Aventure dans le métro

interdit aux enfants non accompagnés

Elle était presque lovée sur lui. Les accélérations subites du métro l’avaient projetée dans ses bras. Elle ne bougeait pas. Il sentait les contours de son corps, à la fois ferme et moelleux. Il ne savait pas s’il devait se jeter sur elle comme un fauve ou la laisser venir. « Wait and see » se dit-il, même s’il était macho, italien jusqu’au bout des ongles, il ne détestait pas lorsque sa proie tombait dans sa toile.

Il savait qu’elle le provoquait. Même si la rame était un peu chargée, rien ne justifiait qu’elle soit ainsi collée à lui. Elle s’amusait comme une folle effleurant son cou de ses lèvres ou écrasant un sein contre son torse dans un tournant amorcé trop vivement. Elle avait appris à se tenir d’une main, laissant son corps onduler au fil des accélérations du conducteur.

Depuis le temps qu’elle utilisait la ligne 13 aux mêmes heures, elle les connaissait ces chauffeurs. Elle savait en les apercevant dans la lucarne comment tel ou tel menait sa rame. Elle avait repéré les nerveux, ceux qui conduisaient par à-coups et faisaient d’elle une poupée de chiffons, ballotée contre un corps viril. Suivant son humeur, suivant son envie, elle choisissait son machiniste.

Lui, dans son boxer, son corps en éveil commençait à s’étirer. D’une main, Il remit de l’ordre pour se sentir moins garrotté. Elle devina cette ode triomphante à sa féminité,  ses sens aiguisés détectaient les phéromones en ébullition libérées par l’individu. Elle ne put s’empêcher de sourire. Elle voulait le provoquer ce mec qu’elle avait remarqué depuis deux semaines. Elle voulait l’épingler comme un papillon à l’hôtel de ses désirs et comme une mante religieuse le sacrifier dans son orgasme.

Il n’’était ni beau ni laid, simplement attirant. Il dégageait exactement ce qu’elle recherchait chez un mâle, un mélange de douceur et de fermeté, une alternance de violence et de caresses savamment orchestrée.

De ses 1.86 mètre il la regardait le toiser. Il imaginait à son regard insistant les questions qu’elle se posait. Elle fixait ses mains manucurées d’un œil averti. Lui aussi humait les émanations de ses glandes exocrines et son corps réagissait avec avidité.

Il ignorait qu’il avait affaire à une prédatrice, que de ses ongles acérés il en porterait stigmates le restant de ses jours. Il commençait à gonfler le torse, redressant sa crête comme un séducteur de bassecour. De séduisant il devenait prétentieux c’était ainsi chaque fois qu’elle jetait son dévolu sur eux. « Tu perds rien pour attendre » murmura-t-elle pour elle-même.

Complètement boulimique d’aventures incongrues, de rencontres charnelles ahurissantes,  d’étreintes passionnées, elle n’était capable d’exister qu’en usant des charmes que la nature lui avait conférés. Sans morale, exhibitionniste, elle aimait dévisager un publicitaire pensif ou une directrice des relations humaines, tandis qu’un hussard la culbutait discrètement dans un métro bondé. Plus la jouissance était extrême plus l’acteur risquait sa vie.

Plutôt jolie femme, altière, elle s’affichait sa poitrine provocante et sa fesse rebondie dans des tenues à faire se damner un saint.

Il la regardait, congestionné. Elle chaloupait contre son corps même quand le métro était à quai, le mettant dans une situation inconfortable, l’effleurant sans retenue.

À la station Concorde sous l’obélisque de Louxor, elle l’empoigna vivement, testant sa fermeté. Il suivait la progression de ses doigts, devinait la descente de la fermeture éclair. Elle prit possession de lui, exerçant son pouvoir, majestueuse et sensuelle, faisant un parallèle étonnant entre le monolithe de granit rose du monument et la colonne de chair qu’elle entourait dans le vêtement.

Avant la station Pyramides il avait glissé la main dans son tanga, éprouvé l’élasticité de sa peau et avait glissé vers des plaisirs prometteurs.

– Bonjour m’sieur dame, vous voulez bien reprendre une tenue décente et nous suivre au commissariat, demanda l’un des deux policiers qui les regardait sévèrement.

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8 réflexions au sujet de « Aventure dans le métro »

  1. il s’en passe des choses dans le métro français, pourquoi faut-il donc attendre mon départ pour ce dévergondage : la ligne 13 était ma ligne à Paris !!! le 13 me porte malheur, quand j’y étais, n’ai jamais rien vu de tel !!

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  2. C’est laquelle déjà la ligne 13 ? J’ai toujours détesté le métro aux heures de pointe à cause de ça : des mecs qui en profitent pour se faire des films et j’en ai même baffé un une fois ! l’est sorti à la station suivante la queue entre les jambes, c’est le cas de le dire ! Qu’il y ait des filles qui en profitent, je ne sais pas ! Ce dont tu parles est très bien écrit mais me rappelle trop de mauvais souvenirs 😦 (je ne peux pas m’identifier à ta nympho 🙂

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    1. De Asnières à Châtillon du nord au sud, mais en fait je me suis trompé dans cet article lol… Oui ça arrive hélas mais c’est arrivé à un copain sur la ligne 1 l’an dernier de se faire draguer par une nana qu’il a emmené à l’hôtel. Ça va ennuyer certaine je sais.. 😳

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  3. Aaah je ne l’ai pas souvent prise celle-ci ! Mes stations étaient Censier-Daubenton, Palais Royal, Châtelet (of course pour les changements), Pont de Neuilly et la ligne 1 je crois (Clignancourt-orleans), et en dernier la 7 (ou la 6 ?) Chevaleret, Place d’Italie ! Pour ton copain, t’es sûr que c’était un copain ??? 🙂 Donc les jours de grève à Châtelet je m’en rappelle encore des tamponnades !

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