Hôtel de l’espérance (2)

 cliquer sur le logo pour aller chez Leiloona qui gère cet atelier. J’ai eu envie de faire un autre texte, différent du premier

La photo que tu regardes est évidement un retirage car l’originale est plus abîmée, autant par les yeux qui s’y sont posés, que les doigts qui l’ont cornée.

L’hôtel de l’espérance que de souvenirs il évoque qui me rappellent des moments inoubliables de mon adolescence.

Je m’y rendais avec papa tous les mois depuis mes seize ans. Papa montait à Paris deux fois par mois pour ses affaires et lorsque j’ai eu l’âge de l’accompagner il m’emmena avec lui.

Il avait ses habitudes et elles n’ont pas dérogées pendant des années. Il descendait toujours dans le même hôtel où il prenait toujours la même chambre depuis des années.

Lorsque j’étais avec lui, il louait celle contigüe pour moi et nous avions une porte de communication, madame Martin, l’hôtelière, nous en remettait la clef. L’endroit était propre, charmant.

Les chambres étaient équipées d’un petit lavabo masqué par un paravent, qui nous permettait de faire notre toilette. Le cabinet était dans le couloir à trois portes de là, de façon à en avoir l’usage facilement sans en subir les désagréments.

J’aimais bien cet hôtel mais il arrivait qu’après avoir réservé les chambres, puis absorbé notre viatique assis sur le lit, nous ne pas rentrions même pas la nuit pour  y dormir, d’autres occupations fort agréables nous retenaient ailleurs.

Papa avait une affaire florissante et n’était pas dans le besoin. Il fallait qu’il s’occupe de régler les causes de son déplacement sur le Paris d’hier.  Alors il me déposait chez mademoiselle Louise, une ravissante jeune fille, un peu plus âgée que moi, censée me faire découvrir les beaux quartiers de Paris, mais je ne découvris pas que ça. Elle prit le fardeau qui m’encombrait et guida mes premiers pas vers la félicité.

Cependant, je me souviens tout autant de mon enthousiasme que de mes maladresses alors que niché au creux de ses reins la jouissance me cueillait et me faisait perdre toute réalité. Mon inexpérience des jeux de l’amour l’attendrissait et moi je me complaisais dans ces plaisirs charnels. J’étais enthousiaste et fougueux mais je respectais celle qui m’offrait son corps.

A chaque retour de ces voyages, Je pressais papa pour repartir le plus tôt possible, il s’en amusait. Il souhaitait toujours connaître le nom de celle qui faisait mon bonheur pour que jamais nous n’en partagions les faveurs l’un et l’autre, par respect.

Je rencontrais aussi Adèle, Germaine, Georgette et les autres qui me prodiguaient aussi ces émotions exceptionnelles. Je les aimais toutes et elles me le rendaient bien. Papa voulait que je multiplie les aventures pour ne pas m’amouracher sottement de l’une d’entre elles et madame Renée y veillait en consignant dans un carnet à la couverture de cuir noir, diverses annotations sur mes choix du moment. Les filles de joie comme on les nommait, chacun sait il en a usé, combien elles étaient indispensables pour l’épanouissement du corps et de l’esprit.

Je vivais des moments de félicité et je m’en abreuvais. Papa avait adopté ce style de vie depuis la mort de maman, emportée deux ans après ma naissance par une phtisie pulmonaire.

Il avait estimé préférable de ne pas se remarier et de ne pas m’imposer une maman qui ne serait pas la mienne. Je fus élevé par des nourrices que j’adorais et ma vie amoureuse fut étayée de rencontres charnelles uniques.

Aujourd’hui je suis un homme marié. Ma femme est la plus adorable des épouses qu’un homme puisse espérer, je suis le père de quatre beaux enfants que j’adore. J’ai succédé à papa qui s’est éteint il y a sept ans mais je garde tellement de bons souvenirs avec lui qu’il vit à travers moi.

Et puis si le doute t’assaille, sache que je suis un homme fidèle et que l’hôtel de l’espérance n’a été qu’un apprentissage qui m’a permis d’être l’homme honnête que je suis aujourd’hui.

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8 réflexions au sujet de « Hôtel de l’espérance (2) »

  1. complètement différent mais toujours aussi agréable à lire… j’aime la conclusion… je pensais qu’elle allait être autre… et cette façon de s’adresser directement au lecteur, de le prendre par le bras

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    1. Merci ! Je crois que s’adresser directement au lecteur lui donne la sensation que le texte est écrit pour lui. J’aurais eu bien des façons de le terminer mais celle-ci me convenait, par ailleurs ils me fallait ménager toutes celles qui me font l’honneur de me lire 8) 😀

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  2. Une façon très appropriée de voir le choses et une « éducation sentimentale » absolument bénéfique si j’en crois la chute ! C’est bien de ne pas s’y perdre dans ces hôtels… 😉

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