Quand Pierre répond à Patrice (3)

En réponse à la lettre précédente

Patrice,

Je n’ai pas été étonné de lire ton courriel et d’y découvrir ta réaction plutôt agressive et bizarre. Je me doutais que tu aurais la mémoire courte et que tu nierais l’évidence. Il se trouve que j’ai autour de moi un cercle d’amis qui est le même qu’à l’époque dont je te parlais, notamment Martine que tu as déflorée comme un rustre et Muriel qui aurait aimé que nous nous rapprochions plus toi et moi.

Elles ont lu à haute voix la réponse que tu m’as adressée. Ce qui a provoqué le fou-rire général de mes huit convives du samedi soir. Nous étions tous de la joyeuse bande de la classe de première, accompagnés de notre conjoint respectif. Chacun s’essaya à imiter l’intonation que tu prenais parfois ou encore de mimer les tocs dont tu t’étais affublé.

Martine nous a conté à sa manière, la prise de sa virginité par le soudard que tu étais. Je reconnais aussi que ce jour là tu as agi comme un butor, d’ailleurs ce qui l’a frappée et qui nous a bien fait rire, c’est lorsqu’elle raconte qu’elle a vu arriver sur elle comme un troisième ligne de rugby entrant dans la mêlée mais affublé d’une virilité pas conquérante du tout. Elle ajoute même qu’il fallut un trésor d’inventivité pour redonner des lettres de noblesse à cet outil défaillant qui l’a ensuite saillie tel un étalon en rut. J’étais là et je confirme.

Sans être moqueuses nos premières amantes se sont esclaffées à la lecture des qualités d’amant exceptionnel que tu te prêtes. Nous en avons ri aux larmes. Quant aux prétendues « surdimensions » que tu t’octroies aucune des deux et moi non plus n’en gardons le souvenir. Regarde toi bien mon ami !

Muriel confirme qu’elle avait tendance à nous pousser dans les bras l’un de l’autre parce que tes airs efféminés trahissaient des envies latentes que tu étais incapable d’assumer, ses pensées rejoignent les miennes. J’aurais plutôt imaginé un Patrice évoluant dans les boites du Marais mais pas parmi l’élite à laquelle tu désires appartenir.

Malgré tout tes gros défauts j’avais encore l’envie de te rencontrer croyant qu’avec l’âge tu serais devenu un personnage intéressant mais je vois que tu te complais à faire de toi celui que tu n’es pas et c’est regrettable.

Je te tendais une main que tu n’as pas su prendre. Désolé.

                                                                                  Pierre.

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