Trois soeurs de BI Feiyu

Wang Lianfang est Chef du Parti au village des Wang pendant la révolution culturelle. Cette position, lui donne un statut qui rejaillit sur toute sa famille. Mais sa femme ne lui donne que des filles et malgré toutes ses tentatives un garçon ne naîtra qu’en huitième position. Il y a longtemps que Wang Lianfang s’est détourné de sa femme et abuse de son statut pour trousser toutes les femmes du village.

Wang Yumi son aînée, se venge à sa manière de toutes les maîtresses de son père qu’elle humilie sur la place publique. En tant que fille de Cadre du parti, Yumi peut prétendre à un beau mariage et c’est ainsi qu’elle est mise en relation avec un aviateur, fils d’un cadre du parti du  village voisin des Peng. L’histoire d’amour prend forme pendant le congé du jeune officier et si Yumi refuse de céder sa virginité c’est juste pour qu’il ne l’oublie pas là-haut, dans le ciel, quand il vole. Tout est pour le mieux dans le meilleur monde.

Seulement Wang Lianfang est surpris dans les bras de la femme d’un militaire et l’histoire, qui ne pourra être étouffée, lui vaut la perte de son statut. Il sera destitué et les conséquences rejailliront sur toute la famille. L’aviateur mettra un terme à l’idylle avancée, Yuxiu la troisième fille et l’une de ses autres sœurs seront violées par tous les hommes du village. Une fille aussi belle soit-elle n’a guère de chance de trouver un mari convenable sans sa précieuse défense naturelle.

Les trois deux premières nouvelles racontent l’histoire de Yumi et Yuxiu en 1971 pendant la révolution culturelle. La dernière celle de la septième fille, Yuyang en 1982 après la révolution culturelle.

Ce livre raconte le destin passionnant de trois paysannes. Chacune se battant à sa façon, Yumi pour garder sa dignité, Yuxiu avec pour arme sa beauté et Yuyang la cadette parce qu’elle est ambitieuse.

La lecture est facile et truffée de proverbes chinois pour notre plus grand plaisir.

Le sexe est omniprésent et l’on découvre une Chine paysanne puis citadine à laquelle on ne s’attend sûrement pas.

En bref une lecture plus qu’agréable, avec un voyage chez Mao avec quelques citations.

Extrait :

« L’entrepôt avait son secret : ce secret était que tout le monde connaissait le secret de Yuxiu. C’était d’ailleurs aussi le secret de toute la ville. Yuxiu croyait que personne n’était au courant, mais son secret était un secret de Polichinelle. La vie privée n’est protégée que par une feuille de papier qu’il suffit d’effleurer du bout des doigts pour la crever. Si personne ne la touche, elle ne se déchire pas. Au village, les gens sont impatients, ils veulent que la vérité éclate tout de suite. Il n’en va pas de même avec les gens de la ville qui veulent faire durer le plaisir. Pourquoi se presser ? Le papier ne peut envelopper le feu. Il vaut mieux attendre l’explosion. Le secret est infiniment plus intéressant lorsqu’il se dévoile de lui-même. Le secret se découvrirait un jour. Il suffisait d’attendre. »

L’auteur :

Né en 1964 à Xinghua dans la province du Jiangsu. BI Feiyu passe son enfance et sa jeunesse à la campagne. Il commence à écrire très tôt, d’abord des poèmes, ensuite des nouvelles et romans, dont plusieurs ont été couronnés par des prix littéraires. C’est un des écrivains les plus prometteurs de la jeune génération.

Il a reçu le Man Asian Prize 2010 pour Trois sœurs.

 

4ème de couverture :

Ce roman truculent où la tragédie prend souvent les couleurs de la farce est un roman sur le pouvoir, ce démon de la domination des autres qui possède les hommes. Que ce soit dans le village de la Famille Wang, à la vie rythmée par les travaux des champs et bruissant des slogans de la Révolution culturelle, ou dans le Pékin des années quatre-vingt, personne ne se résigne à n’être qu’une vague de l’océan infini du peuple. Si Bi Feiyu se rit souvent de la pitoyable veulerie des hommes, il s’attache avec une attention quasi amoureuse, et une capacité d’identification surprenante, aux figures de trois femmes, trois sœurs qui usent de toutes leurs armes pour modifier le cours de leur destin, dans une Chine qui ne leur appartient pas. Yumi la dignité, Yuxiu la séduction, Yuyang le désir de réussite. Ce sont des âmes fortes et passionnées, qui tentent avec la détermination d’assurer leur pouvoir sur ce monde et sur leur propre corps, que l’auteur a choisi de regarder longtemps, avec une pertinence sensible qui fait sonner juste la corde du cœur.

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4 réflexions au sujet de « Trois soeurs de BI Feiyu »

  1. Beau billet ! J’en ai tellement lu sur ce thème (et aussi dans la Chine impériale) quand je faisais mes études de chinois, j’avoue que je n’y ai pas remis le nez depuis plusieurs années. C’est aussi vrai que quelles que soient les couches de la société, la sexualité est très importante (et raffinée paraît-il) chez les chinois ! 😉 Les japonais aussi… Je le note, mais pour quand ? Ma PAL est haute en ce moment…

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    1. Lol…impossible de tout lire. Et chose bizarre l’envie du moment ne sera plus celle de dans 6 mois. Quant au sexe dans la littérature asiatique ce fut une de mes grandes surprises lorsque je l’ai abordée. En fait nous sommes plus prudes qu’eux ou pour le moins plus cachottiers. Quant au raffinement à mon grand regret je ne peux le confirmer. 😀

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  2. Pour le « raffinement » dont tu parles, c’est ce que j’en ai lu ! Je n’ai pas vérifié par moi-même… 😉 Et pour les lectures, je m’en aperçois chaque jour, c’est pour ça que je réduis les LC, car six mois avant, euh…bah souvent je n’en ai plus envie ou j’ai autre chose qui m’attend, maintenant je vais essayer d’en prendre « d’immédiates » ! Enfin, le plus possible car j’aime bien le principe malgré tout mais il ne faut pas que ça devienne une obligation, évidemment…

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    1. J’aime lire au gré de mes envies et non au gré d’obligations. Je sais que ce qui me tente aujourd’hui le fera moins demain, c’est pourquoi je fonce parfois, je pense recevoir Djebel cette semaine. Par ailleurs j’ai accès par Internet au catalogue des bibliothèques de 3 villes ce qui étend considérablement mon champs d’action, dès l’instant ou il ne s’agit pas de livres de la rentrée littéraire en cours. Je ne me fixe aucune date ni aucune quantité seul le désir m’anime.

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