Un cerveau lent !

Le Tindaro c’est ainsi qu’on m’appelle et l’homme qui m’a créé de toutes pièces lui c’est Igor Mitoraj. Je ne sais pas s’il a eu une faiblesse ou un manque d’inspiration mais il m’a laissé à ciel ouvert : à la place du cerveau un vide absolu. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente je suis désespérément dans le même état, mes pensées s’envolent.

J’ai mis des années à m’y faire. Je ne parlerai pas de mes coups de blues, du temps passé pour m’habituer à mon apparence. Ce fut un long apprentissage comme une vraie crise d’adolescence. Mais tout cela est une vieille histoire, j’ai patiné avec l’âge et mon regard sur les rondeurs de mon visage est comme un baiser que le vent m’accorde quand il souffle sur le parvis.

Le pire, c’est que suis planté au pied d’un immeuble en demi-lune tout de verre, alors je me vois à m’en donner le tournis, partout en des milliers d’exemplaires en face, en haut, en bas, à gauche, à droite…

Je sais ce que tu penses : j’ai les yeux fermés. Mais réfléchis, j’ai les yeux du cœur et je t’assure qu’ils sont aussi perçants que ceux d’un vautour en plein vol.

Le ciel se reflète dans les carreaux dans diverses tonalités. Parfois tout est bleu et mon imposante stature sur ce fond bleu devient encore plus belle ; je me sens majestueux, monumental. Mais parfois tout est gris et ces jours-là la tristesse m’enveloppe insidieusement dans un brouillard cotonneux

Il en passe des gens qui viennent déverser leurs joies et leurs peines. Je connais des secrets d’alcôve, des intrigues croustillantes à faire pâlir d’envies les concierges disparues. J’ai même été témoin de quelques déclarations d’amour qui m’ont fait frissonner et si j’en recevais une aussi un jour !

Je garde l’espoir de faire fondre une statue dans mes bras.

Chez bricabook

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31 réflexions au sujet de « Un cerveau lent ! »

  1. J’avais une idée assez similaire, mais plus noire, avant de coupler l’exercice avec les autres de la semaine ! Il aurait été moins bien que le tien. Merci donc pour ce joli texte, qui, effectivement, change un peu de ce qu’on a l’habitude de lire de toi !

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  2. J’adore ton texte, aussi, Jean-Charles, en découvrant cette oeuvre. Mais c’est la liberté, au contraire, cet espace ouvert, ce « vide » qui laisse passer les éléments de la Nature, c’est une bouffée d’air frais dans cet espace presque trop petit pour ce magnifique Tindaro !
    Un jour, je me lancerai…

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