début : Tu es un spécialiste de la littérature japonaise, à quand la thèse en Faculté Ô Grand Maître ? J’ai des titres (plus anciens mais non négligeables) à te proposer ! Par MP, là je suis écoeurée que mon comm ait valsé ! Biiises

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    1. Lol… J’ai lu aussi lu Mishima, Tanisaki et Matsumoto si c’est à eux que tu fais allusion. Mais je lis autre chose tu seras surprise un jour prochain. 😀 Désolé pour le commentaire, enfin pour moi, mais en ce moment rien ne va plus dans la blogo. Il m’est arrivé la même chose chez Aymeline ce we…grrr..

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